Union de la droite : Les disciples de Kahane fusionnent avec le parti anti-LGBT
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Union de la droite : Les disciples de Kahane fusionnent avec le parti anti-LGBT

Faisant pression sur le nouveau bloc de Shaked pour qu'il intègre Otzma Yehudit, deux factions religieuses ultra-nationalistes disent que l'accord sera effectif dans 36 heures

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Benzi Gopstein (avec le microphone), membre d'Otzma Yehudit et chef du groupe anti-métissage Lehava, mène une manifestation contre le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Benzi Gopstein (avec le microphone), membre d'Otzma Yehudit et chef du groupe anti-métissage Lehava, mène une manifestation contre le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti d’extrême droite Otzma Yehudit a annoncé dimanche qu’il avait accepté de fusionner avec Noam, une faction religieuse ultra-nationaliste similaire qui a fait de la lutte contre l’acceptation des LGBT le point central de sa campagne naissante.

Les deux partis ont annoncé leur union moins d’une heure après que le président de l’Union des partis de droite Rafi Peretz a déclaré avoir accepté de donner à Ayelet Shaked, dirigeante du parti HaYamin HaHadash, la première place sur une liste électorale commune de droite pour les élections du 17 septembre. Les dirigeants de l’Union des partis de droite et de HaYamin HaHadash se sont rencontrés dimanche soir pour mettre au point les derniers détails de leur fusion.

Otzma Yehudit, qui s’est présenté aux élections d’avril dans le cadre de l’Union des partis de droite, et le parti anti-LGBT Noam ont déclaré que leur fusion « apportera la victoire à la droite, empêchera l’établissement d’un gouvernement de gauche et donnera [un foyer politique] à des centaines de milliers de personnes qui sont fidèles à l’intégrité de la Torah, l’intégrité du peuple et celle de la terre ».

Les partis ont déclaré que leur accord pour former un « bloc technique » n’entrerait en vigueur que dans 36 heures. Otzma Yehudit a continué d’exprimer son intérêt à se joindre à une liste unie dirigée par Shaked et un représentant du parti a déclaré dimanche soir au Times of Israel qu’il espérait que l’ancienne ministre de la Justice prendrait un jour et demi pour examiner sérieusement les demandes d’Otzma Yehudit pour deux des dix premières places d’une liste commune. Il a déclaré que le candidat Itamar Ben Gvir, en particulier, mérite une « place respectable » sur la liste.

Michael Ben Ari (à droite), Itamar Ben Gvir (2-D) et Baruch Marzel (à gauche), membres du parti Otzma Yehudit, participent à une campagne à Bat Yam avec Bezalel Smotrich de l’Union des partis de droite, le 6 avril 2019. (Flash90)

« J’aimerais croire qu’Ayelet comprend combien nous valons, et si elle fait une offre qui démontre cette compréhension, nous serions heureux d’y réfléchir », a déclaré le responsable d’Otzma Yehudit.

Selon la Treizième chaîne d’information, Shaked veut inclure le parti d’extrême droite dans l’union de droite.

Avant les élections précédentes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait orchestré la fusion d’Otzma Yehudit avec le parti HaBayit HaYehudi de Rafi Peretz et l’Union nationale de Bezalel Smotrich pour former l’Union des partis de droite, promettant à ces derniers deux postes ministériels dans son gouvernement en échange de l’intégration de disciples autoproclamés du rabbin extrémiste Meir Kahane. La fusion a contribué à sauver des milliers de votes d’extrême droite, qui auraient pu être perdus si les partis avaient fonctionné séparément. Ensemble, ils ont réussi à remporter cinq sièges. Cependant, Otzma Yehudit a rompu le mois dernier, affirmant que Peretz et Smotrich n’avaient pas rempli leur part du contrat de fusion.

Quant à Noam, un porte-parole du parti a déclaré que, bien qu’il ait été en pourparlers avec diverses factions de droite, il ne se présenterait pas sur une liste commune avec Shaked ou le n°2 de HaYamin HaHadash Naftali Bennett, qui « ne représentent pas le sionisme religieux ».

Shaked elle-même est laïque et un certain nombre d’éminents rabbins sionistes religieux affiliés à Noam ont écarté sa candidature ces dernières semaines en raison du fait qu’elle n’est pas religieuse.

Ayelet Shaked et Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, où Shaked a annoncé qu’elle avait pris la direction du parti HaYamin HaHadash, le 21 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Depuis qu’il a quitté HaBayit HaYehudi avec Shaked avant les dernières élections pour former HaYamin HaHadash, Bennett a pris un ton parfois combatif contre certains des éléments les plus extrêmes de la communauté sioniste religieuse. Avant de remettre les clés de HaYamin HaHadash à Shaked la semaine dernière, le parti a défendu la notion de partenariat laïc-religieux. Bennett prétendait que la partie Hardal (acronyme de « Haredi et national ») de HaBayit HaYehudi avait empêché ses tentatives antérieures de promouvoir une telle coopération.

Alors qu’Otzma Yehudit et l’Union des partis de droite ont chacun une base de ce sous-groupe de plus en plus religieux, de plus en plus nationaliste, le parti Noam a été créé plus tôt ce mois-ci pour faire appel aux Israéliens Hardal qui veulent un plus grand poids pour les « valeurs familiales traditionnelles ».

Noam a lancé sa campagne avec une série de panneaux d’affichage routiers et de publicités vidéo provocateurs avec le slogan « Israël choisit d’être normal ». Le parti affirme que la communauté LGBT a « imposé son programme » au reste de la société israélienne, qui croit en une structure familiale « normale » (hétéronormative).

Le parti extrémiste bénéficie du soutien exprès du rabbin Tzvi Tau, fondateur de la yeshiva Har Hamor à Jérusalem. Cet homme de 81 ans a été l’un des principaux opposants à l’acceptation des LGBT au sein de la communauté sioniste religieuse. En 2017, il a écrit que l’homosexualité est la « déviation la plus laide, qui brise la vie familiale… et contredit le premier fondement de l’existence humaine ».

Des panneaux d’affichage du parti Noam sur les autoroutes de Tel Aviv qui disent « Israël choisit d’être normal ». (Autorisation)

Parmi les fondateurs du parti figurent Dror Aryeh, chef du groupe anti-LGBT Hazon, Itai Halevi, rabbin de l’implantation Migron, Ariel Shahar, homme d’affaires dans le secteur du high-tech, et Yigal Canaan, résident de Kfar Adumim, qui travaille dans le tourisme.

Alors que les membres d’Otzma Yehudit, dont Ben Gvir, Benzi Gopstein, militant contre le métissage et Baruch Marzel, leader de la communauté d’Hébron, protestent régulièrement contre le défilé annuel de la Marche des fiertés à Jérusalem et dans d’autres villes, les leaders de Noam ont déclaré à l’hebdomadaire sioniste religieux B’sheva que les disciples de Kahane n’avaient pas suffisamment mis la question LGBT au cœur de leur campagne électorale précédente.

Plus tôt dimanche, la Treizième chaîne a rapporté que le parti Likud de Netanyahu avait demandé à Noam de travailler avec lui pour empêcher HaYamin HaHadash et l’Union des partis de droite de fusionner.

Netanyahu craindrait qu’un bloc uni dirigé par Shaked ne prenne les voix du Likud.

Des juifs religieux assistent à la cérémonie d’ouverture du nouveau bâtiment de la Yeshiva Har Hamor dans le quartier de Har Homa à Jérusalem, le 22 août 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Noam a refusé l’offre, selon la Treizième chaîne, tandis que le Likud a catégoriquement nié l’information.

Un certain nombre de figures de l’opposition ont attaqué Netanyahu à propos du rapport.

« En d’autres termes, le Likud ne coopère pas seulement avec les kahanistes », a tweeté le député Yair Lapid de Kakhol lavan, faisant référence aux efforts du parti au pouvoir pour inclure l’extrémiste Otzma Yehudit dans l’Union des partis de droite.

L’alliance du Parti démocrate israélien de gauche a également critiqué Netanyahu au sujet du rapport, affirmant qu’il coopère maintenant avec un mouvement extrémiste qui encourage la haine des personnes LGBT.

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