Yaalon : Netanyahu a tenté de « prendre le contrôle » de la radio militaire
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'Il a dévié des rails et fait dérailler le pays'

Yaalon : Netanyahu a tenté de « prendre le contrôle » de la radio militaire

L'ex-ministre de la Défense dit qu'il a déjoué la tentative du Premier ministre d'exercer une influence sur la radio ; L'ex-chef de la radio militaire ne sait pas de quoi il parle

Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur une base militaire, le 10 mars 2015. (Crédit : Ohad Zwigenberg)
Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur une base militaire, le 10 mars 2015. (Crédit : Ohad Zwigenberg)

L’ancien ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a accusé jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir tenté de « prendre le contrôle » de la radio militaire, l’une des principales stations de radio israéliennes faisant partie de l’armée israélienne. En réponse, le chef de la station a déclaré qu’il n’avait pas subi de pressions importantes de la part du Premier ministre.

Dans une interview accordée à la station de radio Yaalon, qui a déjà annoncé qu’il se présentera aux prochaines élections à la Knesset à la tête d’un nouveau parti politique, a critiqué Netanyahu qui s’en est pris aux autorités policières et aux médias et l’a accusé de « faire dérailler » le pays.

Yaalon a déclaré qu’en tant que ministre de la Défense, avant de quitter son poste et la Knesset en 2016 suite à des désaccords avec Netanyahu, « j’ai lutté contre ses tentatives de délégitimer la Cour suprême et la primauté du droit ».

« C’était la même chose avec les médias », a-t-il ajouté. « Quoi, n’avait-il pas essayé de prendre le contrôle de la radio militaire ? Je ne l’ai pas laissé faire ».

Netanyahu a été accusé de chercher à manipuler les médias en Israël pour obtenir une couverture favorable.

La police a recommandé l’inculpation de Netanyahu dans l’affaire 2 000, une affaire qui implique un allégation d’accord secret suspect entre Netanyahu et l’éditeur Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, dans le cadre duquel le Premier ministre aurait affaibli le quotidien rival, Israel Hayom soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Il a également été interrogé en tant que suspect dans le cadre de l’enquête sur l’affaire 4000. Shaul Elovitch, un actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, est soupçonné d’avoir ordonné au site d’information Walla, dont il est propriétaire, de donner une couverture positive à Netanyahu et de sa famille et en échange le Premier ministre aurait soutenu des règlements bénéficiant à Elovitch.

Netanyahu a toujours nié avoir commis tout acte illégal dans toutes les affaires le concernant.

Le commandant de la radio militaire Yaron Dekel, lors d’une conférence à l’Institut israélien de la démocratie, le 24 mai 2016 (Crédit : FLASH90)

« Benjamin Netanyahu est fini », a accusé Yaalon, qui n’a pas été dans l’arène politique depuis près de deux ans. « Il a dévié des rails et fait dérailler le pays. »

Il a accusé les partenaires politiques de Netanyahu de garder le silence « pour des raisons politiques, et non pour des considérations de leadership prenant en compte les avantages pour le pays ».

Ils ont « créé une toile de mensonges sur des choses qui auraient dû exploser », a accusé Yaalon.

Plus tard jeudi, Yaron Dekel, l’ancien commandant de la radio militaire (2012-17), qui est techniquement une unité de l’armée israélienne, a commenté ces remarques.

« Je ne sais pas de quoi parlait Yaalon quand il a dit que Netanyahu essayait de prendre le contrôle de la radio militaire », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il faisait peut-être référence à des tentatives de se débarrasser de Dekel lui-même.

« Je ne peux que deviner que Netanyahu voulait la fin de [mon] mandat afin de nommer un commandant qui lui est associé », a déclaré Dekel. « Yaalon a prolongé [mon] mandat malgré la volonté du Premier ministre. Je pense que c’est ce qu’il voulait dire. Je n’ai pas fait face à de pression significative pendant mon mandat. »

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