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Une association LGBTQ propose de financer tous les clubs de la Yeshiva University

Pour éviter d’avoir à reconnaître la Pride Alliance, suite à la décision de la cour, la faculté suspend les activités de tous les clubs ; la Jewish Queer Youth intervient

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

La Yeshiva University à New York. (Crédit : Wikimedia Commons)
La Yeshiva University à New York. (Crédit : Wikimedia Commons)

NEW YORK – Un groupe de défense des droits LGBTQ a proposé mardi de financer tous les clubs de la Yeshiva University de New York après que l’établissement a suspendu les activités estudiantines pour ne pas avoir à reconnaître un groupe LGBTQ du campus.

L’association Jewish Queer Youth qui finance la YU Pride Alliance de la Yeshiva University a déclaré que la décision de l’université d’annuler tous les clubs revient à « peindre une cible sur le dos des étudiants queer de premier cycle ».

En réponse à cette décision, qui a été annoncée la semaine dernière après que la Cour suprême a déclaré que l’université était tenue de reconnaître la Pride Alliance, la Jewish Queer Youth a déclaré qu’elle financerait tous les clubs d’étudiants de l’université.

« YU suspend tous les clubs à cause des étudiants homosexuels. JQY financera donc tous les clubs grâce aux étudiants homosexuels », a déclaré Rachael Fried, la directrice exécutive de Jewish Queer Youth.

Les groupes peuvent demander jusqu’à 500 dollars par événement et la Jewish Queer Youth s’est engagée à collecter 10 000 dollars pour continuer à financer les activités sur le campus.

L’offre de financement de la Jewish Queer Youth a été signalée pour la première fois par le journal estudiantin indépendant de la Yeshiva University, The Commentator.

Certaines des autres associations du campus touchées par la fermeture sont axées sur la politique, Shakespeare et la zoologie.

Jewish Queer Youth est une association à but non lucratif qui soutient les jeunes juifs LGBTQ, en particulier dans ceux des communautés orthodoxe, hassidique, sépharade et mizrahi. Elle soutient la Yeshiva University Pride Alliance depuis sa création en 2019.

La reconnaissance aurait accordé au club LGBTQ un financement et d’autres avantages accordés aux autres associations estudiantines.

Une pétition en ligne en faveur de la communauté LGBTQ de la Yeshiva University a accumulé 74 pages de signatures d’étudiants, de professeurs et d’anciens élèves.

L’université Yeshiva annonce la décision de suspendre toutes les associations estudiantines dans un courriel adressé au corps étudiant, le 16 septembre 2022. (Crédit : Autorisation)

L’université Yeshiva a annoncé la fermeture des associations par courrier électronique à l’ensemble des étudiants de premier cycle vendredi.

L’université phare de la communauté moderne-orthodoxe n’a pas précisé jusqu’à quand durerait cette suspension, mais elle a indiqué qu’elle utiliserait cette période pour préparer une autre action devant la Cour suprême des États-Unis.

Les étudiants paient 150 à 200 dollars par semestre pour participer aux activités des différents clubs, partie intégrante de leurs frais de scolarité. La demande d’au moins un étudiant de ne pas devoir payer ces frais en raison de la suspension des clubs a été rejetée.

La bataille juridique entre l’université et le groupe Pride a débuté en 2020, lorsque des étudiants activistes LGBTQ ont accusé l’université de discrimination en déposant une plainte auprès de la Commission des droits de l’homme de la ville, avant d’intenter un procès à l’université l’année dernière.

Le conflit juridique porte sur la question de savoir si l’université est une institution laïque qui doit respecter les lois sur la non-discrimination ou une institution religieuse couverte par la protection du 1er amendement pour la libre expression des croyances.

La Yeshiva University affirme que la reconnaissance de l’association porte atteinte à ses convictions religieuses. Les relations sexuelles et le mariage entre personnes de même sexe sont généralement interdits au sein de la communauté juive orthodoxe.

En juin, un juge new-yorkais a déclaré que l’université devait reconnaître l’association en vertu d’une loi municipale sur les droits de l’homme interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

L’université a fait appel devant la Cour suprême, lui demandant d’annuler la décision du tribunal de New York. La Cour a rejeté la requête la semaine dernière, signifiant que l’université devait reconnaître cette association, du moins temporairement.

Une affiche annonce un événement LGBTQ à l’université Yeshiva, le 15 décembre 2020. (Crédit : Autorisation des organisateurs étudiants de l’université Yeshiva)

La Cour suprême a déclaré que l’université devait épuiser les autres recours avant d’entendre l’affaire. La décision a été prise pour des raisons de procédure, et non pour des questions religieuses plus importantes.

Les juges opposés à la décision ont déclaré que l’université pourrait faire à nouveau appel devant la Cour suprême et, qu’en pareil cas, elle aurait « probablement gain de cause ». Le président de l’université Yeshiva, le rabbin Ari Berman, a déclaré que l’école « suivrait leurs instructions ».

L’université a annoncé la fermeture des clubs le lendemain.

La Cour est majoritairement conservatrice et a déjà statué en faveur de groupes religieux.

L’université, qui a été contrainte par les tribunaux dans le passé d’étendre des droits aux étudiants gays et lesbiennes, affirme qu’elle cherche à faire la part des choses entre l’accueil des étudiants LGBTQ et le refus de reconnaître la Pride Alliance.

« Chaque université confessionnelle du pays a le droit de travailler avec ses étudiants, y compris ses étudiants LGBTQ, pour créer des associations, des lieux et des espaces qui correspondent à sa tradition religieuse », a déclaré Berman jeudi. « La Yeshiva University cherche simplement à obtenir ce même droit à l’autodétermination ».

« Dans le même temps, alors que notre engagement et notre amour pour nos étudiants LGBTQ sont inébranlables, nous continuons à tendre la main en guise d’invitation à travailler ensemble pour créer une vie de campus plus inclusive et conforme aux valeurs de la Torah », a-t-il ajouté.

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