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Yair Netanyahu témoigne dans son procès et qualifie la procédure de « kafkaïenne »

Le fils de l'ex-Premier ministre, qui a comparé le groupe de protestation "Crime Minister" à des militants nazis, a déclaré que ses tweets étaient dans les limites du raisonnable

Yair Netanyahu accueilli par des partisans à son arrivée au tribunal de district de Tel Aviv, le 24 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)
Yair Netanyahu accueilli par des partisans à son arrivée au tribunal de district de Tel Aviv, le 24 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)

Yair Netanyahu, le fils de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, est venu à la barre dimanche pour témoigner pour sa défense dans le cadre d’un procès en diffamation intenté contre lui.

Le groupe de protestation de gauche « Crime Minister » avait intenté un procès au jeune Netanyahu en 2020 pour un montant de 500 000 shekels suite à une série de tweets dans lesquels il les comparait aux milices nazies.

Dans cette tirade sur Twitter, le fils de l’ancien Premier ministre avait également écrit que l’organisation « [recrutait] les plus fous, les plus violents et les plus atteints de graves problèmes psychotiques », selon Haaretz.

Netanyahu avait affirmé que l’organisation, qui figurait parmi les principaux groupes de protestataires demandant l’éviction de son père, payait des gens pour participer aux manifestations qui avaient lieu toutes les semaines à Jérusalem et opérait avec le soutien de « fonds européens étrangers, de [George] Soros, du pédophile [Jeffrey] Epstein et de [l’ancien premier ministre] Ehud Barak ».

Lors de son témoignage au tribunal de district de Tel Aviv dimanche, Netanyahu a affirmé qu’il n’avait pas dirigé ses remarques contre l’organisation « Crime Minister » dans son ensemble, mais « contre une petite poignée de voyous bruyants et violents qui sont prêts à tout, y compris à recourir à la violence, pour se faire de la publicité », selon Haaretz.

Il a affirmé que ses déclarations étaient dans les limites du raisonnable parce que « selon toute norme », l’organisation est un « groupe anarchiste, aux vues radicales, qui agit violemment, et dont les membres ont tendance à crier avec un mégaphone et à jurer dans un langage grossier », a-t-il déclaré.

Une pancarte, qui joue sur le mot ‘Premier ministre’ en anglais, qui se dit ‘Prime minister’ avec le mot crime, vue lors d’un rassemblement contre la corruption à Tel Aviv le 23 décembre 2017. (Crédit : AFP / JACK GUEZ)

Dans ses commentaires au tribunal, Netanyahu a allégué que l’ancien Premier ministre Ehud Barak « se venge de moi parce que j’ai révélé qu’il est pédophile », une référence probable aux accusations de relations entre Barak et Jeffrey Epstein.

Netanyahu a déclaré que le procès en diffamation intenté contre lui était « complètement kafkaïen », et que les activistes qui lui ont intenté le procès faisaient de l’incitation à la haine contre lui. Il n’a fourni aucune preuve de cette affirmation. Le tribunal a fixé une nouvelle audience de l’affaire dans 45 jours.

Yair Netanyahu n’est pas étranger aux procès en diffamation et aux menaces juridiques. Il a l’habitude de publier des messages incendiaires sur les réseaux sociaux et de tweeter vite et souvent contre ceux qu’il estime avoir fait du tort à lui et à sa famille.

En 2020, il a été condamné à payer 286 000 shekels de dommages et intérêts à Avi Alkalay, ancien rédacteur en chef du site d’information Walla, dans le cadre d’un procès en diffamation. Alkalay avait poursuivi Netanyahu pour avoir partagé un certain nombre de messages sur les réseaux sociaux qui qualifiaient le journaliste de « taupe plantée de la Fondation Wexner », un groupe que la famille Netanyahu accuse de financer des groupes et des campagnes de gauche, et qui prétendait qu’il était de mèche avec les poursuites de l’État contre le premier ministre.

En 2019, Netanyahu a gagné un procès en diffamation contre le militant du Parti travailliste Abie Binyamin, qui l’avait accusé d’utiliser un faux passeport émis par le Mossad pour cacher des millions à l’étranger. Netanyahu a poursuivi Binyamin pour 140 000 shekels de dommages et intérêts suite à un post Facebook de 2017 qui affirmait que le premier ministre avait demandé aux services secrets de délivrer à son fils un passeport sous un autre nom, qu’il avait ensuite utilisé pour cacher de l’argent à l’étranger.

Le tribunal de première instance de Tel Aviv a donné raison à Netanyahu, mais a réduit le montant de la condamnation à 20 000 shekels de dommages et intérêts et à 7 000 shekels de frais.

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