Une possible grève pourrait geler les constructions dans les implantations
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Une possible grève pourrait geler les constructions dans les implantations

Des responsables d’un mouvement d’implantation en appellent au gouvernement pour intervenir auprès de l'Administration civile

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Construction dans l'implantation d'Ariel, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 25 janvier 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Construction dans l'implantation d'Ariel, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 25 janvier 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les responsables du mouvement de l’implantation ont appelé des ministres du gouvernement à agir mercredi pour empêcher une grève par les employés d’un organisme clé du ministère de la Défense qui menace de retarder la construction de milliers de maisons dans des implantations en Cisjordanie.

Lundi, des employés de l’Administration civile, qui dirige actuellement les affaires courantes en Cisjordanie, ont annoncé qu’ils allaient arrêter la grande majorité de leurs activités à partir de dimanche prochain en protestation contre ce que les employés considèrent être un refus du Ministère des Finances de répondre à leurs besoins basiques pour améliorer leurs conditions d’emploi.

Le président du conseil de Yesha, Hananel Dorani, a envoyé une lettre urgente au Premier ministre Benjamin Netanyahu, au ministre de la Défense Avidgor Liberman et au ministre des Finances Moshe Kahlon pour empêcher le « gel pratique de la construction » des maisons d’implantations qui avait déjà été approuvé au niveau politique.

« Nous demandons que vous engagiez un travail de médiation avec les parties concernées et que vous agissiez pour restaurer le fonctionnement complet de l’Administration civile », a écrit Dorani, déclarant qu’un délai dans la construction créerait un « engorgement » qui prendrait des années à récupérer.

Hananel Dorani assiste à une conférence de presse à la tente de protestation des habitants de Beit El devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem le 25 juin 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

Parmi la vingtaine de domaines d’activités qui seront arrêtés à cause de la grève, on trouve le développement de la construction pour des milliers de maisons au-delà de la Ligne verte, la délivrance de permis d’entrée et de travail pour des Palestiniens en Israël et en Cisjordanie, et l’évacuation du village bédouin de Khan al-Ahmar, qui doit être démoli.

Une grève similaire avait été lancée en mars sur les mêmes revendications de employés, mais le président du comité des employés de l’Administration civile Benny Elbaz a déclaré au Times of Israel que le ministère des Finances avait promis qu’il proposerait plusieurs mesures pour améliorer les conditions de travail dans les trois mois suivants si les employés étaient d’accord pour retourner au travail à pleine capacité.

Elbaz a affirmé qu’aucune amélioration n’a été proposée, ce qui a conduit son comité – avec le soutien de syndicat Histadrout – à annoncer une nouvelle grève.

De leur côté, des représentants du ministère des Finances ont expliqué que les membres du personnel de l’Administration civile gagnent déjà 30 ou 40 % de plus que les autres employés vu qu’ils travaillent au-delà de la Ligne verte, dans des conditions parfois hostiles.

Des employés du gouvernement ont aussi reçu une augmentation de salaires le mois dernier.

Pourtant, les employés du ministère de la Défense affirment qu’ils sont très largement en sous-effectif et débordés ; en outre, ils considèrent que les offres du ministère des Finances sont très loin de ce qu’ils avaient demandé.

« Nous en avons marre d’être traités comme une organisation inférieure », a déclaré Elbaz.

Travaux dans le nouveau quartier de l’implantation de Maale Amos, en Cisjordanie, le 18 juin 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Yossi Dagan, le président du Conseil Régional de Samarie, a affirmé que les plus 10 000 logements approuvés seraient retardés à cause de la grève de l’Administration Civile.

« Comme si ce n’était pas suffisant que chaque maison en Judée et Samarie (Cisjordanie) ait besoin de quatre permis différents de la part de l’échelon politique, maintenant les résidents sont aussi devenus des otages dans un conflit entre les employés de l’Administration Civile et du ministère des Finances », a déclaré Dagan dans un communiqué.

Le président du Conseil de Samarie Yossi Dagan s’exprime durant une manifestation contre l’éviction prévue de l’avant-poste d’Amona, devant la Knesset, le 30 janvier 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Nous comprenons la situation difficile des employés de l’Administration Civile et leur besoin de conditions de vie équitables et nous demandons au ministère des Finances de régler le problème afin de ne pas laisser un demi million de personnes sans réponses pendant des semaines », a déclaré le président du conseil régional.

Ce n’est pas la premièrs fois que des contraintes bureaucratiques ont retardé les constructions de milliers de maisons d’implantations après qu’elles ont reçu une approbation politique.

On a commencé les travaux pour seulement 250 maisons d’implantations entre janvier et mars de cette année, selon le Bureau Central des Statistiques, dans ce qui a constitué les chiffres trimestriels les plus bas depuis 2012.

Et cela malgré le fait que plus de 3 000 maisons aient obtenu l’approbation finale pour être construites en 2017.

Cette année-là, Israël a commencé la construction de 2 783 maisons d’implantations, avec une moyenne trimestrielle de presque 700.

Les responsables des implantations ont accusé la lourdeur de la bureaucratie pour le rythme lent de construction en Cisjordanie, où l’armée s’occupe des affaires habituellement réservées aux bureaux du gouvernement. Pourtant, la construction de logements a aussi commencé à diminuer dans la Ligne verte au cours de l’année passée.

Une porte-parole de l’Administration civile a déclaré que les chiffres allaient probablement augmenter au prochain semestre, une fois que plusieurs projets seraient sortis du sol.

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