Une réunion diplomatique entre Israël et la Russie qui tombe à point nommé
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Une réunion diplomatique entre Israël et la Russie qui tombe à point nommé

Une délégation du Kremlin doit arriver en Israël jeudi, en plein procès en appel de Naama Issachar et un jour après la détention temporaire de 46 Israéliens à Moscou

Des militants appellent à la libération de Naama Issachar, une femme israélienne emprisonnée en Russie pour une affaire liée à la drogue, sur la place Habima à Tel Aviv, le 19 octobre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)
Des militants appellent à la libération de Naama Issachar, une femme israélienne emprisonnée en Russie pour une affaire liée à la drogue, sur la place Habima à Tel Aviv, le 19 octobre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)

Des officiels israéliens vont faire pression en faveur de la libération d’une voyageuse israélo-américaine incarcérée en Russie et aborder le durcissement apparent des restrictions pour les Israéliens qui se rendent dans le pays jeudi, une délégation diplomatique russe devant arriver ce jour en Israël.

Cette rencontre surviendra au lendemain de la détention de dizaines de touristes et professionnels israéliens à leur arrivée dans un aéroport moscovite mercredi. Elle se déroulera également en pleine procédure d’audience par un tribunal russe de la demande d’appel de la condamnation de Naama Issachar, qui a écopé d’une peine de sept ans et demi de prison après la découverte d’une petite quantité de marijuana dans son bagage dans un aéroport de la capitale en avril.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé l’arrivée jeudi de la délégation russe à l’occasion d’une rencontre annuelle et indiqué que les deux parties discuteraient de « questions consulaires ».

Le ministère a assuré qu’il demanderait des « clarifications et des explications » au sujet de la détention de 46 Israéliens, certains pendant six heures, à l’aéroport Domodedovo de Moscou. D’après des médias en hébreu, leur passeport leur a également été confisqué, et aucune justification ne leur a été donnée. Certains passagers ont été interrogés en russe sans traducteur.

Le tarmac de l’aéroport Domodedovo de Moscou. (Crédit : CC BY Andrey Belenko, Flickr)

Cette mesure était destinée à envoyer un « message » à Jérusalem en amont de la rencontre diplomatique jeudi pour discuter de la frustration du Kremlin concernant l’interdiction d’entrée sur le territoire israélien de milliers de citoyens russes chaque année, ont rapporté des médias en hébreu mercredi soir, citant des sources diplomatiques.

L’incident de mercredi soir est survenu après l’interpellation de huit hommes d’affaires à l’aéroport moscovite interpellés et leur renvoi en Israël la semaine dernière, d’après la Douzième chaîne.

Répondant à une demande d’information de la part de journalistes, le ministère russe des Affaires étrangères a pointé le nombre élevé de ses ressortissants ayant été refoulés à l’aéroport Ben Gurion.

Jusqu’à présent en 2019, 5 771 citoyens russes se sont vus refuser l’entrée en Israël, d’après le Kremlin. Ce chiffre est corroboré par les statistiques des services d’immigration israéliens et représente 1 416 cas de plus qu’en 2018.

D’après les services, 30 Israéliens ont été détenus et interdits d’entrée en Russie.

Ces derniers indiquent que ces mesures sont prises au cas par cas et soulignent que des dizaines de milliers de ressortissants russes sont autorisés sur le territoire israélien sans problème chaque année. Une source proche de l’affaire a expliqué à Haaretz que ce sont des demandeurs d’asile et des migrants économiques qui sont surtout refoulés à la frontière. Elle a également ajouté qu’un grand nombre de Russes étaient parvenus à entrer dans le pays et à y rester illégalement.

Dans son communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a également fait savoir qu’il comptait soulever le cas de Naama Issachar lors de ses rencontres de jeudi avec la délégation russe.

Naama Issachar, condamnée à 7,5 ans de prison en Russie pour trafic de drogue présumé, sur une photo non datée. (Autorisation)

Arrêtée en avril, la voyageuse israélo-américaine a été condamnée en octobre à une peine de sept ans et demi de prison pour trafic de drogues après que les autorités ont retrouvé neuf grammes de marijuana dans ses bagages alors qu’elle rentrait d’Inde et s’apprêtait à s’envoler vers Israël. Elle ne comptait pas entrer en Russie pendant sa correspondance.

Une audience d’appel doit avoir lieu dans un tribunal russe jeudi.

Netanyahu revient sur sa promesse de ramener Naama Issachar

S’exprimant mardi lors d’un événement de campagne en vue des primaires du Likud à la fin du mois, Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je ne suis pas un magicien, mais je peux vous assurer une chose : je ramènerai Naama Issachar à la maison ».

Ces propos du Premier ministre ont suscité l’optimisme de la famille de la jeune femme.

Un haut responsable anonyme a confié à la Douzième chaîne que les commentaires du chef du gouvernement étaient une erreur.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion au Kremlin à Moscou, le 27 février 2019. (MAXIM SHEMETOV / POOL / AFP)

« De ce que nous connaissons des Russes, ils n’ont sans doute pas apprécié cette déclaration. Ce n’est pas ainsi que l’on travaille avec les Russes, qui gèrent ce type d’affaire en coulisses et pas devant les médias. L’intégration de ce sujet sensible dans une campagne politique interne n’aide pas », a-t-il expliqué, faisant référence aux primaires du Likud le 26 décembre..

Peu après ces informations, la porte-parole de Netanyahu a publié un communiqué mercredi précisant que le Premier ministre ne voulait pas dire que la libération de l’Israélienne arriverait du jour au lendemain, mais plutôt que « ça prendrait du temps » et qu’il était déterminé à la faire rentrer.

Plus tôt ce mois, Netanyahu a discuté du cas de Naama Issachar avec le président russe Vladimir Poutine lorsque les deux dirigeants ont abordé les questions sécuritaires au Moyen-Orient. Le chef de l’État russe est attendu en Israël en janvier. Il s’agissait du deuxième entretien téléphonique en trois semaines entre Netanyahu et Poutine lors duquel le Premier ministre a demandé à ce que la jeune femme soit graciée.

Cette conversation a eu lieu le même jour que la rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays à Rome, lors de laquelle Israel Katz a également abordé le cas de Naama Issachar avec son homologue.

Moscou a indiqué que le président russe examinerait la demande.

La Russie avait tenté d’échanger la touriste incarcérée contre le pirate russe Aleksey Burkov, mais les autorités israéliennes avaient refusé par peur d’un précédent. L’État juif a extradé Burkov vers les États-Unis, où il est recherché pour des faits de fraude à la carte de crédit qui lui aurait permis de voler des millions de dollars à des consommateurs américains.

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