Washington interdit aux banques d’envoyer de l’argent à l’AP, accuse le Fatah
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Washington interdit aux banques d’envoyer de l’argent à l’AP, accuse le Fatah

Hussein al-Sheikh affirme que la pression financière exercée par l'administration Trump est destinée à faire fléchir les Palestiniens pour qu'ils acceptent le plan de paix de Trump

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à une messe de minuit à l'église de la Nativité, le 25 décembre 2018. (Crédit : AP/Nasser Nasser, Pool)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à une messe de minuit à l'église de la Nativité, le 25 décembre 2018. (Crédit : AP/Nasser Nasser, Pool)

Un haut-responsable du Fatah a déclaré dans une interview en arabe publiée dimanche que les Etats-Unis avaient demandé aux banques internationales d’exercer une pression financière sur l’Autorité financière pour que les dirigeants palestiniens acceptent le plan de paix de Trump.

« De nombreuses institutions financières et partis ont commencé à céder à la demande américaine d’imposer un siège financier de l’Autorité », a déclaré Hussein al-Sheikh à l’AFP.

« Washington a demandé à ce que l’aide financière destinée à l’Autorité soit interrompue et a également transmis une circulaire aux banques les pressant de ne pas accepter les transferts pour les comptes de l’Autorité. »

Cette affirmation est survenue alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de défalquer des revenus fiscaux qu’Israël reverse mensuellement à l’AP les sommes versées aux terroristes, et après d’importantes coupes budgétaires américaines dans l’aide aux Palestiniens ces derniers mois.

Selon al-Sheickh, « les sanctions ont commencé par l’empêchement d’un virement d’une subvention irakienne d’une valeur de 10 millions de dollars, remise récemment à la Ligue arabe. La Ligue n’a pas pu la transférer parce que les banques ont refusé d’accepter un virement en faveur du ministère des Finances palestinien ou d’un fonds national ».

Al-Sheikh a ajouté que « la décision américaine est conforme à la décision israélienne » de réduire les virements fiscaux, qui représentent plus de 50 % des revenus de trésorerie palestiniens et 70 % des dépenses de l’Autorité et des salaires de ses fonctionnaires.

Yoav Mordechai, dirigeant du COGAT, et Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne, après la signature d’un accord de coopération sur l’eau, le 15 janvier 2017. (Crédit : COGAT)

Il a ajouté que « les décisions américaine et israélienne relèvent d’une tentative de mettre les dirigeants palestiniens à genoux pour les forcer à accepter ‘l’accord du siècle’ [du président américain Donald Trump], d’abord en permettant son annonce, puis en ouvrant la voix à son ‘arabisation’ et en entamant une normalisation avec Israël, sans [qu’Israël] ne donne rien en retour » aux Palestiniens.

Il a accusé les Etats-Unis et Israël d’avoir poussé le président de l’AP Mahmoud Abbas à « prendre des décisions extrêmes », au sujet du boycott de l’administration américaine à l’issue du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Par ailleurs, le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner et d’autres membres de l’administration américaine se rendront au Moyen-Orient à la fin du mois pour s’entretenir avec au moins cinq pays sur le volet économique du très attendu plan de paix entre Israël et les Palestiniens.

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