Vote unanime à la Knesset d’une proposition de loi qui pénaliserait les clients des prostituées
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Vote unanime à la Knesset d’une proposition de loi qui pénaliserait les clients des prostituées

Les législations anti-prostitution attendront que le ministère de la Justice présente son propre projet, qui s'appuiera probablement sur d'autres sanctions

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Ayelet Shaked, ministre de la Justice, en mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ayelet Shaked, ministre de la Justice, en mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Deux propositions de lois privées permettant de condamner à des peines de prison les individus ayant recours aux services de prostituées ont été approuvées mercredi à l’unanimité en séance plénière de la Knesset, où elles étaient présentées en lecture préliminaire. Cette initiative a été applaudie par les députées.

Ce sont 71 parlementaires qui ont voté en faveur de la proposition d’Aliza Lavie, du parti Yesh Atid, sans une seule opposition. Soixante-quatorze députés ont par ailleurs soutenu une législation similaire soumise par Shuli Moalem-Refaeli, de la formation HaHayit HaYehudi, et par Zehava Galon, présidente du Meretz, là encore sans opposition.

La législation privée, qui impose également des amendes aux clients et des programmes de réhabilitation pour les travailleuses israéliennes du sexe, n’avancera pas davantage avant que le ministère de la Justice ne présente sa propre version du projet de loi, qui devra passer les trois stades de lecture en plénière avant de devenir une loi.

S’adressant à la plénière mercredi, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a admis avoir changé d’opinion concernant cette législation après avoir rencontré des adolescentes prostituées dans le sud de Tel Aviv dans la journée de mardi.

« Ce n’est pas un secret que je ne suis pas favorable à une législation qui réduit les droits individuels ou, en général, à une législation excessive, a dit Shaked. Mais quelque chose m’est arrivé hier lors de ma visite. »

Une prostituée dans le sud de Tel Aviv, en janvier 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)
Une prostituée dans le sud de Tel Aviv, en janvier 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)

Après avoir entendu les violences subies par les travailleuses du sexe et leur consommation de stupéfiants, « je leur ai demandé, à pratiquement toutes, ce qu’elles pensaient de la loi, a-t-elle ajouté. Il est très clair que celles qui se trouvent encore happées dans un cycle de prostitution, les femmes, là-bas, ne veulent pas de cette loi. La loi découragerait les clients normaux, pas ceux qui sont violents. Mais lorsque l’on s’adresse à celles qui ont quitté ce milieu, elles sont convaincues que cette loi est appropriée. »

« Cette loi veut dire avant tout qu’aller voir une prostituée est un acte immoral et ne doit pas faire partie de notre société, a estimé Shaked. Ce n’est pas une affaire de coalition ou d’opposition, c’est un problème moral dont nous voulons parler, à notre société et à nos enfants. »

Les députées de la coalition et de l’opposition qui ont initié ces projets de lois ont accueilli avec satisfaction l’adoption de la loi à ce stade initial du processus législatif.

« La loi va tout d’abord sensibiliser sur le fait que la prostitution est un phénomène de violence et de viol constant », a indiqué Moalem-Refaeli, saluant la proposition qu’elle a qualifié de « juive, humaine » et de déclaration « morale ».

Galon a déclaré que c’était « un moment d’émotion après une lutte qui a duré plus d’une décennie », tandis que Lavie a affirmé que la journée était « historique ».

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