Vallée du Jourdain : Le Bahreïn dénonce à son tour la promesse de Netanyahu
Rechercher

Vallée du Jourdain : Le Bahreïn dénonce à son tour la promesse de Netanyahu

Le Qatar et la Syrie fustigent aussi les propos de Netanyahu ; l'Arabie saoudite réclame une réunion d'urgence de l'OCI

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, (à gauche), lors d'une conférence de presse commune avec le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed al-Khalifa, (au centre), et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan, (à droite), et leur homologue égyptien, Sameh Shoukry, au Caire, en Egypte, le 5 juillet 2017. (Khaled Elfiqi, Pool, via AP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, (à gauche), lors d'une conférence de presse commune avec le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed al-Khalifa, (au centre), et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan, (à droite), et leur homologue égyptien, Sameh Shoukry, au Caire, en Egypte, le 5 juillet 2017. (Khaled Elfiqi, Pool, via AP)

Le Bahreïn a rejoint le concert de condamnations des pays arabes, mercredi, face à la promesse du Premier ministre Benjamin Netanyahu de commencer à annexer certaines parties de la Cisjordanie de manière effective en cas de réélection la semaine prochaine.

Netanyahu a en effet promis, lors d’un discours prononcé mardi lors d’un meeting de campagne, de faire appliquer la souveraineté israélienne sur des portions significatives de la Cisjordanie, et notamment sur la vaste majorité de la vallée du Jourdain, si les Israéliens lui accordent un nouveau mandat de Premier ministre.

Le chef du gouvernement a également indiqué qu’il poursuivrait le même objectif concernant des implantations situées ailleurs en Cisjordanie après la divulgation par l’administration américaine de son plan de résolution du conflit israélo-palestinien.

« Le ministère des Affaires étrangères du royaume du Bahreïn condamne avec force l’annonce faite par le Premier ministre israélien de son intention de faire appliquer la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et dans le secteur nord de la mer Morte en Cisjordanie occupée », a fait savoir mercredi le ministère bahreïni des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il a ajouté que les propos de Netanyahu « représentent une violation éhontée et inacceptable des droits du peuple palestinien et reflètent une résolution à ne pas mettre en œuvre une paix équitable et durable ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime devant une carte de la vallée du Jourdain dans une déclaration dans laquelle il promet d’étendre la souveraineté israélienne à la vallée du Jourdain et au nord de la mer Morte, à Ramat Gan, le 10 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le Bahreïn avait récemment fait preuve d’une plus grande ouverture envers Israël, son chef de la diplomatie, Khalid bin Ahmad Al Khalifa, clamant que l’Etat juif faisait dorénavant partie intégrante de la région.

Dans un entretien-fleuve accordé au Times of Israel en marge d’une conférence organisée par les États-Unis à Manama au mois de juillet, il avait déclaré que l’existence d’Israël était un fait acquis et que le Bahreïn souhaitait développer des relations pacifiques avec le pays.

« Nous pensons qu’Israël est un pays qui est là, qui restera là, et nous voulons entretenir de meilleurs liens avec Israël et nous voulons la paix », avait-il fait savoir à l’époque.

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a également appelé la communauté internationale toute entière « à prendre ses responsabilités pour dénoncer la déclaration faite par Netanyahu » et a réaffirmé son soutien à l’établissement d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale selon les lignes de 1967.

Mercredi, la Syrie a également dénoncé les propos du Premier ministre israélien.

« Nous, la République arabe syrienne, condamnons l’annonce faite par le Premier ministre de l’entité sioniste usurpatrice concernant son intention d’annexer des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée », a déclaré une source officielle du ministère syrien des Affaires étrangères au site d’information d’État, Sana.

Il a ajouté qu’une telle démarche constituait « une nouvelle initiative visant à attaquer les droits des Palestiniens et à liquider la cause palestinienne ».

Les déclarations de Manama et de Damas sont survenues après les réactions indignées d’un certain nombre de pays arabes dès mardi.

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déclaré que la déclaration de Netanyahu « constitue une extension de la politique de l’occupation consistant à violer le droit international et à employer des méthodes méprisables qui visent à déplacer le peuple palestinien frère et à le priver de ses droits ».

Il a également semblé accuser Netanyahu d’avoir tenu ces propos sur la souveraineté dans un seul but électoraliste.

« L’État du Qatar rejette totalement la violation des droits du peuple palestinien frère dans le seul objectif d’obtenir un gain électoral », a-t-il ajouté mardi.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, a qualifié les propos du Premier ministre israélien de « provocation dangereuse et agressive ».

A Ryad, la promesse de M. Netanyahu a été qualifiée de « dangereuse escalade », selon l’agence officielle SPA.

L’Arabie saoudite a demandé une « réunion d’urgence » des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), prévue dimanche.

« A la demande de l’Arabie saoudite, l’organisation tiendra une réunion d’urgence dimanche au niveau des ministres des Affaires étrangères à Jeddah pour discuter de la grave escalade israélienne », a indiqué mercredi sur Twitter l’organisation panislamique de 57 membres.

Le royaume saoudien, proche allié des Etats-Unis, a également appelé la communauté internationale à « condamner et rejeter la déclaration (de Benjamin Netanyahu) et à considérer toute action résultant de cette promesse comme nulle ».

Aux Emirats arabes unis, le chef de la diplomatie Abdallah ben Zayed Al-Nahyane a déclaré que l’annonce israélienne constituait « une escalade dangereuse qui viole toutes les conventions et résolutions internationales ».

La vallée du Jourdain représente environ 30 % de la Cisjordanie. M. Netanyahu a précisé vouloir annexer les implantations juives, qui représentent environ 90 % du territoire de la vallée, mais « pas des villages ou des villes arabes comme Jéricho ».

La promesse de Netanyahu a aussi été fermement condamnée en Israël et par les Palestiniens, les Nations unies, l’Union européenne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...