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Saar exige que Netanyahu prouve les accusations de « putschiste » à son encontre

L'ancien ministre du Likud dit avoir été qualifié d' '"ennemi du régime", et se compare au journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi

L'ancien ministre de l'Intérieur Gideon Saar. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
L'ancien ministre de l'Intérieur Gideon Saar. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

L’ancien ministre du Likud, Gideon Saar, a lancé jeudi une critique cinglante au Premier ministre Benjamin Netanyahu, exigeant qu’il fournisse des preuves ou retire ses affirmations selon lesquelles Saar aurait tenté de provoquer un putsch au Likud pour chasser le dirigeant israélien du pouvoir.

Saar a continué à critiquer le Premier ministre, parallèlement des sources proches de Netanyahu ont redoublé leurs attaques à son égard, qualifiant l’ancien député du Likud de « subversif ». Un ardent défenseur de Netanyahu au Likud a cependant rejeté ces accusations en les qualifiant de « théorie du complot ».

Saar est un ancien ministre très populaire du Likud, il est considéré comme un potentiel concurrent de Netanyahu.

Mercredi, le journal pro-Netanyahu Israel Hayom a rapporté que le Premier ministre retarde l’organisation d’élections anticipées, craignant que le président Reuven Rivlin ne charge Saar de former un gouvernement.

Selon le rapport, Rivlin songe à la possibilité de charger quelqu’un d’autre que Netanyahu de former le gouvernement – un autre député du Likud, si le parti gagne, ou un député d’un autre parti, si la marge de victoire est plus étroite – au regard des enquêtes actuelles contre le Premier ministre pour corruption.

Après la publication du rapport, Netanyahu a accusé publiquement Saar de comploter dans le but de le remplacer, qualifiant le plan présumé de « conspiration du siècle ».

Dans une interview accordée jeudi à la radio de l’armée, M. Saar a déclaré que l’accusation de M. Netanyahu avait « franchi une ligne rouge » et exigé que le Premier ministre fournisse des preuves de son accusation ou retire ses propos.

« Je demande au Premier ministre de présenter ses preuves au public ou de se rétracter », a-t-il dit. « C’est une affaire très sérieuse, elle a franchi la ligne rouge. »

Saar a dit que son ancien allié politique Netanyahu était entouré de « gens malfaisants », ce qui n’est « pas dans le meilleur intérêt du parti, et sera mauvais pour Israël ».

« Je constate que je suis devenu un opposant au régime », a dit Saar.

Le Président Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de la commémoration des 23 ans de l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 21 octobre 2018. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

« J’ai dit à ma femme que nous devrions éviter de nous rendre dans un consulat prochainement », a-t-il ajouté, se comparant au journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi, assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul au début du mois.

Jeudi, Israël Hayom a publié un article dans lequel il affirme que Saar a œuvré en coulisses pour convaincre des députés de créer une faction distincte du Likud à la Knesset, avec pour objectif de renverser Netanyahu.

Un ministre du Likud a déclaré au quotidien sous couvert d’anonymat que les intentions de Saar étaient connues des dirigeants du parti et qu’une liste de candidats potentiels avait été établie.

Le ministre a déclaré que la crainte de Netanyahu d’être remplacé était « réelle et justifiée » et que presque tous les districts électoraux en Israël avaient un candidat du Likud qui était un partisan de Saar.

Saar, qui a quitté la politique en 2014 avant d’annoncer son retour l’année dernière, avait auparavant rejeté les allégations d’Israël Hayom comme étant « fausses » et une « ridicule théorie du complot ». Un porte-parole de Rivlin a également contesté l’article mercredi.

Mais une source proche de Netanyahu a affirmé jeudi que la « réaction hystérique de Saar et ses propos anti-Netanyahu » corroboraient les soupçons contre l’ancien député.

Il a qualifié l’ancien député de « subversif » et a dit que Saar « essayait de déloger Netanyahu contre la volonté des électeurs du Likud ». La source a ajouté qu’au cours des dernières semaines, la « soif de pouvoir » de Saar l’a rendu de plus en plus négligent, et qu’il a révélé par inadvertance le complot à des ministres du Likud ces dernières semaines.

Au moins un député du Likud a défendu Saar contre ces allégations jeudi.

Miki Zohar, un allié fidèle de Netanyahu, a qualifié les efforts de Saar de « théorie du complot ».

« Cela ne s’est jamais produit, c’est une théorie du complot sans fondement », a déclaré Zohar à la radio militaire dans une interview accordée jeudi. « Depuis que Saar a annoncé son retour au parti, il a été très élogieux envers Netanyahu et a souligné qu’il était un excellent Premier ministre. »

Le député Miki Zohar lors d’une réunion du comité de contrôle de l’État à la Knesset, le 14 juin 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Saar était une étoile montante du Likud jusqu’à ce qu’il se retire de la politique. Les analystes le considèrent comme un candidat de premier plan pour le poste de Premier ministre après Netanyahu, et il jouit d’une grande popularité parmi les militants du Likud.

Les prochaines élections doivent avoir lieu d’ici novembre 2019, mais des rapports récents suggèrent que Netanyahu envisage de conduire le pays aux urnes dès mars prochain dans le contexte d’enquêtes pour corruption qui le concernent.

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