Kahlon, pour une loi n’autorisant que les chefs de parti à former une coalition
Le ministère des Finances a admis qu'il existe une faille dans les pouvoirs présidentiels ; ce soutien survient après que Netanyahu a accusé un rival du Likud de vouloir l'écarter

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a prudemment soutenu une loi quasi-constitutionnelle qui limiterait les pouvoirs du président à choisir un dirigeant politique pour former une coalition après les élections nationales, selon un reportage télévisé dimanche.
Selon Hadashot, cet amendement permettrait de garantir que seul le chef de chaque parti élu soit en droit de former un gouvernement, et personne d’autre sur la liste du parti.
En vertu de la loi actuelle, après les élections, le président consulte les chefs de tous les partis avant de demander aux législateurs susceptibles d’avoir les plus grandes chances de former un gouvernement, de commencer à négocier avec de potentiels partenaires de coalition. La personne chargée de former un gouvernement est généralement celle qui a obtenu le plus de recommandations de la part d’autres partis, et est généralement – mais pas nécessairement – le chef du parti qui a remporté le plus grand nombre de siège.
Des rumeurs d’amendement après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé le mois dernier qu’un ancien membre de son parti, le Likud, tentait de l’écarter des prochaines élections, avec l’aide du président. Netanyahu a accusé le ministre Gideon Saar d’orchestrer un « putsch » qui lui permettrait de prendre la direction du Likud et de devenir Premier ministre aux prochaines élections. Saar est pressenti comme un potentiel rival de Netanyahu.
Saar a exigé que Netanyahu prouve ses allégations ou retire ses propos.
Les accusations portées par le Premier ministre sont survenues après que le journal pro-Netanyahu Israel Hayom a rapporté que le Premier ministre retarde l’organisation d’élections anticipées, craignant que le président Reuven Rivlin ne charge Saar de former un gouvernement.
Selon l’article, Rivlin songe à la possibilité de charger quelqu’un d’autre que Netanyahu de former le gouvernement – un autre député du Likud, si le parti gagne, ou un député d’un autre parti, si la marge de victoire est plus étroite – au regard des enquêtes actuelles contre le Premier ministre pour corruption.
Suite à ces allégations, Kahlon a déclaré au président de son parti Roy Folkman et à d’autres responsables qu’il existe une « faille judiciaire » sur les pouvoirs présidentiels et le droit à charger n’importe quel parlementaire de former une coalition.
Kahlon a déclaré que bien que son parti soit en faveur d’un amendement à cette loi, pour imposer au président de choisir entre les chefs des partis, « nous n’accepterons aucun autre ajustement ».
Selon le reportage, après le soutien de Koulanou à cette idée, d’autres partis de la coalition risquent de lui embrayer le pas, notamment les partis HaBayit HaYehudi et Shas.
Une telle législation nécessiterait de changer les pouvoirs présidentiels tels qu’ils sont inscrits dans les Lois fondamentales du pays, qui telle une constitution, sous-tendent le système judiciaire israélien et sont plus difficiles à abroger que les lois classiques.
Saar était une étoile montante du Likud jusqu’à ce qu’il se retire de la politique. Les analystes le considèrent comme un candidat de premier plan pour le poste de Premier ministre après Netanyahu, et il jouit d’une grande popularité auprès des militants du Likud.
Les prochaines élections doivent avoir lieu d’ici novembre 2019, mais des rapports récents suggèrent que Netanyahu envisage de conduire le pays aux urnes dès mars prochain dans le contexte d’enquêtes pour corruption qui le concernent.







