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Une première pour le Mossad qui nomme une femme directrice des renseignements

C'est également une femme qui occupe le poste de cheffe du bureau de l'Iran ; Bennett a déclaré que "nous sommes entre de bonnes mains"

La nouvelle directrice du renseignement du Mossad, connue sous le nom d'Aleph, est la première femme à occuper ce poste. Sa nomination a été annoncée le 18 août 2022. (Crédit : Porte-parole du ministère de la Défense)
La nouvelle directrice du renseignement du Mossad, connue sous le nom d'Aleph, est la première femme à occuper ce poste. Sa nomination a été annoncée le 18 août 2022. (Crédit : Porte-parole du ministère de la Défense)

Le Mossad a annoncé jeudi qu’une femme avait récemment été nommée au poste supérieur de directrice des renseignements de l’agence. C’est la première fois qu’une femme accède à une telle fonction.

Dans un rare communiqué de presse, l’agence d’espionnage a noté qu’il y a maintenant deux femmes à des postes de haut niveau au sein du Mossad, la seconde occupant déjà un poste clé en tant que cheffe du bureau de l’Iran.

Identifiées uniquement par leurs premières initiales en hébreu, « Aleph » et « Kuf », les deux femmes sont les premières de l’histoire du Mossad à occuper ces postes.

Selon le communiqué du bureau du Premier ministre, Aleph est impliquée dans les services de renseignement depuis une vingtaine d’années.

À son nouveau poste, l’équivalent du chef du renseignement militaire de Tsahal, elle est chargée de la formation du renseignement stratégique au niveau national sur une série de questions, notamment le programme nucléaire iranien, le terrorisme dans le monde et la normalisation avec le monde arabe, a précisé le communiqué.

Elle est également responsable du renseignement dans toutes les opérations du Mossad et gère plusieurs centaines d’employés dans les secteurs de la collecte, de l’analyse et de la recherche des renseignements, a ajouté le communiqué.

S’exprimant lors d’une cérémonie de remise de prix il y a deux mois, Aleph a déclaré : « Je vais utiliser cette tribune distinguée pour appeler les femmes à réaliser leur potentiel et leur influence dans l’établissement de la sécurité, en particulier dans les unités de combat et les unités technologiques, afin de continuer à apposer leur emprunte. »

Kuf, cheffe du bureau de l’Iran, est responsable de la « stratégie de l’organisation contre la menace iranienne sous toutes ses formes » et de la coordination entre les branches opérationnelles, technologiques et de renseignement du Mossad, conjointement avec Tsahal et d’autres branches de sécurité concernées, a indiqué le communiqué.

Naftali Bennett, qui a travaillé en étroite collaboration avec les deux femmes alors qu’il était encore Premier ministre, a fait l’éloge de ces nominations dans une série de tweets jeudi.

David Barnea, chef du Mossad, lors d’une cérémonie marquant son arrivée à la tête de l’agence, le 1er juin 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Bennett a qualifié ces nominations de « grande décision », ajoutant que la semaine dernière, il les avait rencontrées pour une importante réunion de travail et que, comme toujours, il a ressenti qu’ils étaient « entre de bonnes mains ».

Bennett a ajouté que « les deux femmes ont conscience de la grande responsabilité de leur tâche et du développement du Mossad ». « Bonne chance ! », leur a-t-il souhaité.

Malgré son retrait du poste de Premier ministre, Bennett conserve le portefeuille de l’Iran.

Le chef du Mossad, David Barnea, s’est aussi félicité de cette évolution, déclarant que « dès que l’on franchit les portes de l’organisation, l’égalité entre les hommes et les femmes est totale. De nombreuses femmes occupent tous types de rôles dans les opérations, en tant qu’agents et opérateurs d’agents, et sont intégrées au cœur des opérations et du renseignement, avec talent, professionnalisme et vivacité. »

Barnea a encouragé davantage de femmes à rejoindre le Mossad, soulignant que la « porte est toujours ouverte » aux « hommes et aux femmes », et que « tout ce qui compte, c’est leur aptitude au poste ».

« Il est important pour le Mossad, en tant qu’agence de sécurité qui se tient à l’avant-garde des opérations au nom de la sécurité nationale, d’informer les femmes des possibilités illimitées qui s’offrent à elles au sein de l’organisation, et d’être un exemple pour les autres agences de sécurité en ce qui concerne l’intégration des femmes dans des rôles clés », a déclaré Barnea.

Un entrepôt à Shorabad, au sud de Téhéran, où des agents du Mossad ont découvert et extrait des dizaines de milliers de dossiers secrets relatifs au programme d’armement nucléaire de l’Iran. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Avec l’adjointe d’Aleph, désignée par l’initiale hébraïque « Hey », la branche du renseignement du Mossad est désormais dirigée par deux femmes, ce qui, selon le Mossad, est « sans précédent ».

La récente vague de nominations constitue un nouvel apogée pour les femmes au Mossad, près de 30 ans après la nomination d’Aliza Magen au poste de directrice adjointe.

Depuis lors, les femmes ont occupé différents postes au sein de l’organisation secrète, notamment au sein du Forum des chefs de division. Toutefois, jusqu’à présent, aucune femme n’avait occupé un poste de directrice des renseignements ou de cheffe du bureau de l’Iran.

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