Une photo de Kuntar suscite de rares louanges arabes pour Israël
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Une photo de Kuntar suscite de rares louanges arabes pour Israël

La photo montre le célèbre terroriste bien en chair sortant d'une prison israélienne, à coté de celle d'un prisonier syrien affamé

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Photos côte à côte d'un Syrien émacié dans une prison du régime d'Assad et d'un Samir Kuntar bedonnant quittant une prison israélienne après près de 30 ans, postées sur Facebook en décembre 2015 par le journaliste d'Al-Jazeera Faisal al-Qassem (Facebook)
Photos côte à côte d'un Syrien émacié dans une prison du régime d'Assad et d'un Samir Kuntar bedonnant quittant une prison israélienne après près de 30 ans, postées sur Facebook en décembre 2015 par le journaliste d'Al-Jazeera Faisal al-Qassem (Facebook)

Un post Facebook d’un journaliste arabe comparant la condition misérable des prisonniers syriens avec celle des Palestiniens bien nourris purgeant une peine en Israël est devenu viral, suscitant des éloges surprenantes pour les pratiques israéliennes à travers le monde arabe.
 
Les photos mises côte à côte d’un Syrien émacié dans une prison du régime d’Assad et d’un Samir Kuntar bedonnant quittant une prison israélienne après près de 30 ans ont été publiées par le journaliste d’Al-Jazeera Faisal al-Qassem à la suite de la frappe aérienne attribuée à Israël qui a eliminé samedi le terroriste dans sa maison au Liban.

« Samir Kuntar a quitté une prison israélienne avec un bedaine et un doctorat. À l’autre extrême, voilà comment les Syriens quittent les prisons d’Assad, » lit-on dans le texte accompagnant la photo.

Le Syrien semble affamé et souffrir de malnutrition, à peine capable de tenir sa silhouette osseuse et fixant l’appareil-photo depuis le lit sur lequel il est assis.

Mohamed Jamilaهكذا خرج سمير القنطار من السجون الإسرائيلية وعنده كرش ومعه شهادة دكتوراه، وهكذا يخرج السوريون من سجون آل الأسد.

Posted by ‎الدكتور فيصل القاسم‎ on Sunday, 20 December 2015

La photo de Kuntar est celle de sa libération en 2008 d’une prison israélienne après 29 ans derrière les barreaux pour le meurtre brutal de quatre Israéliens dans une attaque terroriste de 1979 dans la ville de Nahariya dans le nord d’Israël, dans laquelle il avait fracassé la tête d’une fillette de quatre ans avec la crosse de son fusil.

Photo prise le 22 octobre 2008, montrant Samir Kuntar lors d'une interview dans les environs de Beyrouth. A l'arrière-plan on voit un portrait du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (Photo: Joseph Barrak / AFP)
Photo prise le 22 octobre 2008, montrant Samir Kuntar lors d’une interview dans les environs de Beyrouth. A l’arrière-plan on voit un portrait du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei (Photo: Joseph Barrak / AFP)

Il a été libéré dans un échange de prisonniers avec le Hezbollah contre les dépouilles de soldats de Tsahal Eldad Regev et Ehud Goldwasser.

En prison, Kuntar a participé à un programme grâce auquel les prisonniers palestiniens peuvent suivre des cours en ligne de l’Université ouverte d’Israël, et a obtenu une licence en sciences politiques et sociales. Certains médias israéliens prétendent qu’il a aussi également obtenu une maîtrise et un doctorat.

Le journaliste syrien d'Al-Jazeera Faisal al-Qassem  (Photo par محمد الفلسطيني / Wikipedia CC BY-SA 3.0)
Le journaliste syrien d’Al-Jazeera Faisal al-Qassem (Photo par محمد الفلسطيني / Wikipedia CC BY-SA 3.0)

Al-Qassem est un presentateur syrien bien connu qui anime l’émission de débats en direct « The Opposite Direction » sur la chaîne Al-Jazeera.

Connu pour son style provocateur à l’écran, al-Qassem a acquis une certaine notoriété dans le monde arabe avec une page Facebook qui compte 8,7 millions de fans.

Son post de dimanche a déjà été ‘aimé’ plus de 100 000 fois et partagé près de 20 000 fois rien que sur Facebook.

Alors que certains ont réagi avec colère à sa publication, critiquant al-Qassem pour un message apparemment pro-israélien, beaucoup ont réagi avec des louanges sur les conditions de détention en Israël soulignant la nette différence avec de nombreux autres pays du Moyen-Orient.

« On nous enseigne que les prisons israéliennes sont les pires dans le monde, mais en fait, nous savons que les Israéliens sont plus miséricordieux que tous les Arabes », écrit un utilisateur de Facebook en arabe.

« Certains disent que les sionistes sont nos plus grands ennemis, des chiens et des assassins. Mais les Musulmans tuent plus de Musulmans que les Sionistes, » dit un autre.

Israël a commencé à offrir des cours universitaires aux prisonniers au début des années 1990, suite à une grève de la faim de 14 jours de prisonniers palestiniens. Des centaines parmi les quelque 5 000 prisonniers palestiniens détenus aujourd’hui en Israël suivraient des études supérieures, selon un activiste pour les droits des prisonniers.

Orit Adato, qui a été à la tête des Services pénitentiaire israéliens de 2000 à 2003, a déclaré que les criminels emprisonnés dans le monde ont le droit d’étudier, mais pour les prisonniers impliqués dans la violence politique, Israël est particulièrement indulgent.

« Les prisonniers en Israël jouissent de bonnes conditions bien au-delà de tous les autres dans le monde, » dit-elle. « Cela fait partie de l’approche israélienne humaniste selon laquelle même les prisonniers ont des droits. » Les activistes pour les droits des prisonniers disent cependant que conditions sont difficiles, et que les prisonniers ont organisé plusieurs grèves de la faim de masse en signe de protestation.

En 2011, Israël a revu à la baisse les privilèges accordés aux prisonniers palestiniens en réaction au maintien en captivité à Gaza de Gilad Shalit, un soldat israélien enlevé par des Palestiniens cinq ans plus tôt.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article

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