Israël en guerre - Jour 196

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La famille de l’unique personne encore portée disparue depuis le 7 octobre est résignée

L'absence de preuves concluantes sur le sort de Bilha Yinon a conduit l’armée à envisager toutes les possibilités, bien que ses filles ne la pensent pas otage car aucun enlèvement n'a été signalé à Netiv HaAssara

Bilha et Yakov Yinon. (Crédit : Autorisation)
Bilha et Yakov Yinon. (Crédit : Autorisation)

Bilha Yinon, 76 ans, qui vivait avec son époux Yaakov au moshav Netiv HaAssara, a donné de ses nouvelles pour la dernière fois le 7 octobre à 8 heures du matin.

Sa maison a été incendiée par des terroristes palestiniens du Hamas qui se sont infiltrés dans la communauté, en parapente, au cours de leur attaque meurtrière contre le sud d’Israël. Elle a d’abord été considérée comme morte avec son mari, mais l’absence de preuves ADN a conduit l’armée israélienne à revenir sur cette conclusion.

« Ils ne l’ont toujours pas retrouvée », a déclaré la fille des Yinon, Maayan, lors d’une interview diffusée samedi soir sur la Douzième chaîne. « Ils ne peuvent pas l’identifier de manière concluante. Ils ne peuvent pas récupérer d’ADN. »

Lors du massacre du 7 octobre, au cours duquel les terroristes du Hamas ont tué près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en ont kidnappé 253, on estime que 35 terroristes du Hamas sont entrés dans Netiv HaAssara – une communauté située à 100 mètres de la frontière avec Gaza – et y ont assassiné 22 personnes.

« Papa nous a envoyé un message WhatsApp à 7h30 pour nous dire qu’ils étaient assis dans le mamad [la pièce sécurisée], que la maison était fermée à clé et qu’ils entendaient beaucoup de tirs et de roquettes », a expliqué Maayan lors de cette interview. « À 7h45, ils étaient déjà déconnectés et ne répondaient plus. La maison a été touchée de plein fouet et a pris feu en quelques minutes. C’était une maison construite avec des matériaux légers, du plâtre et du contreplaqué. »

« J’ai dit que mes parents n’avaient pas survécu à cet événement », a déclaré Mor, l’autre fille des Yinon, à la Douzième chaîne. « À 10 heures du matin, j’ai écrit à mes cousins pour leur dire qu’ils devaient se préparer à une journée très difficile. »

Les filles de Bilha et Yaakov Yinon, Mor (à droite) et Maayan (au centre), et le petit-fils du couple, Eitan, assis devant les restes de la maison des Yinon qui a été incendiée le 7 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran de la Douzième chaîne ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le petit-fils des Yinon, Eitan, a déclaré à la Douzième chaîne qu’il gardait espoir quant au sort de sa grand-mère. « Ma tête comprend qu’elle est morte, mais mon cœur me dit qu’elle a peut-être été kidnappée d’une manière ou d’une autre, qu’il s’est peut-être passé quelque chose. »

« J’essaie de ne pas me faire d’illusions et de ne pas penser à des ‘et si' », a-t-il ajouté. « Mais d’une certaine manière, j’ai besoin de cette identification. »

Leurs filles sont convaincues du destin de leur mère. Entre l’incendie de la maison et les conversations avec les voisins qui ont vu les terroristes, la famille a décidé de faire shiva – la semaine de deuil traditionnelle – sans organiser de funérailles. « Sa place est auprès papa. Ils ont quitté ce monde ensemble. »

Les filles ont déclaré à la Douzième chaîne qu’elles n’envisageaient pas la possibilité que Bilha ait été prise en otage parce qu’aucun autre enlèvement n’a été signalé à Netiv HaAssara le 7 octobre.

« Il y a un différend entre les pompiers – qui disent que le feu était à une température très élevée, ce qui fait qu’il est certainement impossible de récupérer l’ADN – et les médecins légistes qui disent que ce n’est pas impossible, qu’il est toujours possible de récupérer quelque chose », a déclaré Mor.

La lieutenant-colonel Dana Nof, réserviste de l’armée israélienne chargée de maintenir le contact avec la famille Yinon, n’est pas disposée à rendre un verdict.

« C’est un mystère que nous essayons de résoudre. Ce mystère ne restera pas inexpliqué. Nous essayons de déterminer si Bilha est vivante ou non », a-t-elle déclaré à la Douzième chaîne.

« Au début de la guerre, les représentants de Tsahal ont dit à la famille Yinon qu’ils avaient trouvé des restes dans la maison, notamment l’ADN d’une femme, mais ils se sont ensuite rétractés », a-t-elle expliqué.

« La possibilité qu’elle ait été kidnappée est en train d’être vérifiée, c’est possible. Je ne peux pas vous dire avec certitude – nous n’avons pas d’informations indiquant qu’elle a été kidnappée à Gaza, mais ce ne serait pas aberrant », a déclaré Nof.

« Nous faisons tout ce que nous pouvons pour donner des réponses absolument certaines », a-t-elle ajouté. « Mais nous n’y sommes pas encore. »

Des membres des médias visitant le moshav dévasté Netiv HaAsara dans le sud d’Israël, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 17 novembre 2023. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Bilha et Yaakov ont demandé, selon leur testament, que leurs corps soient incinérés et dispersés sur Netiv HaAsara parce qu’ils ne voulaient pas prendre de la place. Le testament ne peut cependant pas être exécuté tant que les filles n’ont pas reçu une réponse définitive du gouvernement concernant le sort de Bilha.

« Un tribunal m’a désigné comme gestionnaire temporaire des biens de ma mère », a déclaré Mor à la Douzième chaîne. « J’effectue des transactions sur le compte bancaire de ma mère en son nom. Ces choses sont un peu absurdes et émotionnellement difficiles. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une sorte de simulacre. »

Maayan a indiqué à la Douzième chaîne que Bilha était une habituée des manifestations contre la refonte du système judiciaire qui ont eu lieu tout au long de l’année 2023 jusqu’au 7 octobre, montrant une valise que Bilha emportait avec elle et sur laquelle est écrit « Benjamin Netanyahu, prenez ceci et partez ».

Bilha Yinon est actuellement la seule personne considérée comme officiellement « disparue » par l’État d’Israël à la suite de l’attaque du 7 octobre, alors que 130 autres personnes seraient retenues en otage à Gaza, dont les corps de 31 personnes qui ont été tuées avant ou après leur enlèvement, comme l’a confirmé Tsahal.

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