Yaron Atias accorde le ‘guett’ à son épouse après une semaine de détention
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Yaron Atias accorde le ‘guett’ à son épouse après une semaine de détention

Cet homme âgé de 39 ans refusait de transmettre le document du divorce à son épouse depuis plus de deux ans, causant l'indignation à la Knesset

Yaron Atias et son épouse Mazal Dadon Atias en photo avec leurs enfants au mois de septembre 2015 (Crédit :  Facebook)
Yaron Atias et son épouse Mazal Dadon Atias en photo avec leurs enfants au mois de septembre 2015 (Crédit : Facebook)

Un homme qui refusait d’accorder le divorce à son épouse depuis deux ans a finalement accepté, dimanche, de lui donner le guett après avoir passé plusieurs jours en détention.

Yaron Atias, 39 ans, originaire de la ville côtière d’Ashdod, a donné à sa femme le guett – terme hébreu désignant le document de divorce qui, selon la loi religieuse juive, doit être transmis par un mari à son épouse lors de la dissolution d’un mariage – devant un tribunal rabbinique de la ville de Haïfa, dans le nord du pays, ont fait savoir les médias en hébreu.

Yehudah Glick, député du Likud, a servi d’intermédiaire dans le couple et il a tweeté « Mazel Tov » au mari, à la femme et à leurs enfants après la remise du document.

Glick avait suscité l’indignation en invitant Atias à la Knesset, le mois dernier.

Mercredi, Atias a été emprisonné pour outrage à magistrat après qu’il a été attrapé en train de conduire alors que son permis avait été révoqué en mesure de rétorsion, jusqu’à ce qu’il accepte de donner le guett à son épouse.

Yehudah Glick, député Likud, à la Knesset, 29 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un porte-parole du tribunal rabbinique a fait savoir au site d’information Srugim que le couple avait eu des discussions intenses vendredi devant le tribunal mais qu’Atias avait refusé d’accorder le divorce à sa femme. « Ce matin, Atias a été accompagné par le service des prisons israéliennes du commissariat de Kishon jusqu’au tribunal rabbinique de Haïfa », a expliqué le porte-parole. « Après discussion, un accord de divorce a été signé et un ‘get’ arrangé entre les deux parties ».

Dans une initiative rare, il y a trois semaines, la cour avait permis que sa photoet des informations variées à son sujet soient rendues publiques et avait appelé les Israéliens à le maintenir à l’écart de la société pour le pousser à accorder le divorce demandé par sa femme, Mazal, qui vit actuellement avec ses enfants dans le nord d’Israël.

De manière spécifique, le tribunal avait statué que les Israéliens ne devaient pas s’entretenir ou faire du commerce avec lui, ne pas lui rendre visite en cas de maladie, ne pas lui accorder de rôle public au sein de la synagogue, ne pas prier pour lui s’il devait mourir, ne pas lui témoigner de respect et rester à distance de lui dans la mesure du possible.

Atias avait été invité à la Knesset le mois dernier par Glick, suscitant l’indignation et menant 10 députées à boycotter un discours prononcé par le législateur. Entendant que Glick avait invité Atias à son bureau, la députée du parti Koulanou Rachel Azaria avait interpellé le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lui demandant de faire en sorte qu’Atias quitte immédiatement les lieux.

Sa présence à la Knesset constituait une « dépréciation de la décision de la cour et des démarches recommandées dans le cadre de la bataille contre le phénomène du refus du ‘get’,  » avait-elle commenté.

La députée, Rachel Azaria (Koulanou), lors d’une réunion de la Knesset, le 6 novembre 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Au mois de février, Glick – connu comme étant un provocateur pour sa campagne visant à permettre aux Juifs de se recueillir sur le mont du Temple à Jérusalem, mais comme étant relativement libéral sur un grand nombre d’autres sujets – avait déclaré à une commission de la Knesset débattant du refus du ‘get’ que « les rabbins ne dirigent jamais des révolutions. Dans le meilleur scénario, ils traînent derrière… Le public doit prendre la tête d’un processus par lequel les gens ne se marieront plus sans accord prénuptial, plutôt que d’attendre la décision des rabbins ».

Les tribunaux rabbiniques qui, en Israël, fonctionnent comme des tribunaux aux affaires familiales, ne peuvent contraindre un homme à donner un ‘get’ à son épouse mais ils peuvent imposer de dures sanctions, et notamment des peines de prison, sur toutes les parties qui, selon les juges, retiennent injustement le guet et transforment donc leurs épouses en ce qu’on appelle des « agunot » dans le judaïsme – des femmes « enchaînées » qui ne peuvent se remarier. La loi juive exige qu’un divorce soit accordé volontairement par le mari et accepté par l’épouse.

Mavoi Satum, une organisation à but non-lucratif qui offre un soutien juridique et psychologique aux femmes auxquelles un divorce juif a été refusé, estime que des milliers de femmes en Israël sont actuellement des agunot.

Zvia Gordetsky fait la grève de la faim devant la Knesset après s’être vue refuser le divorce depuis 17 ans, en mai 2017. (Crédit : autorisation)

L’année dernière, une femme israélienne à laquelle le divorce religieux est refusé depuis 17 ans a fait une grève de la faim par désespoir.

Au début du mois, la Knesset a débattu d’un projet de loi pour élargir la supervision par les tribunaux rabbiniques israéliens des cas de divorce juifs.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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