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Yad Vashem condamne les propos de Viktor Orban sur le « mélange des races »

Le Premier ministre hongrois, qui avait rejeté le week-end dernier la vision d'une société "multi-ethnique", a défendu "un point de vue culturel"

Le président de Yad Vashem, Dani Dayan.(Crédit : Alex Kolomoisky/Yad Vashem)
Le président de Yad Vashem, Dani Dayan.(Crédit : Alex Kolomoisky/Yad Vashem)

Le président de Yad Vashem, Dani Dayan, a réagi jeudi aux commentaires faits hier par le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a déclaré que les Hongrois « ne veulent pas devenir une race mixte ».

« La déclaration du Premier ministre hongrois Viktor Orban ne rappelle que trop les idéologies associées aux horribles atrocités de la Shoah. La Shoah nous enseigne que nous devons répondre à de telles expressions rapidement et directement. Yad Vashem appelle le gouvernement hongrois à honorer son engagement déclaré à se souvenir véritablement de la Shoah et à combattre efficacement l’antisémitisme et le racisme », a déclaré Dayan.

Orban, en visite en Autriche, a défendu jeudi « un point de vue culturel » hongrois après son virulent discours le week-end dernier contre « le mélange des races ».

« Il arrive parfois que je parle d’une manière qui peut être mal comprise, mais j’ai demandé au chancelier (Karl Nehammer) de bien vouloir placer les informations dans un contexte culturel », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Vienne. « En Hongrie, ces expressions et phrases représentent un point de vue culturel, civilisationnel. »

Le Premier ministre Viktor Orban salue ses partisans avant un discours lors du dernier rassemblement électoral de sa campagne avant l’élection de dimanche à Szekesfehervar, en Hongrie, le 1er avril 2022. (Crédit : AP Photo/Petr David Josek)

Le dirigeant nationaliste hongrois de 59 ans, habitué des coups d’éclat et farouchement anti-migrants, avait rejeté samedi la vision d’une société « multi-ethnique ».

« Nous ne voulons pas être une race mixte », qui se mélangerait avec « des non-Européens », avait-il dit, avant de faire une apparente allusion aux chambres à gaz du régime nazi, ce qui lui avait valu de vives critiques de la communauté juive et la démission d’une conseillère.

Depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban a transformé son pays en mettant en place des réformes « illibérales », basées sur la « défense d’une Europe chrétienne ».

Il s’en est notamment pris aux migrants venus d’Afrique et du Moyen-Orient et aux ONG leur venant en aide, durcissant le droit d’asile et érigeant des barrières aux frontières.

M. Nehammer a évoqué cette nouvelle controverse dès le début de la conférence de presse, « condamnant fermement toute forme de racisme et d’antisémitisme » et assurant que les deux hommes avaient abordé « en toute franchise » la question.

« Nous sommes en parfait accord », a réagi Viktor Orban, se disant « fier » de la politique de « zéro tolérance » menée par la Hongrie.

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