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Violences dans la communauté arabe : Erdan promet 600 nouveaux policiers

Lors d'une réunion, le ministre a annoncé que des ressources seraient consacrées dans la lutte contre le crime organisé. Les leaders arabes veulent un plan "d'ampleur"

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le 9 juillet 2019. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le 9 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a dit aux leaders arabes, au cours d’une rencontre qui a été organisée jeudi, que la police déléguerait 600 agents qui seront chargés de la gestion des crimes violents dans la communauté arabe et que des ressources seraient consacrées aux enquêtes sur le crime organisé.

Erdan, aux côtés du commissaire de police par intérim Motti Cohen, a rencontré des politiciens arabes et des leaders communautaires pour discuter du problème des violences au sein de la communauté arabe israélienne alors que cette dernière a lancé un mouvement de protestation, encore en cours, dénonçant le manque d’application de la loi dans ses villes et villages.

Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, a déclaré après la conversation qui a eu lieu à Jérusalem que « cela a été une réunion importante mais nos principales demandes sont une décision gouvernementale et un plan d’ampleur visant à éradiquer le crime et les violences dans la société arabe… les pourparlers continuent et la lutte aussi ».

Ahmad Tibi, député de la Liste arabe unie, a indiqué qu’Erdan avait reconnu que le gouvernement devait prendre des décisions, ajoutant qu’il tenterait de promouvoir un passage à l’action, tout en notant toutefois qu’une telle initiative aurait des exigences budgétaires.

Dans un entretien accordé dans la soirée à la Treizième chaîne, Erdan a admis que, pendant des années, « il n’y a pas eu de commissariats établis, ni policiers mandatés » pour prendre en charge le secteur arabe. Il a clamé que depuis qu’il avait pris ses fonctions, il avait placé cette question « à la tête de son programme » mais il a noté avoir été « frustré de ne pas avoir pu mettre en place un travail de coopération et d’avoir vu perdurer le manque de confiance ».

Le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh, à droite, et Ahmad Tibi, membre du parti, arrivent à la Knesset pour une réunion de faction, le 22 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Erdan a ensuite déploré le grand nombre d’armes illégales dans la communauté arabe et que « les juges en Israël ne donnent pas de peines suffisamment longues à ceux qui sont arrêtés avec des armes illégales et il est difficile de dissuader de cette manière les organisations du crime ».

Cette réunion a eu lieu après une manifestation au cours de laquelle les politiciens arabes ont pris la tête d’un convoi de véhicules parti jeudi matin de Majd al-Krum, dans le nord d’Israël, pour se rendre à la capitale. Les manifestants ont organisé une opération-escargot, entraînant de graves perturbations de la circulation sur les deux principales artères israéliennes, la Route 1 et la Route 6, selon la Douzième chaîne.

Peu avant la rencontre, Odeh avait écrit sur Twitter : « Nous nous rendons à une réunion avec Erdan et le chef de la police après 1 387 funérailles qui auraient pu être évitées. Les solutions sont sur la table depuis des années – l’éradication des crimes n’est qu’une affaire de volonté ».

Des manifestants se sont également réunis devant le bureau du Premier ministre, a fait savoir la Treizième chaîne.

Ce rassemblement a eu lieu une semaine après une grève générale appelée par la communauté arabe israélienne, qui a organisé un vaste mouvement de protestation contre les violences et le manque d’application de la loi dans leurs villes.

Des Arabes israéliens et des manifestants devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, demandant des actions contre les violences au sein de la communauté, le 10 octobre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les protestataires « luttent pour leur droit à la vie », a commenté Tibi.

« Ces dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues, en particulier des femmes et des jeunes, elles sont notre culture. Elles demandent la vie à la place de la mort. Il y a un petit segment de la société qui est constitué de groupes criminels. Ces groupes utilisent la violence comme outil. Ce sont eux que nous dénonçons et nous voulons que la police s’en occupe », a-t-il ajouté.

Jeudi, le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, a expliqué être favorable à la rencontre entre les leaders arabes et Erdan.

« Les violences dans la communauté arabe sont un problème national », a-t-il estimé, « et c’est donc un défi que doit relever avant tout le pays – et que doit également relever la communauté arabe elle-même ».

Les violences au sein de la communauté arabe israélienne ont tué 73 personnes depuis le début de l’année.

L’opération-escargot avait été organisée par le haut-comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, organisation-cadre extra parlementaire représentant la population arabe de l’Etat juif.

Le mouvement de protestation contre la hausse des violences et des meurtres au sein de la communauté arabe s’est élargi ces derniers jours dans tout le pays, avec des milliers de personnes qui ont défilé dans les rues au cours du week-end dernier.

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