Une start-up de cannabis médical récolte les avantages de l’herbe, sans en fumer
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Une start-up de cannabis médical récolte les avantages de l’herbe, sans en fumer

La société utilise un procédé qui préserve toutes les propriétés de la plante qui sont autrement perdues lors de son extraction

Illustration : une cgarette de cannabis. (Crédit :
Tunatura; iStock by Getty Images)
Illustration : une cgarette de cannabis. (Crédit : Tunatura; iStock by Getty Images)

En fumant une feuille de cannabis, les usagers profitent de toutes ses propriétés – l’arôme et toute la gamme de cannabinoïdes présente dans l’herbe.

En inhalant, l’impact va directement dans le cerveau. Mais en extrayant les composants de la plante pour fabriquer des produits à base de cannabis, comme des huiles, des crèmes, de la nourriture et des boissons, on perd certaines propriétés en raison des procédés d’extraction qui utilisent de l’alcool ou du CO₂.

La start-up de cannabis médical Curo tente donc de limiter ces pertes.

L’entreprise située à Omer, en Israël, a mis au point une nouvelle méthode, en utilisant un procédé d’extraction algorithmique qui manipule la température, qui est capable d’extraire tous les cannabinoïdes, les terpènes (une grande classe de composés organiques) et les matières à base d’eau qui se trouvent dans la plante. Ceux-ci offrent toute la gamme de propriétés, exactement comme lorsque l’herbe est fumée.

Le professeur Zvi Bentwich, à gauche et Meir Alboher de Curo, une start-up de cannabis médical. (Crédit : Itay Barnea)

« Notre nouvelle méthode d’extraction et d’exploitation permet l’utilisation optimale de la plante », a déclaré le professeur Zvi Bentwich, cofondateur et président de Curo, dans une interview.

« Nous sommes en mesure de prendre tous les ingrédients que l’on obtient en fumant et de créer un produit qui peut être ingéré sous la forme d’une pilule ou d’une languette à placer sous la langue. Grâce à la nouvelle méthode d’extraction, les principes actifs dans l’herbe sont absorbés directement dans le cerveau sans passer par le système digestif. »

La nouvelle formule, dit-il, « reflète mieux les effets combinés de l’herbe » et c’est en cela qu’elle a un « énorme potentiel ».

Cette méthode permet aux médecins de décider ou non d’utiliser l’extrait de mauvaises herbes avec le composant tétrahydrocannabinol (THC), ce qui donne aux utilisateurs le « high ». Dans de nombreuses indications médicales, un certain degré de THC est nécessaire.

Des échantillon des languettes de cannabis fabriquées par la start-up CURO. (Autorisation)

Bentwich a travaillé sur le projet avec le Dr Joseph Maloul, un mathématicien qui a travaillé pendant de nombreuses années dans le domaine des cosmétiques, se spécialisant dans l’extraction des propriétés bénéfiques des plantes.

Bentwich a été le premier médecin à traiter des patients atteints du SIDA en Israël à la fin des années 80 et 90, et déjà à l’époque il avait recommandé à ses patients d’utiliser le cannabis pour ses propriétés bénéfiques, en particulier pour surmonter les nausées et la perte de poids.

« Le premier patient qui a obtenu une licence officielle d’utilisation du cannabis en Israël a été mon patient atteint du SIDA à l’hôpital Kaplan », a-t-il dit. Le centre médical Kaplan est un hôpital de la ville de Rehovot.

Immunologue de formation, Bentwich était également scientifique principal de Tikkun Olam Ltd., un producteur de cannabis médical, de 2012 à 2018.

Curo Medical a désormais l’intention d’entamer une série d’essais cliniques pour prouver l’efficacité de son produit dans le soulagement de maladies comme le glaucome, Parkinson et l’insomnie.

« Nous devons prouver son potentiel », a expliqué Bentwich.

Afin de lever des fonds pour les essais, l’entreprise, fondée il y a trois ans, prévoit de faire son entrée à la bourse de Toronto l’année prochaine, a déclaré Meir Alboher, chef de la direction de Curo.

L’entreprise qui a recueilli jusqu’à présent quelque 2 millions de dollars auprès d’investisseurs, cherche aujourd’hui à obtenir des licences pour la méthode d’extraction.

« Si nos études préliminaires sont exactes, alors nous aurons révolutionné le monde du cannabis », a déclaré M. Alboher, qui estime que la nouvelle formule de cannabis a le potentiel de devenir le prochain Viagra, le médicament utilisé pour traiter le dysfonctionnement de l’érection, ou la prochaine pilule contraceptive.

« Nous voulons que les futurs produits médicaux conçus à base de cannabis produits avec notre méthode soient identifiés comme tels », a-t-il dit.

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