Une délégation iranienne en visite à Bruxelles interrogée sur le négationnisme
Rechercher

Une délégation iranienne en visite à Bruxelles interrogée sur le négationnisme

Un responsable de Téhéran a esquivé les questions sur les articles d'information "perturbants" portant sur l'espionnage par le régime de cibles israéliennes et juives en Allemagne

David McAllister (Crédit : Olaf Kosinsky/CC BY-SA 3.0)
David McAllister (Crédit : Olaf Kosinsky/CC BY-SA 3.0)

Des membres du Parlement européen ont interrogé un groupe de parlementaires iraniens en visite au sujet des déclarations négationnistes et des menaces émanant des dirigeants de la République islamique.

Des groupes juifs et des politiciens israéliens ont critiqué le Parlement européen qui a accueilli Alaeddin Boroujerdi, président de la commission de la Politique étrangère et de la Sécurité nationale du Parlement iranien, et sa délégation pour une visite de quarante-huit heures à Bruxelles.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, David McAllister, a ouvert la session de mardi en critiquant âprement ses invités.

McAllister, issu du parti chrétien-démocrate allemand de centre-droit, a spécifiquement évoqué les violations aux droits de l’Homme en Iran et a réclamé des réponses sur les opérations policières qui auraient ciblé en Allemagne des agents iraniens soupçonnés d’avoir pris pour cible des sites israéliens et juifs, la semaine dernière.

« Je suis originaire d’Allemagne », a expliqué McAllister.

« Les médias ont annoncé que les suspects sont accusés d’avoir espionné des cibles possibles en vue d’attentats terroristes contre des Israéliens et/ou des Juifs, notamment des jardins d’enfants juifs. Ce qui serait profondément gênant ».

Daniel Schwammenthal, directeur de l’Institut transatlantique de l’AJC (American Jewish Committee), a salué les membres du Parlement pour les questions posées aux Iraniens.

Alaeddin Boroujerdi, président de la commission de la sécurité nationale et des affaires étrangères de l’Iran, pendant une conférence de presse après sa rencontre avec le président du parlement syrien à Damas, le 3 août 2016. (Crédit : AFP/Louai Beshara)

« McAllister et plusieurs de ses collègues qui ont également durement critiqué le régime – en particulier en raison de ses menaces envers Israël, son soutien au terrorisme et son déni de l’Holocauste – ont transmis le message crucial à l’Iran que l’Union européenne ne tolérera pas le comportement criminel et néfaste du régime », a dit Schwammenthal.

« Bien trop souvent, les chefs de l’UE échouent à faire cela – à affronter publiquement l’Iran. Ce qui a, de manière prévisible, servi à encourager les agressions de l’Iran ».

Boroujerdi a échoué de manière répétée à répondre aux questions portant sur les complots terroristes présumés de l’Iran en Allemagne et sur le déni de l’Holocauste. Il a néanmoins déclaré au régime européen que « nous (l’Iran) n’acceptons pas le régime sioniste », selon l’AJC.

Boroujerdi devrait participer mercredi à un séminaire sur les relations bilatérales entre l’Iran et l’Union européenne.

Dans une lettre adressée au président du Parlement européen avant la visite de la délégation iranienne, l’AJC avait qualifié l’invitation d’un haut-membre du régime iranien à Bruxelles de troublante au vu de ses antécédents en matière de promotion du terrorisme et de sa participation passée à une conférence organisée en 2014 à Téhéran qui mettait en avant des négationnistes.

Le directeur de l’ADL, Jonathan Greenblatt, avait déclaré qu’inviter Boroujerdi était une manière de « lui accorder une légitimité en tant qu’individu dont les points de vue méritent d’être pris en compte ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...