Un soignant israélien arabe s’est vu refuser l’accès à Yitzhar
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Un soignant israélien arabe s’est vu refuser l’accès à Yitzhar

L'homme dénonce la "haine raciste" après que le garde de sécurité l'a empêché d'accéder dans l'implantation ultra-radicale et a prétendu qu'il serait la cible de jets de pierres

L'entrée de l'implantation d'Yitzhar en Cisjordanie. (Crédit : Flash90 / File)
L'entrée de l'implantation d'Yitzhar en Cisjordanie. (Crédit : Flash90 / File)

Un soignant arabe israélien a déclaré jeudi qu’il avait été empêché d’entrer dans l’implantation radicale d’Yitzhar la veille pour effectuer un test de dépistage du coronavirus sur un résident, simplement parce qu’il est arabe.

L’homme, présenté seulement comme s’appelant Fadi, a rapporté à la Douzième chaîne qu’il avait dit au garde de sécurité à l’entrée de l’implantation qu’il était interne en médecine et avait précisé le but de sa visite, mais qu’il n’avait pas été autorisé à entrer et avait dû repartir sans avoir effectué le test.

« À l’entrée de l’implantation, le garde de sécurité m’a arrêté et m’a dit que je ne pouvais pas entrer parce que j’étais arabe », a déclaré Fadi. « Je lui ai répondu que j’étais médecin et que je venais voir des patients. Nous sommes en 2020 et je suis citoyen d’Israël. En tant que médecin, je ne fais pas de différence entre la religion, la race ou la couleur de peau et je suis venu ici pour examiner des patients ».

Il a indiqué qu’il disposait avec lui de tous les papiers nécessaires prouvant son identité et le but de sa venue.

Le garde de sécurité « m’a dit que parce que j’étais arabe, il était dangereux pour lui de me laisser entrer, qu’on me jetterait des pierres. Finalement, je n’y suis pas entré. Le patient a appelé pour demander pourquoi je n’étais pas venu dans l’implantation et je lui ai dit qu’ils ne m’avaient pas laissé entrer parce que j’étais arabe », a ajouté Fadi.

« Si cette personne avait été testée positive et que, Dieu nous en préserve, son état s’était détérioré et qu’elle était venue à l’hôpital, c’est moi qui l’aurais soignée », a souligné Fadi, qui travaille comme assistant médical à l’hôpital HaSharon. « C’est un exemple instructif de la haine raciste qui sous-tend le mouvement des implantations. »

Le service médical de Terem, qui a envoyé Fadi pratiquer le test, a fait savoir qu’il condamnait fermement l’incident.

« Terem prend très au sérieux l’incident au cours duquel un travailleur dévoué et professionnel a été victime de discrimination. C’est un phénomène inacceptable que nous condamnons fermement », a dénoncé l’organisation dans une déclaration.

Une fenêtre brisée sur un véhicule de police ayant essuyé des jets de pierre dans l’implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, le 22 septembre 2020 (Crédit : Police israélienne)

Cet incident fait suite à deux attaques contre des véhicules de police lors d’opérations récentes dans l’implantation.

Les pneus d’un véhicule de police ont été crevés dans la nuit de mardi, quelques heures seulement après que des pierres ont été lancées sur un autre véhicule utilisé par les policiers, brisant une vitre.

La police soupçonne que les attaques ont été perpétrées par des résidents d’extrême droite. Aucune arrestation en lien avec ces deux attaques n’a été signalée.

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