Une crise de la coalition bloque le texte limitant les pouvoirs du président
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Une crise de la coalition bloque le texte limitant les pouvoirs du président

Koulanou, HaBayit HaYehudi et le Shas s'opposeraient à une clause obligeant le président à choisir comme Premier ministre le chef du parti le plus important

Le président Reuven Rivlin à la Knesset lors de l'ouverture de la session d'hiver, le 12 octobre 2015 (Crédit :  Miriam Alster/Flash90)
Le président Reuven Rivlin à la Knesset lors de l'ouverture de la session d'hiver, le 12 octobre 2015 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un vote sur un projet de loi qui limiterait le pouvoir du président lors du choix du dirigeant politique le plus à même de former un gouvernement a été reporté samedi en raison de désaccords au sein de la coalition sur la formulation de la législation.

Selon le site d’information Walla, la coalition s’est accordée sur le fait que le président ne pourrait demander qu’aux chefs de parti de composer un gouvernement. Toutefois, les formations Koulanou, HaBayit HaYehudi et Shas seraient opposés à une clause qui obligerait le chef de l’Etat à choisir le chef du parti ayant le plus grand nombre de candidats et ainsi que « la plus grande chance » de former avec succès une équipe gouvernementale.

Des sources proches de la coalition ont fait savoir au site d’information que les délibérations sur ce texte seront reportées jusqu’à ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu puisse débattre de la proposition avec les chefs de parti après que leur rencontre, cette semaine, a été ajournée en raison du déplacement de Netanyahu à Paris.

Cet amendement d’une loi fondamentale a été proposé par le chef de la coalition issu du Likud, David Amsalem. Des rumeurs avaient laissé entendre que le président Reuven Rivlin s’intéressait à la possibilité de demander à Gideon Saar, un possible rival de Netanyahu lors des prochaines élections, de former un gouvernement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de l’Éducation Gideon Saar (à gauche) assistent à une cérémonie de remise des prix organisée par la Fondation Trump, au bureau de Netanyahu à Jérusalem, le 25 décembre 2012. (Miriam Alster/Flash90)

Saar était une étoile montante du Likud jusqu’à ce qu’il se retire de la politique. Les analystes le considèrent comme un candidat de premier plan pour le poste de Premier ministre après Netanyahu, et il jouit d’une grande popularité auprès des militants du Likud. Saar a exprimé son intention de se présenter au poste de leader, non seulement du Likud mais du pays entier.

En vertu de la loi actuelle, après les élections, le président consulte les chefs de tous les partis avant de demander aux législateurs susceptibles d’avoir les plus grandes chances de former un gouvernement, de commencer à négocier avec de potentiels partenaires de coalition. La personne chargée de former un gouvernement est généralement celle qui a obtenu le plus de recommandations de la part d’autres partis, et est généralement – mais pas nécessairement – le chef du parti qui a remporté le plus grand nombre de siège.

Les rumeurs de ce « putsch » de Saar auraient amené Netanyahu à renoncer à sa décision d’avancer les élections de 2019.

Selon un article paru dans le journal pro-Netanyahu Israel Hayom, le Premier ministre avait récemment décidé de dissoudre la Knesset – ce qui aurait eu lieu lors des premiers jours de la session d’hiver – mais il aurait appris par des associés et des responsables du Likud que Rivlin ne le chargerait pas de la formation d’un nouveau gouvernement à l’issue du scrutin, au regard des enquêtes actuelles contre le Premier ministre pour corruption.

L’article avait précisé que les chefs des autres partis pourraient également conditionner leur participation au gouvernement au fait qu’il soit dirigé par quelqu’un d’autre que Netanyahu.

Selon l’article, Rivlin songeait à la possibilité de charger une autre personnalité que Netanyahu de former le gouvernement – un député du Likud, si le parti devait gagner, ou celui d’un autre parti, si la marge de victoire était plus étroite – au regard des enquêtes actuelles contre le Premier ministre pour corruption.

Depuis qu’il est devenu président en 2015, Rivlin a publiquement pris ses distances avec Netanyahu sur un certain nombre de questions sensibles, même s’il s’est retenu d’attaquer directement le Premier ministre. Il a également pris la défense d’institutions variées face aux attaques de Netanyahu et de ses alliés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le Président Reuven Rivlin lors de la cérémonie de remise du Prix Israël au Centre international de conférences de Jérusalem le 2 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Rivlin a rejeté l’idée d’un coup d’Etat, la qualifiant de « paranoïa ». Saar, pour sa part, a évoqué une « théorie conspirationniste ridicule ».

En 2009, Netanyahu était devenu Premier ministre après que la cheffe de l’opposition Tzipi Livni s’est montrée dans l’incapacité de former un gouvernement, malgré l’obtention par son parti Kadima de la majorité des sièges.

Netanyahu fait l’objet de trois enquêtes pour corruption dans des dossiers séparés et ses proches n’ont cessé d’attaquer la presse et la police, proposant des législations variées pour limiter leurs capacité d’informer d’un côté ou d’enquêter sur les personnalités publiques de l’autre.

La présidente de l’opposition Tzipi Livni s’adresse au Parlement israélien lors de l’ouverture de la session d’hiver, le 15 octobre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Dans deux dossiers, appelés les Affaires 1000 et 2000, la police a d’ores et déjà recommandé des inculpations pour pots-de-vin contre le Premier ministre.

Netanyahu est également soupçonné d’avoir fait avancer des législations de régulation en tant que ministre des Communications et en tant que Premier ministre au bénéfice de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, la plus importante firme de télécommunications du pays, dans une enquête connue comme l’Affaire 4000.

Netanyahu, pour sa part, dément toute malversation.

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