Une cellule terroriste aurait prévu de frapper la France pendant l’Euro 2016
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Une cellule terroriste aurait prévu de frapper la France pendant l’Euro 2016

Des fichiers informatiques révèlent que des membres de la cellule Paris-Bruxelles de l'État islamique ont changé de plan tandis que la police refermait son étau sur eux

L'Euro 2016 aurait été visé par des attaques terroristes. (Logo de l'Euro 2016)
L'Euro 2016 aurait été visé par des attaques terroristes. (Logo de l'Euro 2016)

Les terroristes islamistes qui ont mené les attaques terroristes de Paris et Bruxelles avaient initialement prévu de cibler les championnats d’Europe de football qui se dérouleront à travers la France cet été, selon un journal français.

Le match d’ouverture et la finale se tiendront au Stade de France, l’une des trois cibles des attentats du 13 novembre.

La cellule terroriste aurait changé de plan après l’arrestation le mois dernier de Salah Abdeslam, soupçonné d’être un acteur-clef dans les attentats de Paris, au cours desquels 130 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, a rapporté Libération dimanche.

Abdeslam est soupçonné d’avoir joué au moins un rôle logistique dans les attentats de Paris, mais s’est échappé et a fui vers Bruxelles, évitant un vaste coup de filet de la police pendant quatre mois.

Libération a déclaré que les revendications concernant le ciblage de l’Euro 2016, qui doit se tenir du 10 juin au 10 juillet, ont été formulées par Mohammad Abrini lors de son interrogatoire par les enquêteurs belges.

Sur cette image tirée d'une vidéo, la police belge arrête Mohamed Abrini, suspect des attentats terroristes de Bruxelles, vendredi 8 avril 2016. (Sebastian Kamran via AP)
Sur cette image tirée d’une vidéo, la police belge arrête Mohamed Abrini, suspect des attentats terroristes de Bruxelles, vendredi 8 avril 2016. (Sebastian Kamran via AP)

Abrini, qui a été arrêté vendredi, avait déjà été inculpé pour les attentats de Paris et a été accusé de meurtres et d’appartenance à une organisation terroristes pour l’attentat du mois dernier à Bruxelles, a déclaré dimanche le procureur fédéral belge.

Soupçonné d’avoir posé un sac rempli d’explosifs à l’aéroport de Bruxelles, Abrini aurait avoué être « l’homme au chapeau » filmé par une caméra de l’aéroport. Trois kamikazes se sont fait exploser à l’aéroport et au métro de Bruxelles, tuant 32 personnes et blessé une centaine d’autres.

L’objectif du groupe était de frapper à nouveau la France, selon ce qu’a révélé le procureur fédéral belge, mais la vitesse de l’enquête de la police les a incités à « décider à la hâte » de frapper Bruxelles.

Mohamed Abrini, suspect dans les attentats de Paris, à gauche sur une photo prise par la police belge, pourrait vraisemblablement être le "troisième homme" vu sur CCTV à l'aéroport de Bruxelles avec les deux hommes qui se sont fait exploser, le 22 mars 2016. (AFP Photo/Belgian Federal Police/STR and Twitter)
Mohamed Abrini, suspect dans les attentats de Paris, à gauche sur une photo prise par la police belge, pourrait vraisemblablement être le « troisième homme » vu sur CCTV à l’aéroport de Bruxelles avec les deux hommes qui se sont fait exploser, le 22 mars 2016. (AFP Photo/Belgian Federal Police/STR and Twitter)

Une source de la police française a déclaré au journal : « ce n’est pas un scoop d’apprendre que les terroristes voulaient frapper pendant l’Euro ».

Les forces de sécurité ont constamment développé des scénarios d’attaque afin de déterminer comment y répondre, selon la source.

« Si les déclarations d’Abrini sont vraies, elles confirment simplement que la Belgique est une base arrière opérationnelle qu’il faut surveiller encore plus intensément », a déclaré la source. « Des réseaux et cellules djihadistes s’y sont rencontrés et regroupés en permanence au cours des dix dernières années ».

Ayant découvert l’adresse d’Abrini par le chauffeur de taxi qui l’a transporté à l’aéroport de Bruxelles, ainsi que les kamikazes Ibrahim El Bakraoui et Mohamed Najim Laachraoui, la police a retrouvé non seulement un nombre impressionnant d’explosifs, a rapporté Libération, mais également un ordinateur appartenant aux frères El Bakraoui dans une poubelle à proximité, qui était évidemment destiné à être récupéré par un complice.

L’ordinateur a révélé le contenu d’une discussion tenue apparemment entre El Bakraoui et un individu non encore identifié en Syrie.

« C’est une vraie séance de brainstorming, » a déclaré une source anti-terroriste à Libération. « Ils planifient ouvertement les opérations, discutent quand ils frapperont, où, et si tous les commandos devraient mourir ensemble … »

Dossier : (de gauche à droite) Khalid El Bakraoui, Ibrahim El Bakraoui and Najim Laachraoui, qui ont conduit les attaques à la bombe meurtrières de Bruxelles, le 22 mars 2016, sur une photo publiée par les autorités belges. (Police belge fédérale)
Dossier : (de gauche à droite) Khalid El Bakraoui, Ibrahim El Bakraoui and Najim Laachraoui, qui ont conduit les attaques à la bombe meurtrières de Bruxelles, le 22 mars 2016, sur une photo publiée par les autorités belges. (Police belge fédérale)

Le matériel a fourni des preuves claires, a continué la source, « que cette cellule a continué d’entretenir des liens avec la Syrie, d’être conseillée et dirigée par le Califat [l’Etat islamique] », tout ceci en dépit de la mort de Abdelhamid Abaaoud – qui jouait un rôle-clef dans les attaques de Paris et était considéré par beaucoup comme le chef du groupe.

Un autre fichier sur l’ordinateur mentionnait d’éventuelles attaques à La Défense, le quartier d’affaires en région parisienne, et contre le groupe catholique radical Civitas, a ajouté la source.

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