Une députée de Yamina évoque les menaces contre elle et contre ses enfants
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Une députée de Yamina évoque les menaces contre elle et contre ses enfants

"Je ne me sens pas en sécurité", a déclaré Idit Silman, laissant entendre que le Likud était à l'origine d'une vague de rassemblements devant chez elle

La députée de Yamina Idit Silman s'exprime devant les caméras de la Treizième chaîne dans une interview depuis son domicile, le 8 juin 2021. (Capture d'écran)
La députée de Yamina Idit Silman s'exprime devant les caméras de la Treizième chaîne dans une interview depuis son domicile, le 8 juin 2021. (Capture d'écran)

La députée de Yamina, Idit Silman, a évoqué lundi soir la série de menaces et de tentatives d’intimidation qu’elle doit affronter depuis que sa formation a décidé d’intégrer une coalition rassemblant des partis de gauche, du centre, de droite et arabe islamiste. Elle a confié que des individus avaient menacé de « l’abattre » et que son fils, scolarisé en CM2, avait été arrêté aux abords de son école et qu’il lui avait été dit que sa mère « brûlera en enfer ».

Silman a dit avoir l’impression de vivre un épisode de la série des « Sopranos » et a insinué que des proches du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu finançaient les manifestations quotidiennes aux abords de son habitation et de celles de plusieurs autres législateurs de Yamina.

Silman a demandé, dimanche, à ce que sa sécurité soit renforcée, affirmant qu’elle était prise en chasse par des activistes. Selon la station de radio publique Kan, elle aurait envoyé un message audio dans le groupe WhatsApp de Yamina alors qu’elle se trouvait récemment au volant de sa voiture, affirmant qu’elle était suivie.

« Je ne me sens vraiment pas bien, il y a une voiture qui me suit sur la route », a-t-elle dit au groupe. « Je voudrais vous demander ce que je peux faire, selon vous. Elle me suit depuis que je suis partie de chez moi et où que j’aille, elle reste derrière moi ».

Une voiture avec un haut-parleur sur son toit a également suivi le véhicule de Silman, a annoncé la Douzième chaîne. Elle a aussi finalement déscolarisé ses enfants et la radio militaire a indiqué qu’ils avaient été « suspendus » des mouvements de jeunesse qu’ils fréquentaient.

« J’ai peur qu’en fin de compte, on s’en prenne à moi et à mes enfants », a-t-elle déclaré à la Treizième chaîne, lundi. « J’ai réellement le sentiment qu’il faut que je fasse attention à moi actuellement. Sortir de chez moi, savoir que des voitures vont me suivre, ce n’est pas un sentiment agréable. Il m’est impossible de déposer les enfants le matin… Je ne me sens pas en sécurité », a-t-elle ajouté.

La députée de Yamina Idit Silman arrive pour les négociations de coalition au village des Maccabiades de Ramat Gan, le 2 juin 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Il y a des mouvements de protestation contre moi qui sont financés par des parties extérieures », a continué Silman. « Apporter à manger et des boissons pendant un Shabbat entier pour que les manifestants puissent rester, cela nécessite un budget. Ils viennent en bus et ils ont besoin de dormir quelque part. Je ne sais pas qui a organisé cela et je ne peux pas très précisément montrer du doigt le responsable, mais de manière générale, je vois très bien d’où ça peut venir. »

Donnant un exemple, Silman a raconté qu’un manifestant était venu la voir et lui avait dit : « Je suis vraiment désolé de la douleur que vous et vos enfants devez actuellement traverser, c’est terrible. Mais ne vous inquiétez pas, on vous abattra à la première occasion ».

Elle a également dit avoir reçu un appel téléphonique de son fils, qui est en CM2, lui disant qu’une voiture s’était arrêtée devant lui, à la sortie de l’école, et qu’un individu l’avait interpellé en déclarant : « ta mère est un démon et elle brûlera en enfer ».

« Ce sont des paroles difficiles pour un enfant qui n’est pas impliqué dans ce qu’il se passe, et qui n’a pas choisi de s’y impliquer », a-t-elle commenté. « J’ignore comment je peux envoyer mes enfants à l’école en sachant qu’ils doivent aussi en revenir et ne pas m’inquiéter de ce qui peut se passer là-bas et lors de leur retour ».

Nir Orbach, un autre membre du parti de droite du Premier ministre désigné Naftali Bennett qui a subi d’intenses pressions pour rejoindre le bloc de Netanyahu, a annoncé sur Facebook lundi, avoir bien l’intention de soutenir le « gouvernement du changement » fort de huit factions qui écarterait Netanyahu du pouvoir.

La Garde de la Knesset a décidé dimanche de renforcer la sécurité autour d’Orbach et de Silman.

Des manifestations avaient été organisées devant le domicile d’Orbach, à Petah Tokva, par des partisans de Netanyahu, lui demandant de s’opposer à la coalition naissante.

Le député de Yamina Nir Orbach arrive pour une réunion avec le chef du parti, Naftali Bennett, à Raanana, le 4 juin 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Lundi, le site d’information Arutz Sheva a diffusé un enregistrement d’Orbach semblant justifier la décision de son parti et indiquant qu’il soutiendrait la nouvelle coalition.

Le média a fait savoir que l’enregistrement avait été effectué lors d’une réunion, lundi, entre Orbach et le rabbin Ohad Taharlev, qui soutient le gouvernement naissant. La conversation a été l’occasion d’évoquer les récentes émeutes entre Juifs et Arabes, dans les villes mixtes, au cours desquelles des bandes arabes ont attaqué des Juifs, des commerces juifs et des synagogues. Des Juifs ont pour leur part agressé des Arabes, parfois très violemment.

« Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il était beaucoup plus facile pour moi de soutenir le nouveau gouvernement avant les émeutes parce que pendant, je me trouvais à Akko, à Ramle et à Lod. Des gens qui habitaient à côté de Juifs aidaient les émeutiers en leur montrant où ils vivaient et c’est ça qui était terrifiant », dit Orbach dans la bande audio.

Il prend aussi la défense de l’inclusion dans la coalition du parti islamiste Raam. L’intégration du parti musulman dans la coalition a inclus la promesse de ne pas réprimer les constructions illégales des Bédouins dans le Negev.

« Faire respecter les règles dans la construction, c’est important et nous sommes bien d’accord – mais ce n’est pas comme si on les avait fait respecter jusqu’à aujourd’hui », continue Orbach. « La plus grande partie des accords de coalition porte sur des budgets, sur la capacité des Arabes israéliens à faire valoir leurs droits en tant que citoyens – quelque chose que tout le monde soutient ici, en l’occurrence ».

De son côté, le secrétariat du Likud a approuvé, lundi, une motion visant à réserver trois places vides sur la liste électorale qui sera présentée lors du prochain scrutin pour inciter les membres de Yamina et de Tikva Hadasha, un autre parti de droite qui rejoint la coalition, à s’opposer au gouvernement proposé.

Bennett aurait l’intention de confier à Orbach un poste éminent au sein du gouvernement. Certaines informations laissent entendre qu’il pourrait être nommé ministre des Implantations.

Silman, de son côté, pourrait être désignée cheffe de la coalition – un poste qui sera difficile à assumer dans cette coalition d’une diversité sans précédent, et qui ne dispose que de la majorité parlementaire la plus mince possible, ont déclaré des sources politiques à Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Silman pourrait obtenir cette fonction parce qu’elle entretient de bonnes relations avec les membres de tous les partis, notamment avec les membres de Raam, ont ajouté les sources.

Une seule femme, jusqu’à présent, avait été cheffe de la coalition dans toute l’Histoire d’Israël – Sarah Doron du Likud, en 1988.

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