Un rédacteur de discours de l’administration Trump a vanté le « Grand Remplacement »
Eric Lendman avait soutenu cette théorie du complot dans un épisode de podcast intitulé "Le remplacement des Blancs est-il un mythe ?", tout en niant son caractère antisémite
JTA — Un rédacteur de discours qui a rejoint le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) en mars a, par le passé, promu la théorie du complot du « Grand Remplacement », largement considérée comme antisémite, et comparé les conservateurs américains aux Juifs de l’Allemagne nazie.
Selon cette théorie infondée, une cabale secrète œuvrerait à remplacer la population blanche par des immigrants non blancs ; dans sa version originale, souvent reprise, cette cabale serait juive. Cette théorie a inspiré de multiples attentats meurtriers, notamment la tuerie de la synagogue de Pittsburgh en 2018 et la fusillade dans un supermarché de Buffalo, dans l’État de New York, en 2022.
Plusieurs mois après la fusillade de Buffalo, qui avait fait dix morts, Eric Lendrum avait repris cette théorie dans son podcast « The Right Take » (« La bonne prise »), et ce n’était pas la première fois. Il avait notamment affirmé qu’elle était « réelle » et « déjà mise en œuvre dans certaines villes européennes ».
Dans un épisode précédent, intitulé « Le remplacement des Blancs est-il un mythe ? », il avait accusé les démocrates de « remplacer systématiquement les Américains » afin d’obtenir le pouvoir politique.
Dans cet épisode diffusé en avril 2021, il affirmait que cette théorie n’était pas antisémite, déclarant : « Personne ne rejette la responsabilité sur les Juifs. »
Les déclarations passées de Lendrum, formulées dans des podcasts, des chroniques et sur les réseaux sociaux, ont été pour la première fois l’objet d’un article publié cette semaine par Notus, un média indépendant couvrant l’actualité gouvernementale. Le site a souligné le fait que, malgré l’importance de la production numérique de Lendrum, son audience semblait relativement restreinte.
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Son compte sur le réseau social X, dont il a limité la visibilité à ses 450 abonnés après la publication de l’article de Notus, suit 88 comptes – un nombre généralement considéré comme un code suprémaciste blanc signifiant « Heil Hitler ». D’autres personnalités accusées d’antisémitisme dans le passé ne suivaient que 88 comptes, alors qu’elles utilisaient fréquemment cette plateforme.
L’article de Notus inscrit Lendrum sur une liste croissante de personnes recrutées par l’administration Trump et issues d’un vaste écosystème médiatique d’extrême droite, qui ont promu des discours et des notions antisémites. Cet article a été publié à un moment où son ministère a partagé sur les réseaux sociaux des contenus contenant des messages antisémites.
Le site internet du ministère de la Sécurité intérieure indique que les rédacteurs de discours ne sont pas chargés de la gestion des réseaux sociaux. Le DHS n’a pas encore répondu à une demande de commentaires concernant les anciennes interventions de Lendrum.
Selon son profil LinkedIn, avant d’être embauché au ministère de la Sécurité intérieure en mars, Lendrum écrivait pour le site d’extrême droite American Greatness et travaillait comme producteur associé pour l’émission de radio de Sebastian Gorka, un ancien conseiller de Trump accusé d’avoir prêté allégeance à un groupe nazi hongrois.
« Les conservateurs américains sont actuellement en passe d’être ostracisés et aliénés de la société dans son ensemble, tout comme les Juifs l’étaient dans les années précédant l’avènement du nazisme en Allemagne », avait écrit Lendrum, diplômé en 2017, dans une chronique publiée en 2021 sur American Greatness.
Selon le site web du Bureau des affaires publiques du DHS, les fonctions de Lendrum en tant que rédacteur de discours comprennent la préparation de « discours, de points de discussion, d’éditoriaux, de témoignages devant le Congrès, de scripts vidéo, de contenu web et d’autres contenus écrits pour le secrétaire et le secrétaire adjoint ».
Parmi les autres personnes recrutées par l’administration Trump pour avoir promu des idées extrémistes, citons Kingsley Wilson, nommée porte-parole du Pentagone en mai. Cette dernière a régulièrement relayé des propos antisémites en ligne, ce qui a suscité les critiques du Congressional Jewish Caucus (Caucus juif du Congrès).
La nomination en février de Darren Beattie au poste de sous-secrétaire d’État par intérim chargé de la diplomatie publique et des affaires publiques a également été critiquée en raison de ses liens avec des suprémacistes blancs et de la propagation de théories du complot.
En mai, la nomination de Paul Ingrassia à un poste juridique de haut niveau a également suscité des interrogations, en raison de sa défense passée du suprémaciste blanc Nick Fuentes et de sa collaboration avec l’influenceur antisémite Andrew Tate.
Plus récemment, le président Donald Trump a nommé E.J. Antoni, qui a déclaré qu’il était « difficile de ne pas aimer » le navire de guerre nazi Bismarck, à la tête du Bureau of Labor Statistics (Bureau des statistiques du travail).








