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Une note officielle s’interroge sur la légalité de la campagne de Meyer Habib

Selon le Canard enchainé, le député réélu aurait été accusé par la consule de France à Tel Aviv de "pratiques dont la légalité pourrait être questionnable"

Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger (UDI), lors d’une intervention à l’Assemblée nationale concernant le programme nucléaire iranien, le 25 juin 2019. (Crédit : Capture d’écran / La chaine parlementaire / Twitter)
Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger (UDI), lors d’une intervention à l’Assemblée nationale concernant le programme nucléaire iranien, le 25 juin 2019. (Crédit : Capture d’écran / La chaine parlementaire / Twitter)

Dimanche, avec un taux d’abstention record de 86,07 % et seulement 193 voix d’écart, le député sortant Meyer Habib (LR-UDI) a été réélu de justesse au poste de député de la 8e circonscription des Français de l’étranger avec 50,58 % des suffrages exprimés face à la candidate de la majorité présidentielle Déborah Abisror-De Lième, qui a obtenu 49,42 % des votes.

Selon le Canard enchainé, il aurait été accusé par la consule de France à Tel Aviv, Karine Bordier, de « pratiques dont la légalité pourrait être questionnable » dans le cadre du premier tour de l’élection.

La consule mentionne ainsi dans une note un appel téléphonique durant lequel il aurait été demandé à un électeur son identifiant et son mot de passe pour pouvoir voter à sa place via Internet.

Autre accusation : le fait qu’une conseillère municipale « d’une mairie étrangère [Liora Lévy de Netanya] s’ingère dans l’organisation d’élections françaises ».

M. Habib a également été accusé d’avoir mis en place des navettes vers les bureaux de vote, a rapporté le Canard enchainé. « En 2017, le député avait mis en place des bus probablement payés par lui pour permettre aux électeurs d’aller voter », peut-on lire dans la note de la consule. « Ces bus étaient principalement destinés aux communautés religieuses au sein des synagogues qui lui étaient acquises. (…) Il est à attendre à ce qu’il renouvelle cette pratique pour le second tour. »

Interrogé sur ces accusations, Meyer Habib a fait répondre par l’intermédiaire de ses avocats, qui ont menacé le Canard enchainé d’un procès, a rapporté le journal. Ils ont aussi mis en cause l’existence même de la note de la consule.

Sur Twitter, les opposants de Meyer Habib, dont le journaliste Charles Enderlin et l’ancien journaliste Julien Bahloul, l’ont aussi accusé de ne pas respecter le principe de laïcité. Durant sa campagne, le parlementaire s’est en effet affiché aux côtés de rabbins influents, et des affiches de responsables religieux appelant à voter pour lui ont été placardés dans certains quartiers.

« C’est un devoir sacré de voter pour le candidat et ami proche de la communauté juive pratiquante », peut-on lire sur les affiches, qui proposent également la possibilité d’un transport pour les bureaux de vote, comme évoqué par la consule et le Canard enchainé.

Post-élection, certains internautes ont aussi reproché au député réélu d’avoir célébré sa victoire devant le mur Occidental, à Jérusalem.

Vendredi, Habib, en poste depuis 2013, avait dénoncé la fermeture de trois bureaux de vote en Israël, à Ashdod, Beer Sheva et Eilat, et ce malgré la possibilité du vote en ligne.

« Après cette campagne très dure, israélo centrée, avec des accusations de triche et de manipulation de part et d’autre, la perdante envisage de déposer un recours pour contester l’élection de Meyer Habib », a rapporté sur Twitter le journaliste Frédéric Métézeau, correspondant au Moyen-Orient de Radio France. « Le combat de boxe électorale n’est peut-être pas terminé ! »

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