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Une délégation israélienne à Doha pour négocier sur la proposition du Hamas

Biden félicite Netanyahu pour ses efforts pour conclure l'accord ; David Barnea, chef du Mossad, dirige l'équipe de négociation à Doha ; Gallant : un accord "plus proche que jamais"

Des activistes organisent une manifestation appelant à la libération des otages détenus à Gaza, devant le siège du ministère de la Défense à Tel Aviv, le 4 juillet 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des activistes organisent une manifestation appelant à la libération des otages détenus à Gaza, devant le siège du ministère de la Défense à Tel Aviv, le 4 juillet 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le cabinet de sécurité s’est réuni jeudi soir et a approuvé l’envoi d’une délégation israélienne pour reprendre les négociations en vue de la libération des otages et d’un cessez-le-feu, un jour après que le groupe terroriste palestinien du Hamas a présenté ses derniers amendements à l’accord actuellement sur la table.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a informé le président américain Joe Biden de la décision d’envoyer des négociateurs aux pourparlers lors d’un appel téléphonique entre les deux dirigeants jeudi.

Lors d’une réunion avec ses négociateurs avant la décision, Netanyahu « a souligné une fois de plus que la guerre ne prendra fin que lorsque tous les objectifs auront été atteints, et pas une minute plus tôt », selon un responsable israélien.

Lors de son appel avec Biden, Netanyahu a réitéré son engagement envers les objectifs de guerre d’Israël, selon le compte-rendu israélien. Selon celui publié par la Maison Blanche, Biden a salué « la décision du Premier ministre d’autoriser ses négociateurs à entamer des discussions avec les médiateurs américains, qataris et égyptiens en vue de conclure l’accord ».

L’équipe israélienne de négociation des otages, dirigée par le chef du Mossad David Barnea, se rendra au Qatar pour rencontrer des médiateurs, a déclaré un responsable israélien au Times of Israel.

Barnea rencontrera le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman Al Thani vendredi pour tenter de rapprocher les parties sur la proposition de libération d’otages et d’accord de cessez-le-feu actualisée soumise par le Hamas mercredi, a déclaré le responsable israélien.

Le chef du Mossad, David Barnea, lors d’une cérémonie de Yom HaZikaron au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 mai 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

La réunion du cabinet de sécurité de jeudi soir devait porter sur la position d’Israël dans les négociations indirectes. De hauts responsables israéliens, dont le ministre de la Défense Yoav Gallant, ont exprimé leur optimisme quant aux chances de parvenir à un accord jeudi.

Un article paru sur le site d’information Ynet cite des responsables de la Sécurité qui suggèrent que Netanyahu lui-même serait favorable à un accord, mais qu’il craint que les éléments d’extrême droite de son gouvernement, notamment le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ne tentent de torpiller tout accord.

Une source anonyme au sein de l’équipe de négociation israélienne a confié à Reuters jeudi soir que la dernière proposition du Hamas « comportait une avancée très significative ».

« Elle peut être utilisée pour faire avancer les négociations. Il s’agit d’un accord qui a de réelles chances d’être concrétisé », a déclaré une source anonyme au sein de l’équipe de négociation israélienne. « Même si les clauses ne sont pas simples, elles ne devraient pas faire échouer l’accord », a ajouté le responsable.

Un haut représentant américain a indiqué aux journalistes lors d’une conférence téléphonique jeudi que le Hamas avait considérablement modifié sa position, exprimant l’espoir que cela conduise à un accord qui serait un pas en avant vers un cessez-le-feu permanent.

« Il y a eu une véritable percée », a déclaré le responsable, ajoutant qu’il restait des questions en suspens concernant la mise en œuvre de l’accord et qu’il ne fallait pas s’attendre à un accord en l’espace de quelques jours.

Le responsable américain a précisé que Biden avait été rassuré par le fait que Netanyahu avait autorisé son équipe à se joindre aux pourparlers. L’appel a duré 30 minutes et les deux dirigeants ont profité de l’occasion pour examiner le projet d’accord sur la table, a-t-il ajouté.

« Il y a là une ouverture assez importante, et nous saluons la volonté du Premier ministre d’essayer de saisir cette ouverture en autorisant son équipe de négociation à s’engager directement » à Doha dans les jours à venir, a déclaré le fonctionnaire.

La version actuelle de l’accord en jeu est basée sur une proposition rendue publique à la fin du mois de mai dans un discours de Biden, construite sur un schéma – soumis par Israël – à long terme en trois étapes qui conduirait à terme à la fin de la guerre et à la libération de tous les otages.

Plus de six mois de négociations menées par des médiateurs, dont les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, ont échoué à plusieurs reprises à aboutir à un accord permettant la libération des 116 otages enlevés le 7 octobre et qui seraient toujours captifs à Gaza, en échange d’une trêve des combats et de la libération de centaines de prisonniers sécuritaires palestiniens.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant au siège du Commandement du nord de Tsahal à Safed, le 28 juillet 2024. (Crédit : Shachar Yurman/Defense Ministry)

Selon le journal télévisé de la Douzième chaîne, Gallant aurait déclaré mercredi aux familles des otages détenus par le Hamas à Gaza qu’Israël est « plus proche que jamais » de conclure un accord pour obtenir leur libération.

« Il y a un mois, j’étais pessimiste quant à nos chances de parvenir à un accord dans un avenir proche. L’un des principaux objectifs de toutes mes réunions aux États-Unis a été de faire pression sur le Hamas pour parvenir à un accord, sachant qu’il n’y aurait pas de meilleur accord », a indiqué Gallant. « Aujourd’hui, et je le dis avec prudence, nous en sommes plus proches que jamais ».

Un haut responsable israélien a indiqué mercredi que la dernière réponse du Hamas était suffisamment positive pour permettre aux négociations d’avancer après plusieurs semaines d’impasse.

Selon le même responsable israélien, l’offre révisée du Hamas permettrait aux deux parties de se rapprocher d’une résolution sur les clauses 8 et 14 de la proposition israélienne. La clause 8 de l’accord sur la libération des otages concerne les négociations entre Israël et le Hamas qui auraient lieu pendant les six semaines de la première phase de l’accord. La clause 14 traite de la transition entre la première et la deuxième phase de l’accord.

Israël a veillé à ce que la formulation de ces deux clauses reste suffisamment vague pour lui permettre de reprendre les combats contre le Hamas à Gaza s’il le souhaite, alors que le Hamas veut s’assurer qu’Israël ne pourra plus reprendre les combats une fois que les parties se seront mises d’accord sur la phase initiale de six semaines de l’accord.

Le haut fonctionnaire israélien a souligné qu’il restait d’importantes lacunes à combler avant qu’un accord puisse être conclu, malgré la réponse relativement positive du Hamas.

Pour sa part, le haut responsable de l’administration Biden qui a informé les journalistes de l’appel entre Biden et Netanyahu a déclaré que la dernière réponse du Hamas abordait certaines des divergences entre les parties sur la transition entre la première phase du cessez-le-feu temporaire et la deuxième phase du cessez-le-feu permanent.

Le responsable américain a reconnu que le Hamas avait tenté d’obtenir un accord de cessez-le-feu en une seule phase qui aurait laissé le groupe terroriste au pouvoir, ce qu’Israël a refusé. Le Hamas est désormais plus proche d’accepter le cadre en trois phases que les médiateurs tentent depuis longtemps de faire avancer, a expliqué le fonctionnaire, indiquant que la structure en phases pourrait se traduire par l’impossibilité pour le groupe terroriste de rester au pouvoir dans la bande de Gaza.

Au cours de la première phase de l’accord, qui prévoit une trêve temporaire de six semaines, les parties négocieront les conditions de la deuxième phase, qui prévoit un cessez-le-feu permanent. Ces conditions devraient inclure la mise en place d’un organe de gouvernement temporaire à Gaza, auquel le Hamas ne peut participer, comme l’ont spécifié les États-Unis.

Les troupes israéliennes opérant dans la bande de Gaza sur une photo non datée publiée le 4 juillet 2024. (Crédit : armée israélienne)

Le Hamas a confirmé mercredi soir qu’il avait soumis ses dernières demandes, et a publié un communiqué dans lequel il se dit « désireux de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre » et assure que « notre communication avec les médiateurs se poursuit ».

« Nous avons échangé quelques idées avec les médiateurs dans le but de mettre fin à la guerre et de parvenir à un retrait total [de Tsahal] de la bande de Gaza », a déclaré le groupe terroriste, affirmant qu’il se montrait flexible dans ses exigences, contrairement à Israël qui « essaie de ruser et de se défiler ».

Dans un communiqué ultérieur, le Hamas a déclaré que le chef de son aile politique, Ismail Haniyeh, basé au Qatar, s’était entretenu avec des médiateurs au Qatar et en Égypte au sujet des idées avancées. Il a ajouté que des discussions avaient également été tenues avec des responsables turcs au sujet des récents développements.

« Le mouvement a examiné dans un esprit positif le contenu des délibérations en cours », a indiqué le communiqué.

Malgré tout, jeudi, le porte-parole du Hamas au Liban, Ahmed Abdel Hadi, a déclaré à la chaîne d’information satellitaire libanaise pro-Hezbollah al Mayadeen que « Netanyahu ne veut pas de cessez-le-feu. »

« Nous ne faisons confiance ni à Netanyahu ni à l’administration américaine. Nous croyons en la résistance, en notre peuple et aux fronts de soutien », une référence à d’autres groupes terroristes soutenus par l’Iran, notamment le Hezbollah au Liban.

 »  Nous avons observé des contradictions dans les propos de Netanyahu, et cela confirme qu’il n’est pas sérieux dans sa volonté de parvenir à un accord. »

Il a indiqué que le Hamas « agit objectivement » et s’est engagé à « continuer sur la voie de la résistance si un accord n’est pas conclu, et si un accord est conclu, c’est une excellente chose ».

« Les médiateurs nous ont dit que l’atmosphère était positive et qu’un accord était possible », a-t-il ajouté.

Des manifestants près de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem appellent à des élections anticipées, le 4 juillet 2024. (Crédit : Mouvement pro-démocratique/Marcelo Sznaidman)

Lors de l’assaut meurtrier du 7 octobre, le Hamas et d’autres terroristes ont enlevé 251 personnes en Israël, dont certaines étaient déjà mortes, pour les emmener dans la bande de Gaza. Tsahal a confirmé qu’au moins 42 des 116 personnes encore détenues dans la bande de Gaza ne sont plus en vie.

En neuf mois, 109 otages ont été libérés, sept ont été secourus par Tsahal et les restes de 19 personnes ont été récupérés par l’armée dans la bande de Gaza, dont trois qui avaient été tuées par erreur par les troupes.

Le débat interne en Israël sur la question de savoir s’il faut donner la priorité au retour des otages ou à la poursuite des combats contre le Hamas s’est intensifié ces derniers mois, avec des manifestations de masse de plus en plus enflammées à travers le pays, exigeant que Netanyahu parvienne à un accord.

Des milliers de manifestants exigeant un accord sur la libération des otages ont marché jusqu’à la résidence du Premier ministre à Jérusalem jeudi soir, brandissant une grande banderole sur laquelle on pouvait lire « Netanyahu compromet la sécurité d’Israël » et appelant à l’organisation d’une élection pour le remplacer.

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