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Une loi sur l’auto-financement des campagnes à la commission des Lois

Ce texte, avancé par le député Likud David Amsalem, viserait à restreindre les ambitions politiques d'un autre élu Likud, Nir Barkat

Le député du Likud Nir Barkat  en séance plénière de la Knesset, le 27 décembre 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)
Le député du Likud Nir Barkat en séance plénière de la Knesset, le 27 décembre 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Une proposition de loi qui empêcherait les responsables publics d’utiliser leur fortune personnelle pour financer des campagnes politiques a été présentée lundi devant la commission des Lois.

Ce texte, avancé par le député du Likud David Amsalem, a été surnommé « la loi Barkat ». Il aurait ainsi été conçu pour décourager les tentatives de Nir Barkat, député du Likud – dont la fortune s’élèverait, selon les estimations, à environ 500 millions de shekels – de potentiellement prendre le contrôle du parti des mains de Benjamin Netanyahu.

La législation limiterait les dons que peuvent faire un responsable public et sa famille à une campagne politique à 100 000 shekels par an. La commission ministérielle, présidée par le ministre de la Justice Gideon Saar (Tikva Hadasha), a soutenu cette proposition et elle a recommandé qu’une commission de la coalition soit établie pour l’examiner davantage.

La proposition, dans un texte d’explication, vise à assurer « l’égalité, l’intégrité et à empêcher l’acquisition financière du pouvoir », et son objectif serait d’empêcher les politiciens « de pouvoir s’appuyer sur leur fortune et de minimiser l’impact que peut avoir l’argent sur les responsables élus ».

« Parfois, la campagne d’un riche candidat ne permet pas à des candidats de qualité – qui ne sont pas personnellement riches – d’être élus et de représenter le secteur dont ils proviennent », dit le texte. « Des limites doivent donc être placées sur l’utilisation des fonds privés par les responsables et les candidats à la Knesset, de façon à garantir que ce ne seront pas seulement ceux qui disposent par ailleurs de richesses personnelles qui seront représentés dans la démocratie israélienne. »

Barkat, ancien maire de Jérusalem, cherche depuis longtemps à se positionner comme le successeur de Netanyahu – entraînant l’indignation des loyalistes qui restent fidèles à l’ancien Premier ministre. Le député du Likud a déclaré, lundi, que le projet de loi révélait combien ses opposants avaient peur.

Le député du Likud David Amsalem, à droite, à la Knesset, le 27 décembre 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

« Ils ont peur, ils ont peur », a-t-il dit dans un message filmé à la Knesset qu’il a ensuite partagé sur les réseaux sociaux. « Et ils savent pourquoi. Un groupe de magouilleurs, d’affairistes qui se sont rassemblés pour essayer de m’arrêter ».

Barkat a indiqué que l’initiative prise ne l’inquiétait pas parce que « malgré ce qu’ils disent, je travaille pour vous – pour un shekel par an ». Le député, qui serait le plus riche de la Knesset, avait refusé d’encaisser un salaire lors de son entrée au Parlement. Lorsqu’il était maire de Jérusalem, son salaire était de un shekel.

Dans un discours prononcé depuis la section de quarantaine du Parlement, le Premier ministre Naftali Bennett – forcé de se présenter par l’opposition – a vivement critiqué le Likud pour ce qu’il a qualifié de « priorités déplacées ».

« L’opposition ne se préoccupe malheureusement pas du fait que nous nous trouvons au beau milieu d’une pandémie avec un variant qui serait le plus contaminant et le plus rapide à se propager de toute l’Histoire de l’humanité », a dit Bennett. « Elle s’affaire avec des dossiers de première importance comme les ‘nouveaux Likudniks‘, la « loi Barkat » et en attaquant verbalement Benny Begin. »

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu en séance plénière de la Knesset, le 27 décembre 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Bennett s’en est aussi pris à Barkat pour ses voyages constants à Washington pour faire pression contre la réouverture du consulat américain de Jérusalem, qui servait aux Palestiniens.

« S’agissant du consulat, je n’ai en général aucune opinion particulière sur les querelles à l’intérieur du Likud », a dit Bennett. « Comme on a l’habitude de dire – bonne chance aux deux parties. Mais le député Barkat qui s’efforce, si je comprends bien, de défier Netanyahu, a reçu comme conseil de faire beaucoup de bruit autour de la question du consulat de Jérusalem ».

« Aller à Washington, revenir de Washington, rassembler les forces, c’est une grosse affaire », a raillé Bennett. « Vous faites beaucoup de bruit mais ce que vous avez fait a placé Israël dans une plus mauvaise position ».

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