Une photographe « géniale » des années 50/60 en Israël, exposée à titre posthume
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Une photographe « géniale » des années 50/60 en Israël, exposée à titre posthume

Sarah Ayal a pris des photos dans le cadre de son travail gouvernemental, mais ne les a jamais exposées, avant que sa petite-fille ne s'y emploie

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

  • Assises et bavardant au bord de la mer, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'en juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
    Assises et bavardant au bord de la mer, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'en juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
  • Vendeur de journaux sur le boulevard Dizengoff, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'en juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
    Vendeur de journaux sur le boulevard Dizengoff, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'en juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
  • Une fille et ses bananes, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'à juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
    Une fille et ses bananes, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'à juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
  • Des garçons avec leur loulav pendant la fête de Souccot, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'à juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)
    Des garçons avec leur loulav pendant la fête de Souccot, de l'exposition "Emerging from the Shadows" à Beit Avi Chai, jusqu'à juin 2020. (Avec l'aimable autorisation de Sarah Ayal)

Il faut remonter plusieurs fois dans le temps pour admirer les photos en noir et blanc de l’appareil photo de Sarah Ayal, aujourd’hui exposées au centre culturel Beit Avi Chai à Jérusalem.

L’exposition, “Emerging from the Shadows » (Sortir de l’ombre), qui a ouvert ses portes le 19 décembre et se terminera en juin 2020, reflète le regard attentif de Sarah Ayal, qui a pris ces photos dans le cadre de son travail de photographe pour le service de sécurité israélien.

Parallèlement à son emploi, elle a capturé des images d’Israël et des Israéliens dans les années 1950 et 1960, immortalisant les moments emblématiques des journées ordinaires et comme des jours des fêtes, des visages connus et anonymes dans leur vie quotidienne.

C’est sa petite-fille qui a réalisé cette exposition posthume à Beit Avi Chai, après que des membres de sa famille ont découvert la collection de 4 000 négatifs enfouis dans un sous-sol.

« Il y avait des trésors étonnants dans cette collection », commente Amihai Hasson, le conservateur de l’exposition, qui a passé au crible les photos pendant des mois, en choisissant 60 pour l’exposition et 100 autres pour le catalogue.

Sarah Ayal, la photographe dont la collection de 4 000 photos a été sélectionnée par Beit Avi Chai pour une exposition qui a ouvert le 19 décembre 2019. (Avec l’aimable autorisation de Beit Avi Chai)

C’est la première fois que les photos sont présentées, et l’exposition est ouverte gratuitement au public à la demande de la famille.

Les clichés décrivent une succession de moments idylliques, historiques et mondains que Sarah Ayal a capturés, souvent à l’insu des sujets.

Célébration de Yom HaAtsmaout sur ce qui deviendra la place Rabin de Tel Aviv dans les années 1960, dans le cadre de l’exposition « Emerging from the Shadows » à Beit Avi Chai. (Avec l’aimable autorisation de Sarah Ayal)

On y trouve des images illustrant la nouvelle année juive israélienne, notamment la cérémonie du tashlich à la plage pour Rosh HaShana, l’achat de skhakh pour Souccot et la célébration de Yom HaAtsmaout sur la place Rabin, alors qu’elle était encore recouverte d’herbe.

Les photographies sont un mélange de petits et de grands formats, et le commissaire de l’exposition, Dov Abramson, a placé les petites photos dans des cadres sur une étagère, permettant aux spectateurs de se pencher et d’examiner les images capturées.

« Elle avait l’habitude de prendre des photos de personnes qui ignoraient sa présence », indique Amihai Hasson.

Elle avait également le sens de l’histoire en cours. Il y a un cliché de deux hommes couvrant les phares d’une voiture, suivant les ordres de l’armée, et un autre de Menachem Begin et Anouar Sadate dans les moments précédant la signature du traité de paix historique de 1979 entre Israël et l’Égypte.

D’autres sont plus difficiles à identifier, qu’il s’agisse d’une réunion de parlementaires à l’ancienne Knesset, dans la rue King George, ou d’une paroi rocheuse utilisée par les enfants pour plonger et sauter dans la Méditerranée. Pour celle qui suit, l’on ne sait pas si elle se trouve à Akko ou à Jaffa.

La sieste, extrait de « Emerging from the Shadows », une exposition de photographies à Beit Avi Chai, jusqu’en juin 2020. (Avec l’aimable autorisation de Sarah Ayal)

« Elle raconte des histoires entières dans ses photos », s’enthousiasme le commissaire de l’exposition, « et ses compositions semblent accidentelles, mais elles sont soigneusement étudiées. Elle nous fait entrer dans son monde ».

Les photos constituent également un récit d’un Israël qui a pratiquement disparu, bien que pas entièrement, et cela offre un regard impartial sur ce qu’il était autrefois.

« C’est une histoire qui nous interpelle », indique David Rozenson, le directeur général de Beit Avi Chai. « Son histoire a pris vie alors qu’elle aurait pu rester confinée dans ce sous-sol ».

Les visiteurs sont invités à se rendre à Beit Avi Chai et à visiter l’exposition dans le hall d’entrée. Consultez le site web de Beit Avi Chai pour obtenir des informations sur les visites guidées de l’exposition.

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