Une banlieue de Jérusalem, capitale d’un futur état palestinien ?
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Une banlieue de Jérusalem, capitale d’un futur état palestinien ?

Ismael Haniyah, le chef du Hamas, a déclaré que le présumé plan de paix américain comprend la construction d'un pont reliant Abu Dis à la mosquée d'Al-Aqsa

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, à droite, et Yahya Sinwar, à gauche, du côté palestinien au passage transfrontalier de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, à droite, et Yahya Sinwar, à gauche, du côté palestinien au passage transfrontalier de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Le chef du groupe terroriste palestinien du Hamas a déclaré mardi que les États-Unis préparaient un accord de paix qui prévoyait de faire de l’une des banlieues de Jérusalem, en Cisjordanie, la capitale de l’état auquel ils aspirent.

Ismail Haniyeh a également indiqué que dans le cadre de ce plan, Abu Dis, à l’est de la barrière de sécurité d’Israël, et à l’extérieur des frontières municipales de Jérusalem, serait reliée au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem par un pont, selon Middle East Eye.

Vue d’Abou Dis vu de la barrière de sécurité (Crédit photo: Kobi Gideon / Flash90)

« Le plan prévoit la construction d’un pont qui reliera Abu Dis à la mosquée d’Al-Aqsa, afin de garantir que [les Palestiniens] aient accès à la mosquée », a indiqué le site, relayant les propos prononcés par Haniyeh à l’intention des responsables à Gaza.

La mention d’Abu Dis par Haniyeh fait référence à l’article du New York Times, du début du mois, qui indique qu’une proposition de paix saoudienne, soumise au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, prévoyait l’établissement de la capitale du futur état palestinien à Abu Dis, plutôt qu’au cœur de Jérusalem Est, que les Palestiniens considèrent comme leur future capitale.

En réaction à cet article, Ryad a insisté qu’ils restaient engagés envers l’Initiative de Paix arabe, qui prévoit un retour aux frontières de 1967, avec le retrait d’Israël, et une capitale palestinienne qui siègerait à Jérusalem Est, en échange d’une normalisation des relations avec le monde arabe.

Haniyeh a également affirmé que le projet prévoit de diviser le mont du Temple, qui abrite la mosquée d’Al-Aqsa, en « trois sections distinctes » et que la bande de Gaza serait une région autonome au sein d’un état palestinien.

Haniyeh a ajouté que son groupe terroriste avait reçu des informations sur ce projet, mais n’a pas indiqué la provenance de ces informations.

Reconnaître un État « juif »

Le chef du Hamas a également assuré que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump s’inscrivait « dans les efforts mis en œuvre pour résoudre la question palestinienne dans le contexte de ‘l’accord du siècle’ ».

Il a déclaré que cette mesure comporte « des implications pour la reconfiguration de l’ensemble de la région et des nations [arabes et musulmanes », qui, dit-il, « se fera aux dépens de Jérusalem et des « droits des Palestiniens ».

Ismail Haniyeh (g) et Yahya Sinwar, le 14 décembre 2017 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

Depuis la déclaration du 6 décembre, le Hamas, groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a appelé les Palestiniens le long de la frontière de Gaza avec Israël, ce qui permis à des milliers de Gazaouis d’affronter les troupes israéliennes à la frontière, et ont appelé à une nouvelle intifada pour libérer Jérusalem.

Il y a quelques jours, Haniyeh avait prétendu que la déclaration sur le statut de Jérusalem pourrait être suivie d’une déclaration sur la reconnaissance d’Israël comme un État juif, bien que les États-Unis l’aient toujours considéré ainsi.

« Nous avons des informations selon lesquelles l’administration américaine pourrait reconnaître Israël comme un Etat juif, [laisser Israël] annexer des implantations et abolir le droit au retour des Palestiniens » a déclaré Haniyeh.

La demande palestinienne du “droit au retour” de millions de réfugiés et de leurs descendants en Israël a été rejetée par tous les gouvernements israéliens, car un tel afflux migratoire mettrait fin à la majorité juive d’Israël. La position d’Israël a généralement été que le sort des réfugiés devait être négocié lors des pourparlers sur le statut final d’un Etat palestinien, et que celui-ci absorberait les réfugiés palestiniens, alors que l’Etat d’Israël absorberait les réfugiés juifs.

Le plan de partage de l’ONU de 1947 se référait spécifiquement à un Etat juif et à un Etat arabe.

Quelques heures après la création de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948, les Etats-Unis l’ont reconnu comme un Etat juif. La Maison Blanche avait alors déclaré : « Notre gouvernement a été informé qu’un Etat juif a été proclamé en Palestine, et qu’une reconnaissance a été demandée par le gouvernement provisoire. Les Etats-Unis reconnaissent le gouvernement provisoire comme l’autorité de facto de l’Etat d’Israël. »

Reconnaître Israël comme un Etat juif est une chose que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a constamment appelé les Palestiniens à faire, ce qui montrerait qu’ils acceptent le droit d’Israël à exister en tant que foyer national du peuple juif.

Les Palestiniens ont refusé, et les politiciens et médias palestiniens nient régulièrement le lien historique juif avec la Terre d’Israël.

Haniyeh a également appelé l’Autorité palestinienne basée à Ramallah à reconsidérer ses liens avec Israël.

« L’Autorité palestinienne est priée d’adopter une position claire concernant les accords de paix d’Oslo et la coopération sécuritaire avec Israël », a déclaré le chef du Hamas. « Toutes les mesures prises par l’occupant israélien sont invalides », a-t-il déclaré.

En annonçant la reconnaissance de Jérusalem par les Etats-Unis et son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à la Ville sainte, Trump a déclaré que cette décision n’était qu’une reconnaissance de la réalité et ne préjugerait pas du statut final.

Alors que le discours de la Maison Blanche a été suivi par de violentes manifestations palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza, celles-ci ont considérablement diminué après la première semaine.

Des manifestants palestiniens affrontent les forces de l’ordre israéliennes près du checkpoint de Qalandiya, en Cisjordanie, le 20 décembre 2017, après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

Douze Palestiniens ont été tués lors des affrontements entre manifestants et forces israéliennes en Cisjordanie et à Gaza. Deux d’entre eux ont été tués lors de frappes aériennes israéliennes contre les bases du Hamas à la suite d’un tir de roquette.

Vendredi, des échauffourées de faible intensité entre des Palestiniens et la police des frontières ont également été signalées dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Jeudi, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution rejetant la reconnaissance de Trump sur Jérusalem. La mesure a été adoptée par 128 voix contre 9, 35 abstentions et 21 absents. Les Etats-Unis avaient auparavant opposé leur veto au Conseil de sécurité. Israël a qualifié ce vote de « grotesque ».

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