Virus : Netanyahu se désolidarise de Hanegbi sur l’impact de la crise économique
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Virus : Netanyahu se désolidarise de Hanegbi sur l’impact de la crise économique

Le Premier ministre insiste sur une "détresse réelle" après que cet allié de Likud a déclaré qu'il était faux de dire que certains Israéliens ne pouvaient plus s'acheter à manger

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi en 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi en 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris ses distances, samedi, après des propos du ministre Tzachi Hanegbi (Likud), qui avait rejeté l’idée que certains Israéliens ne bénéficiaient plus du budget nécessaire pour seulement pouvoir se nourrir dans le contexte de la crise économique entraînée par le coronavirus, estimant que c’était des « c*onneries ».

L’épidémie, dans le pays, a fait grimper en flèche les chiffres du chômage et Netanyahu est de plus en plus critiqué pour sa gestion de la situation économique difficile.

Un communiqué émis samedi soir par Netanyahu n’a pas nommé Hanegbi – qui a depuis présenté ses excuses.

« Le Premier ministre regrette des propos qui ont laissé entendre que la détresse entraînée par le coronavirus n’était pas réelle », a établi le communiqué.

Il a ajouté que « comme partout ailleurs dans le monde, le coronavirus a eu un coût élevé en termes de vie, de santé et de gagne-pain. La détresse est réelle et le Premier ministre travaille 24 heures sur 24 pour trouver des réponses à la situation ».

Hanegbi a eu ces paroles au cours d’un entretien accordé lors de l’émission populaire hebdomadaire « Ofira et Berkovic » sur la Douzième chaîne, alors qu’il était interrogé sur la réponse apportée par Netanyahu aux répercussions économiques qui ont accompagné les restrictions mises en place par le gouvernement pour contenir le virus.

Hanegbi a tenu ces propos alors qu’il repoussait l’affirmation répétée des présentateurs de l’émission, Ofira Asayag et Eyal Berkovic, qui interpellaient le politicien sur le fait que certains Israéliens n’avaient plus rien à manger. Il a répondu – en insistant à de multiples reprises – que ces paroles étaient « exagérées », ajoutant être en désaccord avec cette assertion.

Les présentateurs Ofira Asayag, à gauche et Eyal Berkovich, au centre, avec le ministre du Likud Tzachi Hanegbi lors de l’émission sur la Douzième chaîne « Ofira et Berkovic », le 3 juillet 2020 (Capture d’écran : Twitter)

Il a présenté ses excuses samedi mais il s’en est également pris aux présentateurs du programme, Ofira Asayag et Eyal Berkovic, les accusant de semer la panique dans l’opinion publique.

« Je présente mes excuses pour les paroles fortes que j’ai pu avoir au cours d’une interview, hier », a-t-il écrit sur Twitter. « Je voulais dire aux journalistes qui m’ont interrogé que leurs critiques extrêmes et excessives entraînaient la panique chez les Israéliens et non l’espoir ».

Hanegbi a indiqué qu’il s’était efforcé de souligner les efforts du gouvernement pour soutenir l’économie mais qu’il s’était laissé emporter par « l’ardeur du débat ».

Ces excuses ont eu lieu après de nombreuses critiques de législateurs de l’opposition qui se sont offusqués de la prestation du politicien lors de l’émission.

« Tzachi, allez donc rencontrer les auto-entrepreneurs, les chômeurs, les propriétaires d’entreprise dont les vies ont été détruites. La seule c*onnerie, c’est le gouvernement hors-sol auquel vous appartenez », a ainsi écrit sur Twitter le chef de l’opposition Yair Lapid, de la formation Yesh Atid.

La ministre de l’Immigration, Pnina Tamano-Shata, issue du parti Kakhol lavan, a déclaré samedi en réponse à Hanegbi : »Aujourd’hui, notre premier devoir en tant que gouvernement et notre mission sont de nous occuper du million de personnes environ qui est venu grossir les rangs du chômage. C’est notre mission prioritaire – sauver Israël de la crise du coronavirus. Et cela commence en comprenant la situation des civils qui se trouvent dans un état de détresse ».

Le ministre des Finances Israel Katz, du Likud, a émis une critique voilée de Hanegbi suite à ses excuses.

« Un grand nombre de personnes, dans le public israélien, sont empêtrées dans les difficultés économiques qui sont nées de la crise du coronavirus. Mon équipe et moi-même nous engageons à tout faire afin de répondre à tous, en accordant toute l’aide qui sera nécessaire jusqu’à ce que nous puissions retrouver le chemin d’un avenir plus sûr. Pas d’accusations sans fondement », a écrit Katz sur Twitter.

La ministre de l’Intégration et de l’Immigration Pnina Tamano-Shata s’exprime lors d’un débat à la Knesset, le 21 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les propos de Hanegbi surviennent dans un contexte de critiques croissantes de la réponse apportée par Netanyahu à la pandémie. Selon un sondage réalisé par la Douzième chaîne, la semaine dernière, 35 % des Israéliens approuvent la gestion, par le Premier ministre, des aspects économiques de la crise du virus, contre 58 % de personnes insatisfaites.

Lorsque la même question avait été posée dans une enquête d’opinion en date du 8 mai, ils avaient été 53 % à approuver les actions du chef du gouvernement contre 43 %.

Netanyahu et Katz ont récemment annoncé une série de mesures pour venir en aide aux Israéliens touchés par la crise économique, en élargissant notamment l’éligibilité des citoyens aux allocations-chômage jusqu’à la mi-août et en mettant en place des aides financières pour les propriétaires d’entreprise.

Selon le quotidien économique Globes, le taux de chômage, au sein de l’Etat juif, est actuellement de 21 % avec plus de 800 000 Israéliens qui sont sans emploi contre 4 % avant le début de la pandémie.

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