Yad Vashem: L’attaque au gaz en Syrie montre l’échec des institutions post-Shoah
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Yad Vashem: L’attaque au gaz en Syrie montre l’échec des institutions post-Shoah

Avant Yom HaShoah, Avner Shalev a estimé que "des attaques sauvages contre les civils" prouvent l'incapacité des instances internationales à les empêcher

Le président de Yad Vashem Avner Shalev  s'exprime lors d'un événement à Jérusalem, le 10 avril 2018 (Capture d'écran : Facebook)
Le président de Yad Vashem Avner Shalev s'exprime lors d'un événement à Jérusalem, le 10 avril 2018 (Capture d'écran : Facebook)

Le président du musée du mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem a condamné mardi une attaque chimique présumée menée contre une ville aux mains des rebelles par le régime du président de Bashar el-Assad, la qualifiant « d’attaque sauvage contre des civils » et accusant les instances internationales établies après la Seconde Guerre mondiale d’échouer à prévenir un second Holocauste.

« Nous lisons tous [les informations] et nous sommes profondément troublés par l’attaque au gaz en Syrie qui a été commise ces derniers jours, une agression sauvage contre des civils, des femmes et des enfants, avec un grand nombre de morts », a déclaré Avner Shalev au cours d’une conférence à Yad Vashem, à Jérusalem, en amont de Yom HaShoah, qui commencera mercredi dans la soirée.

« Et ceci montre une fois encore ce que malheureusement, nous savons déjà – cette sorte d’échec continu de la part des organisations et des appareils mis en place par la communauté internationale après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste », a ajouté Shalev. « Certains ont échoué, ne fonctionnent pas suffisamment bien : Ils ne sont pas parvenus à empêcher, à réagir et à réduire de tels phénomènes ».

« Nous devons nous souvenir constamment que nous devons faire tout ce qui est possible pour que ces outils fonctionnent de manière efficace, notamment dans ce cas, en Syrie », a-t-il poursuivi.

Lundi, Israël a accusé la Syrie d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » dans son attaque sur la ville de Douma, aux mains des rebelles, ce week-end.

« Israël condamne avec force l’attaque chimique perpétrée le 7 avril par la Syrie, un an après les assassinats en masse commis par le régime à Khan Sheikun », a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères, se référant à une attaque chimique contre une municipalité, bastion des groupes rebelles, qui avait été largement condamnée au mois d’avril de l’année dernière.

« Le régime syrien continue à commettre des crimes contre l’humanité en utilisant ces armes hors-la-loi », a ajouté le communiqué.

Il a noté que cette attaque « rejoint une longue série de frappes similaires utilisant des armes chimiques qui ont été menées par le régime depuis qu’Assad a entrepris d’abandonner de tels armements ».

« L’attaque a clairement montré que la Syrie continue à posséder des capacités d’armes chimiques et même à en fabriquer des nouvelles », a poursuivi le communiqué. « Ce faisant, la Syrie viole éhontément ses obligations et les décisions prises par la communauté internationale dans ce dossier ».

L’attaque au gaz présumée de samedi a eu lieu dans la ville de Douma, aux mains des rebelles, dans le cadre d’une reprise de l’offensive de la part des forces gouvernementales syriennes après l’effondrement de la trêve. Au moins 40 personnes auraient été tuées, et notamment des enfants, tandis que des centaines d’autres auraient été blessées.

Les premiers secours liés à l’opposition, connus sous le nom de casques blancs, ont déclaré que des familles entières avaient été retrouvées suffoquant dans leurs habitations et dans des abris. Le groupe a précisé que les victimes montraient des signes d’empoisonnement au d’empoisonnement au gaz, notamment une dilatation des pupilles et de la présence d’écume au bord des lèvres. Dans un communiqué, les secours ont annoncé qu’il y avait une odeur qui ressemblait au chlore – ce qui n’expliquerait pas toutefois les symptômes décrits, qui sont habituellement associés au gaz sarin.

Le président américain Donald Trump a qualifié lundi l’attaque « d’atroce » et a promis de prendre une décision sur une éventuelle riposte. Il a plus tard promis une réponse « forte ».

La France, qui avait indiqué que des preuves d’utilisation d’armes chimiques pourraient entraîner une action militaire, a répondu à cette attaque en réclamant une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU lundi.

Cette requête a été signée par huit autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, tandis que la Russie a demandé une autre rencontre du Conseil de sécurité pour évoquer les menaces globales à la paix.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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