Une ancienne athlète inculpée pour exploitation d’un réseau de prostitution
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Une ancienne athlète inculpée pour exploitation d’un réseau de prostitution

L'acte d'accusation indique que le réseau opérant à Tel Aviv a été dirigé pendant 5 ans par Svetlana Gnezdilov, qui détient le record israélien d'heptathlon

L'athlète israélienne Svetlana Gnezdilov lors de l'épreuve d’heptathlon du du javelot aux championnats d'Europe d'athlétisme à Goteborg, en Suède, le 8 août 2006. (Crédit : AP Photo/Martin Meissner)
L'athlète israélienne Svetlana Gnezdilov lors de l'épreuve d’heptathlon du du javelot aux championnats d'Europe d'athlétisme à Goteborg, en Suède, le 8 août 2006. (Crédit : AP Photo/Martin Meissner)

Une ancienne athlète de compétition internationale et détentrice du record israélien d’heptathlon a été mise en examen lundi pour exploitation d’un réseau de trafic sexuel qui aurait amené des femmes de l’étranger en Israël pour les prostituer.

Svetlana Gnezdilov, 51 ans, qui a représenté l’État juif lors de championnats internationaux d’athlétisme dans diverses épreuves, a été arrêtée dans cette affaire il y a trois semaines avec son mari et plusieurs autres personnes.

Son nom avait été interdit de publication jusqu’à lundi, date à laquelle les accusations ont été déposées. Selon les informations sur l’acte d’inculpation, Svetlana Gnezdilov est la seule suspecte à avoir été inculpée.

Selon l’acte, l’ancienne athlète a géré le réseau pendant cinq ans dans une série d’appartements de la région métropolitaine de Tel-Aviv, sous couvert de services de massage.

Elle employait des femmes d’Israël et de l’étranger pour fournir des services sexuels, selon l’acte d’accusation. Pour toute femme amenée en Israël pour se prostituer, Svetlana Gnezdilov versait une commission de 1 000 shekels (260 euros) au rabatteur.

Le réseau de maisons closes fonctionnait de manière méthodique et selon des règles strictes, selon l’acte d’accusation. À chaque service, réalisé dans un appartement différent, une prostituée servait entre un et vingt clients.

Lorsque les clients donnaient des pourboires, Svetlana Gnezdilov réclamait une part plus importante que la prostituée, d’après l’acte d’inculpation.

L’ex-sportive aurait été la directrice du réseau, chargée de localiser et de louer les appartements qui servaient de maisons closes, de recruter les femmes à l’étranger par le biais d’annonces en ligne, de les rencontrer et de les persuader de se prostituer.

Elle leur aurait donné des instructions pour éviter d’éveiller les soupçons des autorités en utilisant de faux noms et des couvertures, et pour savoir comment se comporter si la police se présentait.

Une prostituée dans le sud de Tel Aviv, en janvier 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)

Svetlana Gnezdilov avait été initialement inculpée en 2017, mais les charges avaient finalement été abandonnées en janvier dernier après que les procureurs ont jugé les preuves insuffisantes. Les nouvelles preuves recueillies semblent avoir été déterminantes.

Elle a nié les accusations lors d’une audience de renvoi lundi.

« Les maisons closes, ce n’est pas du tout mon truc », a-t-elle déclaré. « Mon monde a été bouleversé. Je ne sais pas comment cela m’est arrivé. »

S’adressant au juge, elle a dit : « Je vous demande de faire preuve de considération et de voir que je suis contre ces choses. Toutes ces accusations ne sont pas moi ».

Née en Ukraine, Svetlana Gnezdilov a emménagé en Israël en 1996, à l’âge de 27 ans. Son record israélien d’heptathlon de 2003 est toujours valable, tout comme son record réalisé la même année dans le relais 4X400 mètres avec trois autres coureuses.

Elle a également battu le record national du saut en longueur en 2004, battu en 2014 par Hanna Knyazyeva-Minenko.

Mme Gnezdilov a participé à diverses autres compétitions d’athlétisme, mais n’a jamais atteint les Jeux olympiques.

Le proxénétisme, le trafic sexuel et l’exploitation d’une maison close sont punis par la législation israélienne. En décembre 2018, la Knesset a approuvé une loi qui punit également les clients surpris en train de solliciter des travailleurs du sexe.

La loi criminalise le fait de se procurer les services d’une prostituée, ainsi que la présence dans un lieu principalement utilisé pour la prostitution, comme une maison de passe. Les contrevenants sont condamnés à une amende de 2 000 shekels (517 euros), une somme doublée en cas de récidive dans les trois ans.

En 2016, le ministère des Affaires sociales a estimé qu’il y avait entre 11 420 et 12 730 travailleurs du sexe actifs dans l’industrie du sexe du pays, qui représente 1,2 milliard de shekels (310 millions d’euros). Selon ce rapport, 71 % des prostituées ont déclaré avoir commencé à travailler par désespoir financier, et 76 % ont indiqué qu’elles quitteraient cette industrie si elles le pouvaient.

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