Un rapport du gouvernement met en garde contre la contagion dans les souccot
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Un rapport du gouvernement met en garde contre la contagion dans les souccot

Le ministère de la Santé confirme 7 639 nouvelles infections ce jeudi, ce qui élève à 255 771 le nombre de cas depuis le début de la pandémie ; le nombre de morts reste à 1 622

Un juif ultra-orthodoxe de Jérusalem construit une soucca pour la fête de Souccot, le 30 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Un juif ultra-orthodoxe de Jérusalem construit une soucca pour la fête de Souccot, le 30 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Un rapport du gouvernement, publié en amont du début de la fête de Souccot vendredi soir, avertit que les cabanes rituelles dans lesquelles de nombreux Juifs célèbrent la fête constituent un « grave danger » pour la propagation du coronavirus.

En parallèle, les derniers chiffres du ministère de la Santé ont révélé 7 639 nouvelles infections ce jeudi, au lendemain du record de 9 021 nouveaux cas positifs mercredi.

671 autres cas ont été enregistrés depuis minuit, ce qui porte à 255 771 le nombre de cas de COVID-19 depuis le début la pandémie.

Aucun nouveau décès n’a été enregistré dans les dernières 24 heures, le bilan national demeure donc à 1 622 morts.

Selon le ministère, il y aurait 70 660 cas actifs, avec 807 personnes dans un état grave, dont 196 sous respirateur. 268 seraient dans un état modéré, et les autres présenteraient des symptômes légers ou seraient asymptomatiques.

Le ministère de la Santé a déclaré que 62 248 tests avaient été effectués jeudi, dont 12,3 % se sont révélés positifs, sous la barre des 13 à 15 % de taux de tests positifs quotidiens enregistrés la semaine dernière.

Des employés de l’hôpital soignent un patient dans le service coronavirus du Centre médical Shaare Tsedek de Jérusalem, le 1er octobre 2020. (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Un rapport du Centre national d’information et de connaissance du coronavirus a déclaré qu’Israël restait le premier pays au monde en termes du nombre de nouvelles infections par habitant, et présentait l’un des taux de mortalité les plus élevés.

À l’aube de la semaine de fête de Souccot, il a également averti que les cabanes pourraient être une source d’incubation majeure pour le virus.

« La soucca représente un espace relativement clos et constitue un grave danger de contagion », indique le rapport.

Pendant Souccot, de nombreux Juifs religieux mangent et dorment dans des cabanes spécialement construites pour la fête. Ce sont généralement des cabanes primitives partiellement ouvertes sur l’extérieur, avec des toits perméables en matières végétales et des ouvertures pour les portes et fenêtres.

L’avertissement intervient après que le ministère de la Santé a publié jeudi un ensemble complexe de réglementations relatives à la propagation du coronavirus pendant Souccot, autorisant notamment les rassemblements dans les cabanes traditionnellement érigées pendant la fête.

Une de ces règles, qui aurait été négociée par le député ultra-orthodoxe Ya’akov Asher avec le ministère, désigne les souccot « ouvertes à 50 % » comme des espaces extérieurs, où les rassemblements peuvent atteindre jusqu’à 20 personnes. Cette disposition a été fustigée par l’Association israélienne des médecins de santé publique, et des commentateurs l’ont dénoncée jeudi soir comme un affront aux réglementations antérieures, qui restreignent l’utilisation d’une soucca aux membres de la famille, avec un risque d’amendes pour les contrevenants.

Pour compliquer encore les choses, un autre politicien ultra-orthodoxe, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, a déclaré dans des interviews télévisées que la nouvelle réglementation autorisait jusqu’à 20 personnes à se réunir dans une soucca « ouverte à 50 % » pour y prier, mais pas pour s’y asseoir, manger ou dormir. On ne sait pas non plus ce qui répond à la qualification « ouverte à 50 % ».

Des souccot dans une rue du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 1er octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les informations sur cette nouvelle réglementation complexe intervient au cœur d’une crise de plus en plus grave parmi les ultra-orthodoxes d’Israël, ou Haredim, qui constituent une part disproportionnée du taux d’infection désastreux d’Israël – environ 40 % des nouveaux cas, selon les chiffres publiés jeudi, pour un groupe qui représente environ 10 % de la population israélienne. La critique des Haredim augmente avec de nombreuses sources indiquant que certains d’entre eux violeraient les restrictions du confinement pendant les fêtes, notamment en continuant à tenir des rassemblements de masse. Des reportages télévisés ont montré de nombreuses grandes souccot, capables de contenir des centaines de personnes, en cours de construction dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem.

Les communautés ultra-orthodoxes sont parmi les plus durement touchées par le virus en Israël et de nombreuses villes ultra-orthodoxes sont en tête du classement des nouveaux cas quotidiens.

« Bien que le pourcentage de [tests] positifs soit plus important dans un secteur ou une classe d’âge particuliers, la morbidité touche tous les secteurs, toutes les communautés et tous les âges », a déclaré vendredi le Centre national d’information et de connaissance du coronavirus dans son rapport.

Israël subit un verrouillage national, alors que la deuxième vague de la pandémie devient incontrôlable. Les autorités sanitaires craignent que les rassemblements des fêtes ne participent à la propagation du virus. La réglementation actuelle limite les rassemblements à 10 personnes en intérieur et à 20 personnes en extérieur, notamment pour les prières et les manifestations.

Les ministres ont approuvé la mise en place d’amendes de 500 shekels pour toute personne présente dans une soucca qui n’est pas la sienne. On ignore si le propriétaire de la soucca serait également condamner à une amende, ainsi que la façon dont les régulations affectent les souccot communales.

Il est également interdit aux Israéliens de recevoir des membres de leur famille non-nucléaire pendant les vacances.

Un Juif ultra-orthodoxe inspecte un etrog pour Souccot dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 1er octobre 2020. (Emmanuel Dunand / AFP)

Le gouvernement a été régulièrement critiqué pour avoir présenté au public des directives confuses, contradictoires et instables, dans ses efforts pour inverser la tendance et contenir la pandémie.

Jeudi, la Commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset a approuvé une nouvelle loi qui restreint fortement les manifestations et interdit la prière à l’intérieur des synagogues pendant le confinement en cours. Les nouvelles restrictions sont entrées en vigueur à minuit et resteront en vigueur au moins jusqu’au 7 octobre.

Après une flambée massive de cas de coronavirus, Israël est entré le 18 septembre dans un deuxième confinement national, qui a contraint la plupart des magasins et des sociétés à la fermeture, et qui empêche la majorité des Israéliens de se déplacer à plus d’un kilomètre de chez eux, à certaines exceptions comme travailler ou acheter des produits essentiels comme de la nourriture et les médicaments.

Le confinement restera en vigueur jusqu’au 14 octobre.

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