Yaalon qualifie Liberman de « chef de gang » pour avoir défendu le soldat de Hébron
Rechercher

Yaalon qualifie Liberman de « chef de gang » pour avoir défendu le soldat de Hébron

L'ancien ministre de la Défense nie avoir agi de façon inappropriée en réprimandant le sergent jugé pour le meurtre d’un palestinien neutralisé

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le ministre de la Défense sortant, Moshe Yaalon, se rend à une conférence de presse pour annoncer sa démission, au quartier général de l'armée de Tel Aviv, le 20 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense sortant, Moshe Yaalon, se rend à une conférence de presse pour annoncer sa démission, au quartier général de l'armée de Tel Aviv, le 20 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a riposté mercredi à la critique de sa gestion du cas d’un soldat israélien jugé pour avoir tué un attaquant palestinien déjà neutralisé, qualifiant son successeur Avigdor Liberman de « chef de gang » du fait de son soutien public au sergent Elor Azaria.

Liberman a déclaré lundi que les politiciens devraient laisser le tribunal militaire faire son travail et non pas « décider du sort [d’Azaria] » par eux-mêmes.

« L’échelon politique, et surtout le ministre de la Défense, ne doivent pas être autorisés à décider du sort du soldat, d’autant moins avant que le processus juridique ne soit fini », a-t-il déclaré dans une référence évidente aux observations faites par son prédécesseur, qui, ministre de la Défense au moment de l’incident, a indiqué qu’il croyait Azaria coupable.

Dans un discours prononcé à l’université Bar Ilan, Yaalon a nié avoir agi de façon inappropriée, a rapporté Haaretz. Il a dit qu’il n’avait « pas parlé avec l’avocat général militaire à ce jour sur la question, car cela aurait pu être considéré comme une intervention ».

Avigdor Liberman, président du parti Yisrael Beytenu party, pendant la cérémonie de signature de l'accord de coalition avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)
Avigdor Liberman, président du parti Yisrael Beytenu party, pendant la cérémonie de signature de l’accord de coalition avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

Azaria était au tribunal militaire cette semaine pour l’incident du 24 mars, au cours duquel il a été filmé abattant Abdel Fattah al-Sharif d’une balle dans la tête, près de 15 minutes après que Sharif avait été blessé par des soldats qu’il avait tenté de poignarder.

Elor Azaria, au centre, un soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, pendant une audience à la Cour militaire de Jaffa, le 26 juillet 2016. (Crédit : Flash90)
Elor Azaria, au centre, un soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, pendant une audience à la Cour militaire de Jaffa, le 26 juillet 2016. (Crédit : Flash90)

Yaalon, alors ministre de la Défense et un certain nombre d’autres responsables militaires ont défendu la décision de l’armée de poursuivre Azaria, affirmant que le meurtre était incompatible avec les valeurs de l’armée.

Yaalon a déclaré mercredi qu’il n’avait commenté le cas qu’une fois l’enquête interne de Tsahal, qui a déterminé qu’Azaria avait eu tort, avait été terminée.

« Je n’ai pris part à la procédure pénale d’aucune manière que ce soit. Je n’ai pas fait de pèlerinage à la cour comme un chef de gang – pardonnez-moi de le dire – afin de faire pression », a-t-il dit, se référant à une manifestation devant le tribunal en présence de Liberman – et d’autres députés de son parti Yisrael Beytenu – avant qu’il ne soit nommé ministre.

Des activistes d'extrême droite protestent devant le tribunal où Elor Azaria est entendu, à Jaffa, le 1er juin 2016 (Crédit : Flash90)
Des activistes d’extrême droite protestent devant le tribunal où Elor Azaria est entendu, à Jaffa, le 1er juin 2016 (Crédit : Flash90)

Le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eisenkot a dit à la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset mardi que la plus grande menace pour l’armée est lorsque des hommes politiques se mêlent de ses affaires, entachant la confiance du public dans son intégrité. Lors d’une réunion à huis clos, dont les détails ont été divulgués aux médias, Eisenkot a averti les législateurs que la rhétorique politique sur les sujets concernant l’armée faisait du tort à Tsahal.

Les députés présents à la réunion ont rappelé que Eisenkot a noté qu’il y a eu plusieurs incidents impliquant des politiciens parlant à tort sur les questions militaires internes, et a attiré une attention particulière sur l’affaire d’Azaria.

« Beaucoup de choses ont été dites sans connaissance des faits, pour promouvoir des causes qui n’ont rien à voir avec l’armée israélienne », a-t-il dit. « Nous voulons une armée israélienne qui fonctionne selon les ordres, les règles d’engagement, l’esprit de Tsahal et les valeurs de Tsahal. Si quelqu’un veut une philosophie de gang alors qu’il le dise ».

Yaalon, qui a démissionné de la politique le 20 mai après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné son poste ministériel à Liberman dans une manœuvre visant à renforcer sa coalition, a également utilisé son discours de mercredi pour critiquer la direction politique d’Israël qui créerait des divisions dans la société plutôt que l’unité.

« Un coup contre les Arabes, un autre coup contre les résidents d’implantation, cette fois contre les gauchistes, une autre fois contre les ultra-orthodoxes, à nouveau contre la communauté LGBT, et maintenant les Ashkénazes et les Orientaux. D’où tirent-ils cela ? Le fait de rechercher des divisions tout le temps ? » s’est-il interrogé, selon Haaretz.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...