Le troll de la rue Balfour
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Le troll de la rue Balfour

Yair Netanyahu entretient volontiers les scandales mais il serait faux de penser qu'il exerce une considérable influence auprès de l'actuel Premier ministre

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son épouse Sara et leur fils  Yair durant une rencontre avec le Premier ministre néerlandais ng Mark Rutte, hors-cadre, à la résidence officielle de Netanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son épouse Sara et leur fils Yair durant une rencontre avec le Premier ministre néerlandais ng Mark Rutte, hors-cadre, à la résidence officielle de Netanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

Lorsque le président américain Donald Trump et la first lady Melania Trump sont arrivés à la résidence du Premier ministre à Jérusalem durant leur visite en Israël au mois de mai dernier, le couple a rencontré à l’entrée un Benjamin et une Sara Netanyahu de toute évidence décontenancés.

Après avoir accueilli avec sarcasme leurs invités dans « notre palais » et avoir présenté leurs excuses pour le « modeste » décor de leur habitation, les époux Netanyahu ont abandonné leur apparente irritation pour présenter avec fierté Yair, leur fils aîné. (Avner Netanyahu, le plus jeune des deux enfants, se trouvait à l’armée ce jour-là, avait expliqué le Premier ministre).

Baignant dans les règles de l’étiquette diplomatique depuis son jeune âge, Yair, qui est aujourd’hui âgé de 26 ans, a couvert d’éloge les invités présidentiels.

« Merci d’être venus, c’est un honneur de vous rencontrer. Je suis un grand, un très grand admirateur de vous deux », a-t-il dit à Trump et à la première dame. « Ma mère m’a tellement parlé de vous. Elle parle de vous en permanence », a-t-il ajouté en direction d’une Melania visiblement flattée.

Puis avant que les deux couples ne s’embarquent dans une visite de la résidence, entourés par leurs personnels et par la presse, le jeune Netanyahu a offert une brève parole d’encouragement à la famille présidentielle américaine récemment élue ainsi qu’à leur fils Barron, âgé de 11 ans, qui ne s’était pas joint au voyage aux côtés de ses parents.

« Vous savez, je peux comprendre ce que traverse Barron parce que j’avais son âge lors du premier mandat de mon père », avait déclaré Yair dans un anglais écorché en évoquant la première période où son père avait été Premier ministre, de 1996 à 1999, alors qu’il avait cinq ans.

« Et regardez comment il s’en sort », avait interrompu Trump, faisant un geste vers Yair, aujourd’hui adulte, pour le plus grand plaisir du Premier ministre et de sa femme.

« C’est très, très dur », avait ajouté Yair avec amertume. « Vous savez, ils [les médias] me caricaturaient déjà alors que je n’avais que trois ans ».

La présence de Yair Netanyahu à cette réception de bienvenue – dans la mesure où elle avait lieu à son domicile – n’était ni inattendue, ni même déplacée.

En revanche, la place de premier plan qui lui a été accordée devant les caméras lors de sa présentation au président américain a pu refléter son influence croissante au sein de la résidence de la rue Balfour et traduire l’expansion de son profil public au cours des mois et des années passées. Et sa remarque désobligeante concernant le traitement de sa famille et de lui-même par les médias – des propos qui ont été enregistrés – a révélé une tendance, qui ressemble beaucoup à celle de son père, à cultiver les scandales publics (et à y riposter avec férocité).

« C’était du Yair classique », indique un militant du parti du Likud qui a travaillé avec le fils du Premier ministre. « Il savait exactement quoi dire pour faire en sorte que les gens parlent du sujet qu’il voulait – à savoir lui-même ».

La vie au grand jour

Il y a eu ces dernières semaines de nombreux titres dans la presse consacrés à la vie personnelle de Yair Netanyahu, à ses liens avec des enquêtes de corruption ouvertes contre le Premier ministre et à une série de publications controversées sur les réseaux sociaux qui l’ont amené en eaux troubles.

Le scandale le plus récent (et le plus virulent) est né de la publication, il y a quelques jours, d’une caricature qui reprenait des thématiques propres à la haine anti-juive et qui a circulé sur des sites antisémites.

L’image, publiée sur la page privée de Yair Netanyahu sur Facebook, montrait des références au milliardaire et philanthrope George Soros, aux Illuminati et à une sorte de figure reptilienne. Le post était destiné aux critiques de ses parents, notamment à l’ancien Premier ministre Ehud Barak, à l’avocat et militant du parti travailliste Eldad Yaniv et à Menny Naftali, ancien concierge de la résidence du Premier ministre qui se trouve au coeur des allégations de malversations pouvant entraîner dans un avenir proche l’inculpation de Sara Netanyahu.

Dessin publié par Yair Netanyahu sur son compte Facebook, le 8 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Dessin publié par Yair Netanyahu sur son compte Facebook, le 8 septembre 2017. (Crédit : capture d’écran Facebook)

La réponse à la caricature n’a pas tardé. Les leaders juifs américains ont critiqué l’image et sa diffusion sur le mur du fils du Premier ministre. L’ADL (Anti-Defamation League) a estimé qu’elle contenait des « éléments éhontément antisémites ». Les responsables politiques ont également éreinté Yair Netanyahu, appelant le Premier ministre à demander à son fils la suppression immédiate de la publication.

Tout aussi regrettable, Yair Netanyahu a soudainement été salué par les suprémacistes blancs et les néo-nazis, les mêmes que son père a juré de combattre.

Suite aux critiques généralisées, Yair Netanyahu a finalement supprimé le mème de sa page Facebook. Mais, toujours sur son compte Facebook – sous le nom de Yair Hun —  d’où étaient publiées de nombreuses attaques contre les ennemis prétendus de sa famille, le fils du Premier ministre a semblé ne rien regretter, postant un certain nombre de messages critiquant « l’hypocrisie de la gauche » à propos des commentaires qui ont suivi la caricature.

Aucune publication d’excuse n’a été diffusée et ses parents ont refusé d’évoquer l’incident malgré de nombreuses requêtes des médias.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair visitent le mur Occidental de Jérusalem à la veille de Rosh Hashanah en 1998. (Crédit : GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair visitent le mur Occidental de Jérusalem à la veille de Rosh Hashana en 1998. (Crédit : GPO)

Le même militant du parti du Likud, qui a demandé à conserver l’anonymat, indique avoir été surpris de voir Yair Netanyahu reculer en supprimant la caricature. « Il aime la controverse. Et le truc, c’est qu’il a appris à en jouer au cours des années. Je suppose que dans ce cas précis, ça a fait trop d’histoires, » a-t-il présumé.

Né en 1991 alors que son père était vice-ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de Yitzhak Shamir, Premier ministre de l’époque, Yair Netanyahu, comme il l’a confié au couple Trump, n’a rien connu d’autre que l’exposition publique – parfois difficile – induite par la célébrité politique de son père.

Lorsque Benjamin Netanyahu s’était présenté au poste de Premier ministre en 1996, Yair, aux côtés de son petit frère Avner, âgé de trois ans à l’époque, avaient rejoint la campagne électorale alors que son père arpentait le pays pour aller au devant des électeurs et gagner son premier poste de chef de gouvernement.

Après la victoire étroite remportée face à Shimon Peres, le couple Netanyahu avait décidé que les enfants vivraient auprès des parents de Sara, Hava et (le célèbre poète et éducateur israélien) Shmuel Ben Arzi, plutôt qu’à la résidence officielle du Premier ministre.

Mais Yair et Avner n’étaient jamais restés très loin des yeux du public, apparaissant lors de nombreuses opérations médiatiques à coup de photographies visant à dépeindre une famille aimante et chaleureuse. Ils ont été inclus, dans une certaine mesure, dans le travail de leur père.

En 1998, lorsque le roi Hussein de Jordanie est tombé malade, touché par un lymphome non-hodgkinien, le jeune Yair, qui était alors âgé de 7 ans, avait envoyé au souverain hachémite une carte de prompt rétablissement illustrée par ses soins.

Un dessin de Yair Netanyahu souhaitant au roi Hussein de Jordanie une "guérison rapide", le 17 août 1998 (Crédit :Avi Ohayon/GPO)
Un dessin de Yair Netanyahu souhaitant au roi Hussein de Jordanie une « guérison rapide », le 17 août 1998 (Crédit :Avi Ohayon/GPO)

Au fil des années, Netanyahu père, d’abord Premier ministre, a assumé le rôle d’outsider politique avant de rejoindre le ministère des Finances puis de prendre la tête de l’opposition, finissant par redevenir Premier ministre en 2009. Pour sa part, Avner Netanyahu — et dans une mesure plus grande encore, Noa, la fille de Netanyahu, née d’un premier mariage avec Miriam Weitzman en 1978 — a choisi de vivre à l’écart des caméras, apparaissant rarement lors des événements publics.

Mais Yair, quant à lui, a semblé s’épanouir sous le feu des projecteurs. Et lorsqu’il a commencé à créer son propre personnage public, les scandales ont émergé.

En 2012, il a été condamné à 21 jours de détention militaire après avoir quitté sa base sans permission et avoir menti à son commandant sur le lieu où il se rendait. Au département international du bureau du porte-parole de l’armée israélienne, Yair Netanyahu était supposé être en service durant un week-end lorsqu’il a pris la décision de quitter la base pendant quelques heures pour rentrer au domicile familial pour le dîner du vendredi soir.

Deux semaines plus tard, après avoir présenté à son officier de commandement une lettre dans laquelle il exprimait ses regrets et demandait pardon, l’armée a décidé de réduire sa sentence et de lui permettre de rentrer chez lui pour le Seder de Pessah.

La page Facebook de Leikanger avec une photo de profil montrant Yair Netanyahu. (Crédit : Facebook)
La page Facebook de Leikanger avec une photo de profil montrant Yair Netanyahu. (Crédit : Facebook)

Après l’armée, alors qu’il étudiait les relations internationales au centre interdisciplinaire de Herzliya — et plus tard à l’université Hébraïque de Jérusalem – le quotidien norvégien Dagen avait annoncé que Yair Netanyahu entretenait une relation avec une étudiante âgée de 25 ans, Sandra Leikanger.

Il est vrai que les histoires amoureuses du fils du Premier ministre n’auraient pas fait habituellement les gros titres. Mais lorsqu’il s’était avéré plus tard que Leikanger n’était pas juive et qu’elle venait d’une famille chrétienne évangélique, la romance avait causé une petite tempête publique, plusieurs groupes et personnalités religieuses critiquant cette relation comme étant un exemple de mariage mixte et d’assimilation. Le jeune couple aurait rompu plus tard. (La seconde épouse de Benjamin Netanyahu, Fleur Cates, était elle-même une non-juive d’origine britannique).

Posts sur Facebook et poursuites en diffamation

Quand il était étudiant, Yair Netanyahu gardait ses interactions secrètes sur les réseaux sociaux, et avait rejoint Instagram sous le nom de Yair Hun en conservant le compte sous le paramètre « privé ». Lorsqu’il a rejoint Facebook en 2014, il a toutefois ôté tous ses paramètres de confidentialité, permettant à tout un chacun de lire ses posts et ne faisant aucun effort pour dissimuler son identité de fils du Premier ministre – même s’il postait rarement des publications jusqu’à il y a quelques mois. Et, d’un pseudonyme lui permettant de conserver un anonymat relatif, Yair Hun est devenu son nom de guerre.

Des centaines de suprématistes, de néonazis et de membres de l'extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
Des centaines de suprémacistes, de néonazis et de membres de l’extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Il y a quelques mois, sous le nom de Hun, il a fait des vagues à l’international dans une publication affirmant que les groupes de gauche américains étaient plus dangereux que les néo-nazis après des violences meurtrières à Charlottesville, en Virginie, au cours d’une manifestation d’extrême-droite, et après la déclaration controversée faite par le président Donald Trump qui avait estimé que « les deux parties étaient à blâmer » pour les violences.

Au mois de juillet, il s’en est pris dans un post publié sur Facebook à un groupe appelé Sixty One, l’accusant d’être au service d’un agenda anti-israélien après que l’organisation l’a critiqué pour son mode de vie.

Sous le titre « Cinq faits concernant Yair Netanyahu, notre fils national » et accompagné d’une photo de lui trafiquée dans laquelle il apparaissait en costume de clown, l’association fustigeait le fils du Premier ministre, l’accusant de vivre chez ses parents aux frais du contribuable, de prendre des vacances luxueuses, de chercher à influencer son père et d’encourager au boycott d’entreprises appartenant à des Arabes.

Le groupe citait également plusieurs publications de Hun où ce dernier qualifiait de « bâtards » les entrepreneurs arabes et critiquait les « autorités de gauche » qui, selon lui, détournaient les yeux des crimes commis par les Arabes contre les Juifs.

Hun avait en retour accusé SixtyOne, qui est dirigé par l’ONG Molad, d’être une organisation « radicale et anti-sioniste financée par la Fondation pour la Destruction d’Israël [un jeu de mot faisant référence au New Israël Fund] et l’Union européenne ».

« Comme vous êtes gentils de parler toujours d’incitation, de diabolisation, de diffamation, et de franchir toutes les lignes jaunes », avait-il écrit accompagné d’un émoticône d’un personnage faisant ses besoins ainsi qu’un doigt d’honneur.

En réponse, l’organisation Molad avait porté plainte pour diffamation contre Netanyahu. Le dossier devrait passer au tribunal à la fin de l’année.

Quelques jours avant cette empoignade en ligne, Yair Netanyahu était apparu dans les médias en raison d’un autre incident : une femme, qui avait également écrit un post sur Facebook, avait raconté que Netanyahu junior lui avait fait un doigt d’honneur alors qu’elle lui demandait de ramasser les excréments de son chien dans un parc de Jérusalem. Hun avait attaqué avec vigueur ses accusations.

Et au mois de septembre, Yair Netanyahu a lui-même porté plainte pour diffamation, réclamant la somme de 140 000 shekels après la publication d’un post sur Facebook qui affirmait que le Premier ministre avait demandé au Mossad de délivrer à son fils un passeport sous un autre nom qu’il avait ensuite utilisé pour cacher de l’argent à l’étranger. Le post sous-entendait que la famille Netanyahu pouvait être impliquée dans du blanchiment d’argent ou de l’évasion fiscale.

Une influence croissante et des suspicions

Le post de Sixty One, en plus de reproduire les messages agressifs de Yair postés sur les réseaux sociaux, l’accusent également de vivre une existence luxueuse aux dépens des contribuables israéliens – le groupe écrivait que les vacances au ski de Yair, à l’étranger, étaient les voyages les plus chers jamais payés par le ministère de la Défense, exigeant une sécurité de tous les instants – le groupe affirmait également que le jeune Netanyahu exerçait une influence croissante sur son père, surtout par rapport aux médias.

Selon SixtyOne, Yair Netanyahu a été responsable de la manière dont son père avait traité à la légère le cas d’Elor Azaria l’année dernière, un soldat israélien condamné pour avoir tiré sur un assaillant palestinien désarmé l’année dernière à Hébron.

Plusieurs reportages ont établi que la voix de Yair Netanyahu, à la résidence Balfour, portait fort, poussant souvent son père vers la droite de l’échiquier politique sur des questions essentielles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sa femme Sara et leur fils Yair, fêtent son 64e anniversaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 octobre 2013. (Crédit : Kobi Gideon GPO/FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sa femme Sara et leur fils Yair, fêtent son 64e anniversaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 octobre 2013. (Crédit : Kobi Gideon GPO/FLASH90)

Au mois d’avril dernier, il aurait joué un rôle central dans la nomination controversée d’un porte-parole médiatique qui avait qualifié d’antisémite le président Barack Obama.

Un mois plus tard, Yair Netanyahu aurait joué un rôle dans l’avancée d’un projet de loi controversé interdisant aux mosquées l’utilisation de systèmes de hauts-parleurs pour l’appel à la prière musulmane. Selon des informations de l’époque, le Premier ministre avait expliqué à plusieurs de ses aides qu’en tant qu’habitant de Césarée, où les Netanyahu sont propriétaires d’une maison, son fils aîné ne supportait pas le bruit d’une mosquée voisine dans la ville arabe de Jisr al-Zarqa, située à proximité.

Mais deux anciens employés du bureau du Premier ministre, qui se sont exprimés auprès du Times of Israël sous couvert d’anonymat, ont estimé que l’idée d’une influence puissante de Yair Netanyahu sur son père était largement exagérée.

« Bien sûr, il [Benjamin Netanyahu] discute de certaines politiques et stratégies avec Yair et sa famille et Yair, étant son fils, lui fait part de son opinion », a indiqué l’un des anciens employés. « Mais il n’est pas la personne de l’ombre qui actionnerait les fils d’un pantin qui serait Bibi. Beaucoup de gens donnent leur avis à [Benjamin Netanyahu]. Yair est l’un d’eux. Mais ce ne sont que des avis ».

L’autre ancien employé du Premier ministre a déclaré que les médias avaient donné de l’importance au rôle joué par Yair pour créer « un narratif de mystère et d’intrigues de fin de nuit ».

Mais il a ajouté qu’il pensait que Yair Netanyahu « apprécie probablement ce portrait fait de lui, même si c’est n’importe quoi ».

Sara Netanyahu arrive pour témoigner dans le cadre de l'affaire Meni Naftali, au tribunal du travail de Jérusalem, le 10 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu arrive pour témoigner dans le cadre de l’affaire Meni Naftali, au tribunal du travail de Jérusalem, le 10 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le post de caricature « antisémite » controversé de Yair Netanyahu répondait à l’annonce par le procureur général Avichai Mandelblit, à savoir que Sara Netanyahu serait probablement inculpée pour fraude à l’occasion d’une audience – elle aurait détourné environ 360 000 shekels de fonds publics pour son usage personnel, avec l’intention spécifique d’éviter de payer des dépenses telles que des repas privés commandés pour la résidence du Premier ministre.

Au mois de janvier, Yair Netanyahu avait témoigné devant la police dans le cadre d’une enquête ouverte en raison de soupçons à l’encontre de son père dans « l’Affaire 1000 ».

Son interrogatoire, qui avait duré plusieurs heures, s’était concentré sur des allégations attestant que la famille Netanyahu aurait reçu des centaines de milliers de dollars de cigares, champagnes et autres cadeaux illicites, notamment des chambres d’hôtel pour Yair, de la part de bienfaiteurs milliardaires, parmi eux le producteur hollywoodien Arnon Milchan et le magnat du jeu australien James Packer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l'actrice Kate Hudson lors d'un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l’actrice Kate Hudson lors d’un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre aurait aidé Packer à obtenir un statut de résident permanent en Israël, même s’il n’est pas juif, de manière à ce qu’il puisse bénéficier d’une exemption fiscale sur ses avoirs étrangers créés pour les nouveaux immigrants.

Yair Netanyahu aurait déclaré aux enquêteurs que Packer était son ami et que les cadeaux reçus de sa part avaient été basés sur la nature de cette relation d’amitié.

A la fin de l’année dernière, la Dixième chaîne avait fait savoir que Packer avait offert de nombreux cadeaux à Yair, notamment de longs séjours dans des hôtels de luxe de Tel Aviv, de New York et d’Aspen, dans le Colorado, des voyages en jet privé, et des douzaines de billets pour des concerts de l’ex-fiancée de Packer, Mariah Carey.

Le jeune Netanyahu a également des liens avec le dossier d’investigation de « l’affaire 2000 », qui s’intéresse à une promesse qui aurait été faite par le Premier ministre d’adopter une législation pour réduire la circulation du quotidien israélien Israel Hayom en échange d’une couverture plus favorable de ses actions dans le journal rival du Yedioth Ahronoth.

Les négociations entre Netanyahu et le directeur de la publication du Yedioth, Arnon « Noni » Mozes, auraient commencé alors que le Premier ministre voulait empêcher la publication d’une histoire dans laquelle Yair était impliqué.

La suppression de son post par Yair Netanyahu ne suffira pas probablement à l’écarter des gros titres pendant longtemps au moment même où les enquêtes continuent et que son activité sur les réseaux sociaux bat son plein.

Selon un ancien employé du bureau du Premier ministre, cette situation ne gêne probablement pas Yair Netanyahu.

« De ce que je sais de Yair » a ajouté l’ancien employé avec prudence, « il ne va pas refuser de se trouver au centre des choses, parce qu’il aime que ce soit le cas ».

Sans parler de sa dernière sortie au club de strip-tease.

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