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Washington annonce un partenariat avec Israël pour lutter contre les rançongiciels

L'accord prévoit l'échange d'informations sur le secteur financier, des formations et des exercices conjoints sur la cybersécurité

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Des fonctionnaires du ministère des Finances dirigés par Avigdor Liberman accueillent Wally Adeyemo, le secrétaire adjoint au Trésor américain, et des fonctionnaires du Trésor à Jérusalem, le dimanche 14 novembre 2021. (Bureau du porte-parole du ministère des Finances)
Des fonctionnaires du ministère des Finances dirigés par Avigdor Liberman accueillent Wally Adeyemo, le secrétaire adjoint au Trésor américain, et des fonctionnaires du Trésor à Jérusalem, le dimanche 14 novembre 2021. (Bureau du porte-parole du ministère des Finances)

Dimanche, le département du Trésor américain a annoncé un nouveau partenariat avec Israël pour étendre la coopération bilatérale dans la lutte contre les rançongiciels (de l’anglais “ransomwares”). Ces derniers étant des logiciels malveillants qui utilisent le cryptage pour conserver les informations des victimes contre des rançons.

Cette collaboration s’est concrétisée lors de réunions que le secrétaire adjoint au Trésor américain, Wally Adeyemo, a tenues en Israël avec le ministre des Finances Avigdor Liberman et le directeur de la National Cyber Directorate, Yigal Unna.

Dans le cadre de ce partenariat, les parties travailleront à l’élaboration d’un protocole d’accord visant à soutenir le partage d’informations relatives au secteur financier, telles que les renseignements sur les menaces en matière de cybersécurité, la formation du personnel et les visites d’étude afin de promouvoir la coopération dans le domaine de la cybersécurité, ainsi que les exercices transfrontaliers de cybersécurité liés aux flux financiers et d’investissement des institutions financières mondiales.

Cette coopération élargie se fera sous les auspices d’un groupe de travail américano-israélien plus large sur l’innovation fintech et la cybersécurité, qui a également été lancé dimanche, a indiqué le département du Trésor dans un communiqué.

Le groupe de travail dirigera également une série d’ « échanges techniques d’experts sur la politique, la réglementation et la sensibilisation pour soutenir l’innovation fintech » afin de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Sur la base de cette coopération, des représentants du Trésor américain participeront à la conférence CyberTech Global Tel Aviv en janvier 2022.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman (à droite) rencontre Wally Adeyemo, secrétaire adjoint au Trésor américain, à Jérusalem, le 14 novembre 2021. (Bureau du porte-parole du ministère des Finances)

« En exploitant à la fois le pouvoir de la coopération internationale et celui de l’innovation technologique, nous serons en mesure de soutenir la compétitivité économique, la prospérité et de lutter contre les menaces mondiales, notamment les ransomwares », a déclaré Wally Adeyemo dans un communiqué.

« Alors que l’économie mondiale se redresse et que les ransomwares et autres menaces financières illicites représentent un grave défi pour Israël et les États-Unis, l’augmentation des échanges d’informations, le travail conjoint et la collaboration en matière de politique, de réglementation et d’application sont essentiels à nos objectifs économiques et de sécurité nationale », a-t-il ajouté.

Après Israël, Wally Adeyemo est attendu dans plusieurs pays du Moyen-Orient tel qu’en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les discussions porteront sur le renforcement de la coopération en matière de cybersécurité et de ransomware, sur la lutte contre le financement du terrorisme et sur la relance économique post-COVID, selon le Trésor américain.

Ce voyage régional fait suite à une série d’attaques par ransomware survenue cette année aux États-Unis. Les victimes étaient des infrastructures essentielles, des fabricants de produits alimentaires, un service de police, la NBA et des entreprises du secteur privé.

Parallèlement, une étude majeure récente a révélé qu’Israël était le pays le plus touché par les rançongiciels depuis 2020.

La semaine dernière, le Trésor américain a annoncé une série de mesures axées sur « la perturbation des acteurs criminels du ransomware et des échanges de monnaie virtuelle qui blanchissent le produit du ransomware. »

La visite de Wally Adeyemo en Israël est intervenue plus d’une semaine après que le ministère américain du Commerce a inscrit sur une liste noire deux sociétés israéliennes de logiciels espions téléphoniques, NSO Group et Candiru, les ajoutant à la liste des entreprises étrangères qui se livrent à des cyberactivités malveillantes.

Un logo orne un mur sur une branche de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d’Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

NSO Group et la moins connue Candiru, considérée comme son concurrent sur le marché de la cybersurveillance, ont été accusées de fournir des logiciels espions à des gouvernements qui se sont finalement retournés contre des journalistes et des militants.

NSO Group a fait face à un torrent de critiques internationales après avoir été accusé d’aider les gouvernements à espionner les dissidents et les défenseurs des droits. NSO insiste sur le fait que son produit est uniquement destiné à aider les pays à lutter contre la criminalité et le terrorisme.

Dernière en date d’une série d’accusations contre NSO Group, des enquêtes indépendantes publiées la semaine dernière par l’Université de Toronto et Amnesty International qui ont révélé que des téléphones portables appartenants à au moins six Palestiniens ont été piratés à l’aide de Pegasus.

Ricky Ben David a contribué à cet article.

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