Yaalon : Il n’y aura « sans doute » pas d’Etat palestinien de mon vivant
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Yaalon : Il n’y aura « sans doute » pas d’Etat palestinien de mon vivant

Le ministre de la Défense a mis en garde contre une prise de contrôle du Hamas en Cisjordanie qui menacerait la Jordanie voisine

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Le ministre de la Défense Moshe Ya'alon à la conférence de Herzliya, le 9 juin 2015 (Erez Harodi / Osim Tsilum / Autorisation)
Le ministre de la Défense Moshe Ya'alon à la conférence de Herzliya, le 9 juin 2015 (Erez Harodi / Osim Tsilum / Autorisation)

Le ministre de la Défense d’Israël a fait écho mardi aux propos controversés du Premier ministre Benjamin Netanyahu prononcés pendant la campagne électorale de mars dernier, mettant en garde contre l’idée d’un Etat palestinien en Cisjordanie et indiquant qu’il ne prévoyait pas une telle évolution de son vivant.

Moshe Yaalon, âgé de 64 ans, a averti que même sans concessions territoriales, si Israël se gardait « d’intervenir militairement en Cisjordanie, la survie de la monarchie dans la Jordanie voisine serait remise en question ».

Faisant référence â l’interview récente de Barack Obama sur la Deuxième chaîne israélienne, dans laquelle le président américain avait dit qu’il ne prévoyait pas un accord de fin de revendications entre Israël et les Palestiniens pendant sa dernière année de mandat, Yaalon a déclaré : « Certains disent ‘pas l’année prochaine’, d’autres disent ‘pas pendant leur mandat’, mais moi, à mon grand regret, avec ma grande expérience… je ne vois pas de règlement stable de mon vivant, et je compte vivre encore un peu. »

Yaalon, qui s’exprimait lors de la Conférence de Herzliya sur la sécurité, a invoqué à la place « un modus vivendi réaliste » qui ne soit pas fondé sur « des objectifs impossibles qui pourraient générer de l’instabilité ».

Mahmoud Abbas et Barack Obama à une conférence de presse à Ramallah en mars 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Mahmoud Abbas et Barack Obama à une conférence de presse à Ramallah, en mars 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Ces considerations interviennent après l’échec flagrant de l’administration Obama, menée par le secrétaire d’État John Kerry, pour amener Israël et l’Autorité palestinienne à un accord de paix historique (en 2014).

En mars, un jour avant l’élection, Netanyahu avait dit à un journaliste de Makor Rishon qu’ « en effet » il n’y aurait pas d’Etat palestinien durant son mandat.

Obama a réagi dans le Huffington Post après les élections : « Nous le prenons au mot quand il dit que cela n’arrivera pas tant qu’il est Premier ministre, et c’est pourquoi nous devons évaluer d’autres options pour faire en sorte que nous n’assistions pas à une situation chaotique dans la région. »

Yaalon a plaidé mardi, comme il l’a souvent fait dans le passé, l’idée que le conflit israélo-palestinien était une querelle mineure au milieu du Moyen-Orient en pleine mutation et que tout bricolage majeur sur le statu quo en Cisjordanie conduirait à une plus grande instabilité.

« Imaginez que nous aillons accepté la proposition de renoncer à la liberté sécuritaire » de l’armée israélienne pour opérer en Cisjordanie, a-t-il dit. « Il y aurait là-bas un ‘Hamastan’. »

Il a révélé que c’est Israël, et non les forces de sécurité palestiniennes, qui avait contrecarré l’été dernier un complot du Hamas impliquant 95 personnes pour renverser le président de l’AP, Mahmoud Abbas, en lançant une série d’attaques terroristes depuis la Cisjordanie contre les Israéliens.

Il a ajouté que si le Hamas prenait le contrôle de la Cisjordanie, la situation y serait bientôt semblable à celle du régime islamiste dans la bande de Gaza – contesté par le Jihad islamique palestinien qui est soutenu par l’Iran et par des groupes salafistes du type Etat Islamiste.

« Quelles seraient les implications de cette situation pour le Royaume hachémite ?, a-t-il demandé. Y survivrait-il ? »

« De bonnes intentions », a-t-il accusé, ne sont pas un motif suffisant pour un changement politique majeur qui pourrait conduire à « des raccourcis destructeurs ».

Au lieu de cela, il s’est fait l’avocat d’un statu quo amélioré, dans lequel les Palestiniens travailleraient avec Israël et aurait un gouvernement sans Etat formel.

Dans son allocution de 40 minutes sur la sécurité – où il a abordé le rôle de l’Iran dans la région et les intérêts de sécurité partagés par Israël et les Etats sunnites les plus modérés -, Yaalon a déclaré que « l’outil le plus utilisé » aujourd’hui pour lutter contre Israël est l’outil « de la délégitimation et de la diabolisation ».

Il a cité comme exemple par excellence de l’ « alliance impie » entre les organisations islamistes et les gauchistes européens et autres, le navire turc Mavi Marmara, qui, lorsqu’un officier de la Marine israélienne lui a demandé de changer de cap, en mai 2010, a répondu en anglais, « Retournez à Auschwitz ».

Evoquant les élections de cette semaine en Turquie, qui ont vu le parti du président Recep Tayyip Erdoğan perdre sa majorité parlementaire, Yaalon a qualifié le pays « de régime des Frères musulmans ».

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