Visite de Pence à Jérusalem : les Palestiniens appellent à la grève générale
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Visite de Pence à Jérusalem : les Palestiniens appellent à la grève générale

Cette initiative survient alors que l'OLP pousse à la "résistance populaire et pacifique" face à la décision de Trump sur Jérusalem

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Illustration : Des Palestiniens marchent devant les magasins fermés dans la ville de Hébron en Cisjordanie, après un appel à la grève générale pour protester contre la décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d'Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit : (HAZEM BADER/AFP)
Illustration : Des Palestiniens marchent devant les magasins fermés dans la ville de Hébron en Cisjordanie, après un appel à la grève générale pour protester contre la décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d'Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit : (HAZEM BADER/AFP)

Le parti du Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a lancé un appel à la grève générale « dans tous les secteurs palestiniens » mardi pour répondre à la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Cette grève devrait coïncider avec le dernier jour de la visite effectuée à Jérusalem par le vice-président américain Mike Pence.

Une autre grève, à Gaza, a commencé lundi dans tout le secteur privé pour protester contre une dégradation de la crise économique dans l’enclave côtière.

Un membre du comité central du Fatah, Jamal Moheisen, responsable de l’organisation de la « résistance populaire », a annoncé au micro de la radio d’information officielle de l’AP « une grève globale dans tous les secteurs et dans toutes les institutions », hormis aux ministères de la Santé et de l’Education, pour condamner la dernière décision prise par le président américain Donald Trump sur Jérusalem, a rapporté l’agence officielle de presse de l’Autorité palestinienne, Wafa.

Un Palestinien marche devant les magasins fermés dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, après un appel à la grève générale pour protester contre la décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit : Jaafar ASHTIYEH/AFP)

Cette grève a été organisée conformément à la décision prise par l’Organisation de libération de la Palestine de mettre en place une « résistance populaire et pacifique » face à la décision de Trump.

Les grèves organisées par le Fatah sont habituellement observées en Cisjordanie et à Jérusalem, et sont moins suivies dans la bande de Gaza.

Le voyage de Pence est le tout premier d’une haute personnalité américaine depuis la reconnaissance par le président Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale israélienne dans un discours qui avait été prononcé le 6 décembre. Tandis qu’Israël a rendu hommage à Pence pour cette initiative, les Palestiniens ont réagi avec fureur et refusent de rencontrer le vice-président, arrivé dans la soirée de dimanche.

Pence a répété la position adoptée par l’administration selon laquelle la déclaration « historique » de Trump créera une opportunité d’avancer dans des négociations de bonne foi menées entre Israël et l’Autorité palestinienne, sur des questions susceptibles d’être discutées et dont le président Trump est « véritablement convaincu qu’elles peuvent être résolues ».

Pence et son épouse Karen sont arrivés dimanche soir à l’aéroport Ben Gurion dans le cadre d’une tournée plus large effectuée dans les pays du Moyen-Orient et dans un contexte de colère palestinienne suite à la reconnaissance par le président Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. En Jordanie, le roi Abdallah a poussé Pence à apporter son soutien à la solution à deux états et a réprimandé l’administration pour sa reconnaissance de Jérusalem, qui a brisé des années de politique américaine.

Pence a expliqué que lui et Abdallah « avaient convenu de ne pas être d’accord ».

Après l’annonce de Trump sur Jérusalem, Abbas avait indiqué qu’il ne rencontrerait pas de responsables de l’administration américaine et avait annulé une réunion avec Pence qui était prévue à la mi-décembre.

Lors d’une nouvelle démonstration de ce rejet, Abbas, présent en Jordanie, n’a pas rencontré Pence du samedi soir au dimanche dans la journée, lorsque le leader palestinien s’est envolé vers Bruxelles pour une rencontre avec les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne lundi. Là-bas, Abbas devrait vivement recommander aux états-membres de reconnaître un état de Palestine dans les frontières d’avant 1967 et de renforcer leur implication dans les efforts de médiation.

Des Palestiniens manifestent contre la visite du vice-président américain Mike Pence aux abords de l’église de la nativité dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 21 janvier 2018 (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

En signe de protestation contre l’arrivée de Pence en Israël, plusieurs manifestants palestiniens ont mis le feu à une photo du vice-président dimanche soir lors d’une petite manifestation organisée dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie.

Le voyage de Pence devait comprendre une visite à Bethléem, mais l’Autorité palestinienne ayant boycotté sa présence, l’itinéraire prévu en Cisjordanie a été annulé. Le voyage avait initialement été organisé pour la mi-décembre, mais avait été reporté en raison d’un vote fiscal au Sénat qui nécessitait la présence de Pence à Washington.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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