Vaccins : l’Autriche critique l’UE et s’allie avec le Danemark et Israël
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Vaccins : l’Autriche critique l’UE et s’allie avec le Danemark et Israël

Le chef du gouvernement autrichien se rend jeudi en Israël, où il doit rencontrer Netanyahu et la Première ministre danoise Mette Frederiksen afin de lancer ce partenariat inédit

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre autrichien de l'époque, Sebastian Kurz à Jérusalem, le 16 mai 2016. (Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre autrichien de l'époque, Sebastian Kurz à Jérusalem, le 16 mai 2016. (Kobi Gideon/GPO)

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, soucieux de « ne plus dépendre uniquement » de l’Union européenne à la stratégie critiquée, a annoncé un projet de coopération avec le Danemark et Israël pour les vaccins de deuxième génération.

Si l’approche commune de Bruxelles était « correcte sur le principe », « l’Agence européenne des médicaments (EMA) est trop lente à approuver les vaccins et il y a des goulets d’étranglement dans l’approvisionnement de la part des sociétés pharmaceutiques », a déploré M. Kurz dans un communiqué transmis mardi à l’AFP.

« Nous devons donc nous préparer à d’autres mutations et ne plus dépendre uniquement de l’UE pour la production de vaccins de deuxième génération », a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement autrichien se rend jeudi en Israël, où il doit rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la Première ministre danoise Mette Frederiksen afin de lancer ce partenariat inédit, portant à la fois sur la production et la recherche « dans les années à venir ».

Pour Mme Frederiksen, le monde « crie » son désir d’augmenter la cadence. Elle espère une « collaboration sur le long terme » pour « jeter les bases d’une stratégie « durable de production ».

« À l’heure actuelle, on met beaucoup l’accent sur les vaccins ici et maintenant. Mais nous devons également nous assurer que nous en aurons suffisamment dans un an puis deux, trois, cinq, dix ans », a-t-elle dit.

La présidente de l’Association autrichienne des fabricants de vaccins (ÖVIH), Renée Gallo-Daniel, a qualifié la stratégie entre les trois pays de « très, très innovante » et de « bonne ».

Mais elle a aussi prévenu, dans une interview à la radio nationale, qu’il faut « normalement cinq à dix ans pour mettre en place une production et au moins quelques mois à un an pour réorienter une installation de production existante ».

Les pays de l’UE sont de plus en plus nombreux à s’émanciper de la tutelle de Bruxelles, alors que plus de la moitié de la population israélienne a déjà reçu au moins une première dose.

La République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie se sont déjà tournées vers d’autres modes d’approvisionnement russe et chinois, en se passant du feu vert de l’EMA.

De son côté, la Commission européenne a estimé par la voix d’un porte-parole mardi qu’en dehors des vaccins déjà « couverts par la stratégie » commune, « rien n’empêchait les Etats membres d’avoir des pourparlers ou des contrats » avec les laboratoires pharmaceutiques.

Bruxelles se penche aussi sur la question des vaccins de deuxième génération : un plan de « bio-défense », baptisé Hera Incubator, a été annoncé mi-février.

Il est destiné à endiguer la propagation des variants, tels ceux apparus au Royaume-Uni, au Brésil ou en Afrique du Sud, qui inquiètent par leur contagiosité accrue et leur possible résistance aux vaccins actuels.

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