Violence policière sur un lycéen israélo-éthiopien sous le regard du directeur
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Violence policière sur un lycéen israélo-éthiopien sous le regard du directeur

La police rejette les accusations de racisme et de brutalité, évoquant la résistance opposée par l'adolescent ; la famille accuse le directeur de trop impliquer la police à l'école

Des inspecteurs de police interpellent un lycéen israélien d'origine éthiopienne à Ashdod, sous le regard du directeur de l'école. (Crédit : Kan)
Des inspecteurs de police interpellent un lycéen israélien d'origine éthiopienne à Ashdod, sous le regard du directeur de l'école. (Crédit : Kan)

Des détectives de la police auraient violemment interpellé un lycéen israélien d’origine éthiopienne à Ahsdod, sous le regard du directeur d’école qui n’aurait pas réagi, selon les images d’une séquence vidéo.

Dans la séquence diffusée lundi par le radiodiffuseur Kan lundi, l’un des policier étrangle le jeune garçon et le traîne pendant que d’autres le frappent. Pendant ce temps, le proviseur de Miftan Hermon Liron Bachar contemple sans dire un mot.

La police a rejeté les accusations de brutalité et de racisme, affirmant que plusieurs personnes ont été arrêtées et qu’il avait opposé de la résistance.

La police avait convoqué le lycéen de 15 ans, qui n’a pas été identifié, pour subir un interrogatoire, affirmant qu’il avait été impliqué dans un incident le mois précédent, au cours duquel du gaz lacrymogène a été répandu dans l’école.

Plusieurs amis et enseignants du jeune garçon ont confié à Kan qu’il n’était pas impliqué dans cet incident, mais néanmoins, Bachar a informé les détectives qu’il était présent le 7 novembre, à l’occasion d’un évènement scolaire pour la fête éthiopienne du Sigd.

Deux détectives sont arrivés dans l’école spécialisée pour la jeunesse à risque, et ont été filmés en train d’arrêter le jeune garçon qui ne s’était pas présenté à l’interrogatoire.

Dalia, la sœur du jeune garçon, a raconté à Kan que depuis son entrée en fonction, au début de l’année scolaire, Bachar appelle la police quasi-quotidiennement.

« Il nous dit qu’on est une famille », a déclaré Dalia au sujet de Bachar. « De quelle famille parle-t-il ? Celle qu’il a déchirée ? Avant qu’il n’arrive ici, nous étions une famille, nous nous soutenions. La police n’avait jamais mis les pieds à l’école. »

Après l’incident filmé, le frère de Dalia a été assigné à résidence pour 4 jours par la police, et suspendu de l’école pour deux semaines.

Kan a contacté Bachar, pour lui demander des explications sur son rôle dans cette altercation, mais le proviseur a refusé de répondre, indiquant que le radiodiffuseur devait parler à ses supérieurs.

Dalia, dont le frère a été brutalement par la police à Ashdod, dans un reportage diffusé par Kan, le 7 novembre 2018. (Crédit : capture d’écran/YouTube)

La police israélienne a rejeté l’accusation selon laquelle les agents auraient fait un usage excessif de la force contre un jeune de 15 ans, affirmant qu’il avait « activement résisté à l’arrestation ».

« Toute accusation concernant le profil racial du suspect n’est pas pertinente, parce que d’autres suspects ont été arrêtés durant cet incident.

La ville d’Ashdod a déclaré dans un communiqué que « la sécurité et le bien-être de la jeunesse continuera à être la préoccupation principale des responsables du secteur éducatif ». La ville a souligné qu’elle n’avait pas encore reçu de plaintes de la part d’étudiants concernant l’incident filmé au début du mois.

Le ministère des Affaires sociales et du Travail a réagi au reportage de Kan et « condamne toute expression ou manifestation de racisme ».

Les membres de la Knesset ont également condamné le comportement des policiers.

« Il n’y a pas de place, au sein de l’Etat d’Israël, pour la violence policière contre nos frères issus de la communautés éthiopienne. Nous devons mettre un terme aux traitements discriminatoires et déraciner le racisme », a déclaré la ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel.

La députée Pnina Tamano Shata, du parti Yesh Atid, a déclaré que c’était déchirant de voir des détectives battre un enfant ».

Des Israéliens éthiopiens manifestent contre la violence policière et les mauvais traitements dans la société israélienne, à Tel Aviv, le 3 juin 2015. (Crédit : Flash90)

« Il semblerait que la police israélienne n’ait rien appris ces dernières années. C’est un véritable abus de pouvoir », a-t-elle tweeté, appelant le ministère de l’Education à enquêter sur cet incident.

Plus de 135 000 Ethiopiens vivent en Israël. Ils ont immigré, pour la plupart, entre 1984 et 1991.

Dans un appel lancé au début du mois et adressé aux Israéliens éthiopiens, à déposer des demandes d’amnistie pour troubles à l’ordre public en l’honneur de la fête du Sigd, le président Reuven Rivlin et la ministre de la Justice Ayelet Shaked ont évoqué un rapport du gouvernement adopté il y a deux ans, qui décrit la discrimination contre la communauté israélienne éthiopienne dans divers secteurs, notamment la police, la santé, l’éducation et le travail.

Le rapport établit que davantage d’enquêtes ont été ouvertes et de plaintes ont été déposées contre des Israéliens éthiopiens, comparé au reste de la population.

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