L’Allemagne proteste contre l’espionnage iranien de cibles liées à Israël
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L’Allemagne proteste contre l’espionnage iranien de cibles liées à Israël

L'envoyé iranien a été convoqué après qu'un agent des Gardiens de la Révolution a été condamné pour avoir pris pour cible un responsable pro-israélien

Des manifestants iraniens tiennent un portrait du général de division Qassem Soleimani, commandant des forces al-Quds des gardiens de la révolution iranienne et une personnalité centrale dans la propagation violente de la révolution iranienne. Photo prise place Azadi à Téhéran le 11 février 2015 (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)
Des manifestants iraniens tiennent un portrait du général de division Qassem Soleimani, commandant des forces al-Quds des gardiens de la révolution iranienne et une personnalité centrale dans la propagation violente de la révolution iranienne. Photo prise place Azadi à Téhéran le 11 février 2015 (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)

Le gouvernement allemand a protesté auprès de l’ambassadeur iranien suite à la condamnation d’un agent iranien qui avait espionné des cibles, notamment un ancien député allemand qui était à la tête d’un groupe d’amitié germano-israélien.

Ce Pakistanais a été condamné à Berlin l’année dernière pour espionnage et a écopé de plus de quatre ans de prison. Parmi ses cibles, Reinhold Robbe, à la tête de l’Association germano-israélienne, et un professeur d’économie franco-israélien.

L’ambassadeur iranien Ali Majedi a été convoqué au ministère des Affaires étrangères juste avant Noël. Après que les médias allemands ont fait état de cette réunion, le ministère a fait savoir mardi qu’il avait été dit à l’envoyé de la République islamique « qu’espionner des gens et des institutions ayant une relation particulière avec l’Etat d’Israël sur le sol allemand est une violation flagrante de la loi allemande ».

Il a été dit à l’ambassadeur que de telles activités ne seraient plus tolérées.

Au mois de mars 2017, Mustufa Haidar Syed-Naqfi, 31 ans, avait été condamné à quatre ans et trois mois de prison « pour avoir travaillé pour un service étranger de renseignement ».

Des manifestants iraniens tiennent un portrait du général de division Qassem Soleimani, commandant des forces al-Quds des gardiens de la révolution iranienne et une personnalité centrale dans la propagation violente de la révolution iranienne. Photo prise place Azadi à Téhéran le 11 février 2015 (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)

Les médias allemands avaient rapporté pendant le procès que les agences locales de sécurité pensaient que Robbe pouvait être envisagé par Téhéran comme la cible possible d’un assassinat en représailles d’une opération israélienne menée contre des structures nucléaires au sein de la république islamique.

Le tribunal avait établi qu’il avait mené des travaux d’espionnage « contre l’Allemagne et un autre membre de l’OTAN », la France, pour le compte de la force al-Quds, l’aile des opérations étrangères des Gardiens de la Révolution, une unité d’élite.

Syed-Naqfi avait fait collecter des informations sur des cibles d’attaques possibles liées à Israël. Les enquêteurs avaient trouvé des dossiers détaillés sur les hommes concernés et leur quotidien, agrémentés de centaines de photos et de vidéos.

Il avait été précisé à la cour que ces dossiers apportaient des détails sur les domiciles et les lieux de travail des cibles, les itinéraires permettant de s’y rendre et qu’ils contenaient des informations sur les agents de sécurité, les caméras de surveillance et les commissariats voisins.

Les services avaient alors soupçonné que la force al-Quds se préparait pour un conflit futur possible contre les Etats-Unis et Israël au cours duquel elle frapperait des cibles en Europe dans le cadre d’une « guerre asymétrique ».

Syed-Naqfi, né à Karachi, était arrivé pour faire des études en Allemagne en 2012 et vivait dans la ville occidentale de Bremen au moment des faits.

L’accusé s’était rendu en Iran à au moins deux occasions, en octobre 2015 et en février 2016 et avait reçu au moins 2 052 euros pour ses activités de renseignement.

Il avait été arrêté au mois de juillet 2016 mais a refusé de témoigner au cours du procès – « par peur », selon son avocat.

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