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Une semaine après Pittsburgh, le réseau d’extrême droite de retour sur la Toile

Robert Bowers était un utilisateur de Gab, plébiscité par les néo-nazis et suprématistes blancs et qui s'est vu évincé par la plupart des fournisseurs de domaine

Un mémorial de fortune devant la synagogue Tree of Life à la suite d'une fusillade meurtrière à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 29 octobre 2018. (Crédit : Matt Rourke/AP)
Un mémorial de fortune devant la synagogue Tree of Life à la suite d'une fusillade meurtrière à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 29 octobre 2018. (Crédit : Matt Rourke/AP)

Gab, un site web plébiscité par les racistes et qui était fréquenté par le tireur de la synagogue de Pittsburgh, est de nouveau en ligne, moins d’une semaine après que le massacre en Pennsylvanie ne débouche sur la fermeture du site.

Deux jours après les meurtres du 27 octobre perpétrés à la synagogue Tree of Life de Squirell Hill, Gab indiquait que la société lui fournissant l’accès à Internet, mettait fin à son contrat ajoutant qu’il cherchait un nouvel hébergeur.

Dimanche, le fournisseur de domaine Epik, basé à Seattle, a accepté d’héberger le site, et Gab était de nouveau en ligne.

Parmi les utilisateurs, le suprématiste blanc Chris Cantwell, qui s’est rendu célèbre par un documentaire sur les violents affrontements entre néo-nazis et anti-néonazis à Charlottesville en 2017, a célébré le retour en ligne de la plate-forme.

« Salut les Juifs ! Nous sommes de retour sur Gab maintenant ! », a-t-il écrit, cité par Talking Points Memo. « Rapidement, le citoyen moyen va s’apercevoir que nous n’aurions pas eu ces problèmes si vous n’étiez pas là. »

Robert Bowers, le tireur accusé de la mort de 11 fidèles juifs, utilisait ce réseau et y aurait publié un message avant de commettre le massacre.

Archive d’une page web du message publié par Rober Bowers sur le réseau social Gab avant de se rendre à la synagogue de Pittsburgh commettre un massacre, le 27 octobre 2018. (Crédit : AP)

Selon la Ligue Anti-Diffamation (ADL), l’écrasante majorité des messages publiés par Bowers était de nature antisémite. Il écrivait, entre autres, que « les Juifs étaient les enfants de Satan », parlait d’une « infestation de youpins » et de « juifs diaboliques ».

Sa photo était accompagnée du nombre 1488, un symbole nazi qui fait référence au slogan suprématiste blanc appelé « 14 mots » et 88, qui est un code pour signifier « Heil Hitler ».

Créé il y a deux ans comme un espace d’échange pour l’extrême-droite, qui était prise pour cible sur les plate-formes classiques, Gab a rapidement gagné en popularité. Mais le site n’était pas seulement un lieu de discussion idéologique. Certains affirment que les menaces violentes et la haine virulente étaient un thème récurrent dans les publications.

Gab a été fondé par Andrew Torba en août 2016, en réponse à ce qu’il percevait être de la censure de la part des utilisateurs de droite sur certains réseaux sociaux. Ils étaient régulièrement bannis de certaines plate-formes pour leur discours antisémite ou pour harcèlement.

Robert Monster, le PDG d’Epik, a défendu sa décision d’héberger Gab en disant qu’il croyait en la vision de Torba sur la censure.

« Bien que ma décision d’accepter cet hébergement n’ait pas été prise à la légère, je suis impatient de m’associer à un jeune PDG, autrefois effronté, qui est courageusement actif dans quelque chose qui a l’air utile », a-t-il écrit.

Parmi ceux qui fréquentent Gab, figurent Milo Yiannopoulos, l’ancien provocateur de Breitbart News (fondé par l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon), qui a été banni de Twitter après avoir appelé ses followers à harceler la comédienne afro-américaine Leslie Jones, et Andrew Anglin, le jeune fondateur du site néo-nazi, The Daily Stormer.

Andrew Anglin, qui dirige le site Internet néo-nazi The Daily Stormer, portant un chapeau pro-Donald Trump après avoir approuvé le leader républicain (Crédit : Wikipedia / BFG101 / CC BY SA-4.0)

Apple et Google ont refusé d’héberger l’application de Gab, en raison de son contenu haineux.

Pendant que le site était inaccessible, les internautes tombaient sur un message de Torba, dans lequel il disait qu’il avait fourni au département de la Justice et au FBI des informations sur « un terroriste présumé ».

« Au milieu de tout ça, Gab a été rejeté par les principaux fournisseurs d’accès à Internet, à tous les niveaux », indiquait le message. « Nous sommes la start-up la plus censurée, la plus souillée et la plus rejetée de l’histoire, ce qui signifie que nous représentons une menace pour les médias et l’oligarchie de la Silicon Valley. »

Le nouveau logo de Gab comprendra une colombe en hommage aux victimes et à leurs familles, selon Torba.

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