Yadlin donne 5 ans aux États-Unis et à Israël pour s’unir contre l’Iran
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Yadlin donne 5 ans aux États-Unis et à Israël pour s’unir contre l’Iran

L'ex-responsable de la Défense a averti que l'accord ne retarde que temporairement les capacités nucléaires de Téhéran

Amos Yadlin pendant un événement organisé par IsraPresse pour la communauté francophone au Menachem Begin Heritage Center, à Jérusalem, le 22 février 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Amos Yadlin pendant un événement organisé par IsraPresse pour la communauté francophone au Menachem Begin Heritage Center, à Jérusalem, le 22 février 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

WASHINGTON – L’accord récemment conclu entre l’Iran et le P5 + 1 retardera pour cinq ans le programme nucléaire de l’Iran. Mais les Etats-Unis et Israël doivent utiliser ce laps de temps pour améliorer la coordination et présenter un front uni contre l’Iran, a déclaré dimanche un ancien haut responsable israélien de la défense.

Le général (à la retraite) Amos Yadlin, ancien chef du renseignement militaire de Tsahal, ancien attaché à Washington et actuel directeur de l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) estime que l’accord nucléaire – qui est entré en vigueur au moment où il s’exprimait – entraînerait des défis majeurs pour Israël, auxquels il devrait répondre avec Washington.

« Un Premier ministre responsable s’adressera au président des États-Unis avec un plan sur la façon de traiter avec l’Iran », a-t-il dit, expliquant qu’Israël a besoin de parler avec les Etats-Unis pour voir comment ils peuvent « contrebalancer les inspections pas si bonnes » et d’autres aspects problématiques de l’accord.

Israël, a souligné Yadlin, « ne peut pas vivre avec l’Iran, avec ce régime qui appelle à la destruction d’Israël, ce même régime qui aura des capacités nucléaires dans 15 ans. »

Mais Yadlin a souligné que la seule façon de faire face aux défis posés par l’Iran est de renforcer la coopération américano-israélienne.

« L’accord est très problématique, mais nous pouvons faire face à ses conséquences et nous en avons le temps, » a poursuivi Yadlin.

Yadlin a suggéré qu’ « Israël et les Etats-Unis créent des commissions qui examinent vers où va l’accord », qui devraient non seulement examiner le programme nucléaire lui-même, mais aussi l’engagement régional de l’Iran et ses appels à la destruction d’Israël.

« Si les Iraniens ne changent pas leur comportement » sur aucun de ces fronts, a continué Yadlin, « l’accord devrait être annulé. »

Selon lui, l’administration Obama n’était pas entièrement sur la même longueur d’onde sur les préoccupations israéliennes concernant les activités non-nucléaires de l’Iran. « Certains dans l’administration Obama voient l’Iran non pas comme le problème, mais comme la solution » aux défis régionaux. Yadlin a cependant affirmé que les Etats-Unis et Israël « devraient traiter ensemble les questions tant nucléaires que non nucléaires ».

Pour Yadlin, « la grande stratégie pour Israël est de voir comment coopérer avec les États-Unis ».

Il préconise la conclusion d’accords parallèles avec l’administration concernant la politique envers l’Iran, et le renouvellement du memorandum stratégique de 10 ans qui fait actuellement l’objet d’une reprise des pourparlers entre Washington et Jérusalem.

Des rencontres ont repris cette semaine après une longue pause qui a coïncidé avec le pic de tensions entre les deux gouvernements. Les efforts, a dit Yadlin, devraient inclure l’augmentation des capacités défensives d’Israël, dont les projets de défense antimissile conjoints israélo-américains, ainsi que les moyens de lutter contre l’influence régionale de l’Iran.

Yadlin a recommandé que pendant les mêmes cinq années les Etats-Unis et Israël conçoivent ensemble la présentation de ce qu’il a décrit comme une « option militaire credible ».

Tout en reconnaissant qu’il existe des « meilleurs choix » que l’option militaire – qu’il voit comme un dernier recours – Yadlin a souligné que « l’option militaire doit être sur la table, car il n’y a que deux leviers avec l’Iran. Il y a des sanctions qui font mal… et, en second lieu, une option militaire crédible. »

Aujourd’hui l’Iran, a-t-il mis en garde, ne voit pas de menace militaire sur la table. Sans critiquer directement l’administration américaine, Yadlin a déclaré que les Iraniens « voient qu’avec les États-Unis il y a une capacité, mais pas de volonté ; et qu’en Israël, il y a une volonté, mais il n’y a pas de capacité ».

Dans les prochaines années, a-t-il suggéré, les deux pays devraient remédier ensemble à ces lacunes.

Dans son discours devant une session plénière de la conférence annuelle de l’Israeli American Council, Yadlin a aussi evoqué les attaques menées actuellement par des Palestiniens contre des Israéliens, établissant un lien entre la situation et la capacité d’Israël à créer un consensus international visant à contenir l’Iran.

« Les [Etats] sunnites et Israël se réveillent le matin et voient la même menace [de l’Iran], » a-t-il expliqué, « mais il n’y a qu’un seul problème : les Palestiniens ». A cette fin, il a proposé qu’Israël s’engage dans un dialogue régional.

« Le leadership dont on a besoin aujourd’hui est pro-actif : une politique qui voit les opportunités et pas seulement la menace », a-t-il soutenu. « Il existe des opportunités très fortes et nous devons savoir comment aller de l’avant. »

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