Israël en guerre - Jour 192

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Un responsable tempère les perspectives de l’accord le retour des otages

Un second fonctionnaire estime que le principal désaccord porte sur "le retrait de Tsahal de Gaza", tandis que les négociateurs se joignent aux pourparlers à Doha

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des manifestants pour la libération des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza,réunis sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des manifestants pour la libération des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza,réunis sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un responsable israélien a cherché à tempérer les attentes lundi, alors que les négociateurs s’envolaient pour le Qatar afin de continuer à travailler sur un éventuel accord sur les otages, déclarant au Times of Israel qu’il n’y avait pas nécessairement lieu d’être optimiste.

« Nous devons être prudents », a déclaré le fonctionnaire. « Nous continuons à parler tout seuls. »

Une délégation israélienne de niveau intermédiaire se trouvait à Doha pour continuer à travailler sur les détails d’un accord potentiel avec le groupe terroriste palestinien du Hamas qui verrait des dizaines d’otages libérés de Gaza en échange d’une trêve prolongée dans la guerre dans la bande côtière.

La délégation est composée d’experts qui ont été impliqués dans les négociations depuis le début, a déclaré un second responsable israélien au Times of Israel. Le fonctionnaire a ajouté que les discussions en personne ne sont pas le seul forum permettant de réaliser des progrès.

« Il y a des appels téléphoniques en permanence », a indiqué le fonctionnaire.

Ils suivent une ébauche formulée lors d’un forum États-Unis-Israël-Égypte-Qatar à Paris le week-end dernier, qui impliquerait que le Hamas libère une quarantaine d’otages détenus à Gaza, dont des femmes, des enfants, des soldates, des personnes âgées et des malades, ainsi qu’une pause dans les combats d’une durée de six semaines et de la libération par Israël de centaines de Palestiniens condamnés pour terrorisme.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant devant des représentants de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le Hamas n’est pas impliqué dans les pourparlers, et les dirigeants du groupe terroriste palestinien devront encore accepter tout cadre défini au Qatar et à Paris.

Le leader du Shas, Aryeh Deri, qui siège au cabinet de guerre avec le statut d’observateur, a expliqué au journal ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat, dimanche, qu’il y avait « de bonnes chances » qu’un accord soit conclu – « même si nous en sommes encore loin », a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas un accord simple », a-t-il poursuivi. « Nous n’avons pas encore de retour de la part du Hamas ; tout ce que nous faisons, nous le faisons par le biais d’intermédiaires. »

Le principal écart, a déclaré le deuxième responsable israélien au Times of Israel, est « la fin des combats, le retrait de Tsahal de la bande de Gaza ».

Le leader du Shas, Aryeh Deri, arrivant au bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, à Jérusalem, le 14 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Pour le reste, nous pouvons trouver une solution », a affirmé le fonctionnaire.

Israël est prêt à accepter une cessation prolongée des hostilités, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables ont déclaré sans ambages que la guerre se poursuivrait même après une trêve prolongée. Israël a fait de l’éradication du Hamas l’un de ses objectifs de guerre, au même titre que la libération des otages.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas, quant à lui, veut garantir sa survie à Gaza en forçant Israël à se retirer pour récupérer ses otages.

Un autre point de désaccord concerne les otages qui seront libérés. Le premier responsable a déclaré qu’Israël insistait pour que des soldates soient incluses dans le groupe des quarante otages.

Des familles d’otages détenus par le Hamas à Gaza demandent au gouvernement de trouver une solution pour la libération des captifs lors d’une manifestation devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 22 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des sources israéliennes anonymes de haut rang ont également allégué que Netanyahu saboterait intentionnellement les pourparlers en vue d’un accord – « pour des raisons politiques », afin d’apaiser l’extrême-droite de sa coalition – en fixant des conditions plus strictes et en limitant la capacité des représentants israéliens à discuter de la plupart des sujets au Qatar.

Netanyahu aurait, selon la Douzième chaîne, établi une nouvelle condition dans le cadre d’un éventuel accord, prévoyant que les terroristes palestiniens qui ont été condamnés pour des crimes particulièrement graves et qui seraient amenés à quitter les prisons israéliennes seront expulsés vers le Qatar.

Une demande que le Premier ministre aurait émise pendant des discussions entre les membres du cabinet de guerre, samedi soir, lorsque la délégation israélienne qui était allée à Paris était revenue pour informer les ministres des progrès réalisés.

La Douzième chaîne a également affirmé que Netanyahu avait demandé à la délégation israélienne de n’aborder que des sujets d’ordre humanitaires au Qatar – comme le nombre de camions autorisés à entrer dans la bande de Gaza ou les quantités de produits alimentaires qui pourront franchir la frontière, dans un contexte de crise humanitaire en spirale dans l’enclave.

De plus, Ynet a fait savoir que Netanyahu a aussi déclaré, au cours de ces consultations téléphoniques qui ont eu lieu entre les membres du cabinet, samedi soir, qu’il n’était pas prêt à travailler sur les paramètres de l’accord si Israël ne recevait pas au préalable une liste précisant l’identité, parmi les 130 captifs, des otages qui sont encore en vie.

La guerre a commencé le 7 octobre, lorsque le Hamas a lancé une attaque sans précédent en Israël. Des milliers de terroristes avaient semé la désolation dans les communautés du sud du pays, tuant environ 1200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

130 otages sont encore détenus à Gaza – 31 d’entre eux seraient morts – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 31 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une seule personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort demeure indéterminé.

Pendant la trêve fin novembre, 105 otages, pour la plupart des femmes et des enfants, avaient été remis en liberté par groupe d’une quinzaine de personnes sur une semaine. Pour chaque groupe d’au-moins dix otages, Israël avait accordé un sursis dans le cessez-le-feu temporaire et relâché des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël – des femmes et des mineurs pour la plupart.

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