Non, Monsieur le Président, vous ne comprenez pas tout à fait nos peurs
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Opinion

Non, Monsieur le Président, vous ne comprenez pas tout à fait nos peurs

Ne blâmez pas les Israéliens qui voient le danger quand vous ne voyez qu’une possibilité, comme on l'a vue lors de votre dernière interview

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le président américain Barack Obama, interviewé sur la Deuxième chaîne, le 2 juin 2015. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)
Le président américain Barack Obama, interviewé sur la Deuxième chaîne, le 2 juin 2015. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)

En discutant des réserves israéliennes concernant l’accord nucléaire avec l’Iran que vous êtes si énergiquement en train de défendre, Monsieur le Président, vous avez affirmé dans votre frappante et sincère interview diffusée sur la Deuxième chaîne israélienne mardi : « Je peux dire au peuple israélien : je comprends vos préoccupations et je comprends vos craintes. »

Mais Monsieur le Président : ce n’est pas le cas. Et votre entrevue l’a démontrée, malheureusement, de façon claire. Vous ne comprenez pas tout à fait nos préoccupations et nos peurs – pas en ce qui concerne le régime de Téhéran, entraîné par un sens de l’impératif religieux perverti, et non par les considérations du conflit israélo-palestinien.

Et ce n’est pas pour rejeter vos ferventes et passionnées prières que vous nous avez livrées pendant l’interview, à propos de l’obligation d’Israël d’être à la hauteur de nos « valeurs essentielles », nos valeurs fondamentales – la nécessité pour nous de protéger les « valeurs essentielles » inscrites dans notre Déclaration d’Indépendance, pour protéger notre démocratie, et insister sur notre moralité, et veiller sur l’espoir d’un avenir meilleur pour nous et nos voisins, en particulier nos voisins palestiniens.

Écoutez s’il vous plaît. Ceci n’est pas une critique fermée à l’encontre d’Obama de la part d’un Israélien pour qui vous ne pouvez rien faire de bien. Ceux qui baignent dans cette situation israélienne compliquée politiquement, ce qui est le cas pour la plupart d’entre nous, approuvons chaque mot que vous avez à dire à propos de la nécessité de résoudre le conflit avec les Palestiniens afin de maintenir Israël en tant que démocratie juive.

Nous partageons vos inquiétudes sur ce que devient cette « jeunesse palestinienne à Ramallah » dont vous avez parlé, aigrie et frustrée par le statu quo.

Nous partageons votre volonté de renforcer l’espoir que vous vous êtes rappelé avoir vu, de façon si émouvante, lorsque vous étiez venu il y a deux ans, « dans les visages des enfants israéliens… dans les visages des enfants palestiniens ».

Mais si vous réfléchissez bien, Monsieur le Président, vous savez très bien où se situent nos cœurs.

Vous savez très bien que l’Etat juif et son peuple ne veulent rien de plus que de vivre dans la paix et la dans tranquillité aux côtés de leurs voisins.

Après tout, comme vous l’avez souligné lors de votre interview, la plus grosse salve d’applaudissements que vous ayez obtenue, c’était lorsque vous avez parlé à des étudiants israéliens, à Jérusalem, et quand vous avez déclaré : « Je sais que le peuple d’Israël se soucie des enfants palestiniens. »

Cependant, ce que vous n’avez pas entièrement intériorisé, et ce de manière évidente, c’est la façon dont nous, les Israéliens du juste milieu – les non-fanatiques, ceux qui ne veulent pas annexer la Cisjordanie et subvertir notre démocratie, ceux qui ne désirent pas d’une entité binationale unique entre le fleuve et la mer car elle mettrait fin à l’Etat juif – avons été frappés par l’histoire récente, et continuons d’être frappés par les événements qui se déroulent tout autour de nous.

Vous cherchez à nous assurer que cet accord avec l’Iran est dans notre propre intérêt quand on sait que l’Iran – qui lance des appels quasi quotidiens destinés à notre destruction – va dépeindre tout accord comme une victoire et une justification, et utilisera cette victoire ostensible pour intensifier ses efforts pour nous nuire, par le biais du terrorisme et par l’intermédiaire de ses armées qui agissent par procuration au Liban et à Gaza, tout en continuant à faire son possible pour tricher et intimider [le monde] afin de se procurer la bombe.

Nous savons que l’accord cimentera ce sombre régime au pouvoir à Téhéran, et que ce sont vos négociateurs qui ont cligné des yeux, qui n’ont jamais forcé le régime à choisir entre la survie et son programme nucléaire, quand le levier financier servait à leur imposer ce choix.

Vous nous demandez, encore et encore, de penser au sort des Palestiniens, de nous détourner de notre leadership – qui prend la forme, semble t-il, du Premier ministre Benjamin Netanyahu – qui colporte les politiques de la peur au lieu de choisir le chemin de l’optimisme et des opportunités.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 mai 2015, à la résidence présidentielle à Jérusalem (Crédit : AFP Photo / Gali Tibbon)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 mai 2015, à la résidence présidentielle à Jérusalem (Crédit : AFP Photo / Gali Tibbon)

Mais Israël vient d’élire à nouveau Netanyahu, ignorant vos prières, parce que la preuve du danger l’emportait sur la preuve qu l’on pouvait construire l’espoir. Et voici l’ironie dans cette histoire, Monsieur le Président : vos politiques et votre rhétorique n’ont pas aidé.

Vous vous êtes plaint, pendant l’interview, qu’il y avait beaucoup trop de « filtres » entre vous et le peuple israélien qui, par conséquent, ne recevait pas directement votre message. (Ce qui est amusant dans la mesure où cette interview a été retransmise dans les salons du peuple d’Israël, en prime time, sur la chaîne de télévision israélienne la plus regardée. L’interview complète est également en ligne ici.) Croyez-moi, Monsieur le Président, le problème ne vient pas de la façon dont le message est transmis. Le problème vient du message lui-même et des actions.

Vous prétendez que vous êtes « toujours en train d’essayer de concilier la politique de l’espoir et la politique de la peur ». Vous avez reconnu que le Printemps arabe est devenu une catastrophe en Syrie, vous avez déploré le sentiment antisémite et anti-Israélien dans le monde arabe, vous avez mentionné les menaces provenant de Gaza et du sud Liban.

Et vous avez dit que vous n’avez « jamais suggéré » qu’il était inapproprié pour Israël « d’insister pour que toute solution à deux Etats prenne en compte le risque que ce qui semble être une Autorité palestinienne pacifique aujourd’hui pourrait devenir hostile ».

Vous avez dit tout cela, mais avez-vous vraiment conseillé, manœuvré et agi en partant de ce fondement ?

Avez-vous vraiment intériorisé le fait qu’il y a cinq ans, Israël envisageait de renoncer au plateau du Golan, un territoire hautement stratégique, pour un accord de paix avec Bashar el-Assad. Où est-ce qu’on en serait maintenant ? Nous serions totalement vulnérables à la contagion de la violence brutale et anarchique qui prend place à la frontière.

Avez-vous vraiment, vraiment intériorisé le fait qu’Israël a quitté le sud du Liban en 2000 et Gaza en 2005, sous les applaudissements et les garanties de la communauté internationale ; avec pour résultat de voir les armées terroristes et vicieuses du Hezbollah et du Hamas engloutir et combler ces vides respectifs ?

Avez-vous vraiment, honnêtement, complètement intériorisé que le Hamas a expulsé les forces relativement modérées de Mahmoud Abbas de Gaza en quelques heures en 2007, et qu’il y a toutes les raisons de croire que le Hamas cherchera à faire la même chose en Cisjordanie si Israël, comme vous le souhaitez, se retirait ?

Et le Hamas en Cisjordanie paralyserait entièrement ce pays. Une seule roquette du Hamas qui a atterri à environ un kilomètre de l’aéroport l’été dernier a incité les deux tiers des compagnies aériennes étrangères à stopper les vols en Israël pour une journée et demie – y compris l’ensemble des grandes compagnies aériennes américaines. Une seule roquette. Le pouvoir du Hamas en Cisjordanie pourrait « fermer » l’ensemble de notre pays.

En toute franchise, Monsieur le Président, je ne sais pas lequel des arrangements sécuritaires que vos « conseillers militaires de haut rang » ont formulés, pourraient nous défendre de manière crédible contre le scénario bien trop plausible d’une prise de contrôle par le Hamas de la Cisjordanie. Vous avez insisté sur le fait que vous ne vous attendiez pas à ce qu’Israël soit « naïf ».

Mais il y a à peine une décennie, nous avons été assassinés par centaines par une série d’attaques stratégiques de kamikazes envoyés depuis les villes de la Cisjordanie où nous avions renoncé au contrôle des affaires quotidiennes.

À ce jour, le relativement modéré Mahmoud Abbas utilise ses chaînes de télévision pour inciter sans relâche à la haine contre Israël, se moquant de notre Histoire, qui se compte en millénaires, dans ce pays ; ses loyalistes du Fatah utilisent leurs pages Facebook pour encourager au terrorisme contre nous. Ne vous méprenez pas, Monsieur le Président : l’AP forge, avec précaution, un climat d’hostilité profonde à l’encontre d’Israël, et certainement pas un climat de réconciliation.

Lorsque Netanyahu a gelé l’expansion des implantations, la dernière fois, en 2009-2010, Abbas est tout de même resté éloigné de la table des négociations de paix pendant neuf mois.

Pour accepter de rejoindre les efforts de paix du secrétaire Kerry, en 2013, Abbas a exigé qu’Israël libère des dizaines des orchestrateurs les plus dangereux du terrorisme – et Netanyahu a accepté.

À la table des négociations, Abbas a insisté pour que des millions de descendants de troisième et quatrième génération de Palestiniens qui vivaient en Israël aient le « droit au retour » dans le cadre de tout accord établissant la Palestine. C’est une solution qui diffère de la solution à deux Etats, celle que nous voulons : un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza aux côtés d’un Israël qui serait devenu démographiquement une autre Palestine. Le relativement modéré Abbas reste verrouillé dans un gouvernement méprisable de « réconciliation » avec le Hamas, le gouvernement terroriste de Gaza qui vise ouvertement notre élimination.

(De gauche à droite) Le chef de la délégation du Fatah Azzam al-Ahmad, le Premier ministre du Hamas dans la bande de Gaza Ismael Haniyeh et Abu Marzouk - 23 avril 2014 - jour de la signature du pacte de réconciliation entre les deux factions palestiniennes (Crédit : Said Khatib/AFP)
(De gauche à droite) Le chef de la délégation du Fatah Azzam al-Ahmad, le Premier ministre du Hamas dans la bande de Gaza Ismael Haniyeh et Abu Marzouk ; le  23 avril 2014 , le jour de la signature du pacte de réconciliation entre les deux factions palestiniennes (Crédit : Said Khatib/AFP)

Ce sont ces réalités sombres qui, à notre grande tristesse, Monsieur le Président, accablent les espoirs que nous avons pour la paix, un avenir meilleur et  notre espoir de garantir que notre pays garde son essence judéo-démocratique.

Croyez-moi, Monsieur le Président, aucune des familles israéliennes qui envoie ses enfants se battre à Gaza, aucune des familles israéliennes qui regarde le Hamas élargir la portée de ses tirs de roquettes qui rentrent toujours plus profondément en Israël – en bref, aucune famille israélienne – ne veut rien d’autre que la paix et la tranquillité ici.

Et la plupart des Israéliens soutiendront des compromis territoriaux les plus ambitieux en échange d’une garantie crédible d’une tranquillité durable. Et nous évincerions tout gouvernement qui ne parviendrait pas à saisir une occasion réaliste de poursuivre ces objectifs.

Mais c’est ici que, avec le plus grand respect que l’on vous doit, vous avez failli jusqu’à présent, Monsieur le Président. Vous avez obtenu le gel de la construction des implantations il y a six ans, vous avez obtenu les libérations de prisonniers en 2013, mais qu’avez-vous réussi à arracher à Abbas ?

A-t-il arrêté d’inciter à la haine contre Israël ? A-t-il modéré ses positions sur le « droit au retour » ? Vous critiquez Netanyahu pour sa vision sombre du monde, mais avez-vous fustigé Abbas quand il est entré dans un partenariat qui donne le droit de veto au Hamas sur ses ministres ? Lui avez-vous dit, ‘désolé, cela ne nous conviendra pas ?’ Non, vous avez dit que vous continueriez à travailler avec lui.

Vous avez réprimandé Netanyahu qui a exclu la possibilité d’un Etat palestinien à la veille des élections puis rejeté sa ré-approbation d’une solution à deux Etats comme étant tellement pleine de « de mises en garde » qu’elle ne pouvait être réaliste.

Vous avez averti qu’Israël pouvait par conséquent perdre sa crédibilité internationale, et que cela rendrait encore plus difficile pour vous de nous défendre à l’échelle internationale. Mais qu’on aime ou qu’on déteste Netanyahu, ses préoccupations, Monsieur le Président, sont pertinentes.

Le Hamas a anticipé la réduction en poussière d’Israël l’été dernier, et c’est seulement grâce à la performance extraordinaire du Dôme de fer que cela n’est pas arrivé.

Le Hamas essaierait de prendre la Cisjordanie si nous nous retirions – puis, grâce à des tunnels et des roquettes, nous attaquerait au-dessus et en dessous de nos frontières.

Abbas n’a pas encouragé son peuple à intérioriser la légitimité de la souveraineté juive dans cette partie du monde. Et à côté de cet espoir que vous avez vu pour un avenir meilleur, il y a la haine aussi sur tant de jeunes visages palestiniens.

Pensez à la haine qu’a dû absorber le Palestinien de 16 ans qui a poignardé à mort un soldat israélien de 18 ans, Eden Atias, endormi à côté de lui dans un bus à Afula, dans le nord d’Israël, en novembre 2013.

Pensez à vos filles, qui ont à peu près cet âge alors que je pense à mes enfants, et mesurez à quel point un tel acte est éloigné de la plupart des instincts humains décents de base. Le systématique et implacable climat d’hostilité anti-Israël dans une Cisjordanie contrôlée par Abbas a produit ce tueur et d’autres comme lui.

L’expansion des implantations discrédite les modérés, et rend plus facile pour les groupes terroristes de recruter, mais ce n’est pas la racine de la haine, la racine du conflit. En son cœur, le conflit israélo-palestinien poursuit sa marche sanglante parce que la direction palestinienne refuse de reconnaître que la nation juive a une légitimité ici.

Et vous, Monsieur le Président, si prompt à nous blâmer pour les échecs, prêt même dans votre interview à citer ces échecs, les erreurs américaines et les valeurs perdues, n’avez pas insisté sur l’autocritique, la moralité et l’affirmation des valeurs humanistes similaires de la part des Palestiniens et de leur leadership.

Oui, nous, Israéliens, sommes puissants, une force militaire sur laquelle il faut compter, une puissance économique, et ils sont les pauvres palestiniens, cherchant seulement à fonder un Etat.

Mais prenez un peu de recul et voyez que nous ne sommes qu’une petite bande de terre avec 14,5 km de largeur à notre point le plus étroit, voisins d’un vaste territoire rempli de centaines de millions de personnes largement hostiles au fait même que nous existions.

Si nos ennemis déposaient les armes maintenant, Monsieur le Président, il y aurait la paix. Si nous devions déposer nos armes maintenant, notre pays serait détruit. Et donc, Monsieur le Président, nous aurons besoin de beaucoup plus de garanties avant d’oser espérer.

Vous pouvez encore nous aider. Vraiment, vous le pouvez. Commencez par exiger qu’ils arrêtent l’incitation à la haine contre Israël dans les écoles palestiniennes, dans les médias palestiniens et de la part des chefs religieux.

Exigez des efforts similaires du côté israélien, par tous les moyens. Expliquez à Abbas qu’un partenariat avec le Hamas au pouvoir est inacceptable. Dites-lui d’arrêter de tenter de porter des coups à Israël sur tous les forums internationaux, de nous accuser de « génocide » à l’ONU, de rechercher notre isolement et notre dévastation économique.

Encore une fois, faites ces demandes à Israël aussi, par tous les moyens. Exhorter Netanyahu d’arrêter la construction des implantations dans les zones qu’il ne prévoit pas de garder dans le cadre d’un accord permanent.

Assurez-vous que nous facilitions les mouvements des Palestiniens en Cisjordanie, quand cela sera prudent de le faire. Encouragez le Premier ministre à poursuivre son récent changement mineur et à prendre une position plus positive sur l’Initiative de paix arabe comme fondement à un effort de paix régional.

Manœuvrez, faites de la médiation, encouragez. Mais n’enhardissez pas nos ennemis en plaçant publiquement de manière si disproportionnée le blâme sur nous pour l’échec de vos efforts de paix.

N’indiquez pas que vous pourriez réduire votre soutien pour nous à l’ONU.

Ne renforcez pas davantage l’assurance palestinienne croissante que la communauté internationale nous imposera un Etat palestinien, sans la nécessité de négocier des modalités qui assureront notre bien-être sur le long terme.

Poussez les Palestiniens à un compromis ; ne cédez pas et n’approuvez pas leur obstination.

Travaillez vers un Etat palestinien qui sera vraiment en paix avec Israël. Aidez-nous à nous donner plus de raisons pour que nous fassions ce que vous voulez que nous fassions : favoriser l’espoir sur la peur.

« Nous ne pouvons pas être entraînés par ce sentiment qu’il n’y a qu’un danger ; il y a aussi la possibilité », avez-vous déclaré lors de votre interview. Eh bien, agissez pour réduire notre sentiment de danger, Monsieur le Président, et vous nous trouverez déterminés à faire progresser toutes les possibilités d’un avenir meilleur.

Vous voudriez que nous soyons le meilleur Israël que nous pourrions être ? Nous aussi, Monsieur le Président. Nous aussi.

Vous avez dit que vous voyez votre tâche comme consistant à « nourrir l’espoir » et « pas seulement nourrir la peur ». Eh bien, je vous en supplie, Monsieur le Président, ne vous contentez pas de nous blâmer parce que nous nous laissons ensevelir par nos préoccupations et nos peurs. Aidez-nous à les réduire. Aidez-nous à nous soulager de leur poids.

Donnez-nous la preuve sur laquelle nous pourrons reconstruire l’espoir.

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