Yehudah Glick arrêté en compagnie d’un Palestinien sans-papiers dans sa voiture
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Yehudah Glick arrêté en compagnie d’un Palestinien sans-papiers dans sa voiture

L'épouse de l'activiste du mont du Temple dit que c'est Glick qui a demandé aux agents d'inspecter les documents de l'homme, qui s'était présenté comme un randonneur

Le député du Likud Yehudah Glick à Tel Aviv, le 6 septembre 2018. (Gili Yaari/FLASH90)
Le député du Likud Yehudah Glick à Tel Aviv, le 6 septembre 2018. (Gili Yaari/FLASH90)

La police a placé en détention l’ex-député du Likud Yehudah Glick en vue d’un interrogatoire, samedi soir, après que l’homme qu’il transportait dans sa voiture vers Jérusalem – qui, selon lui, était un randonneur palestinien – s’est avéré ne pas être en possession des documents nécessaires pour pénétrer sur le territoire israélien.

Glick, défenseur de longue date des droits des Juifs sur le mont du Temple, est soupçonné d’avoir tenté de faire entrer intentionnellement l’individu depuis la Cisjordanie. L’ancien législateur a déclaré, pour sa part, que c’était lui qui avait demandé aux agents de la police des frontières d’inspecter les papiers du Palestinien.

L’épouse de Glick, Hadas, a indiqué que le couple avait passé le week-end dans l’implantation de Har Gilo.

Quand le couple était reparti de l’implantation, il a croisé un homme qui s’est présenté comme étant originaire du village palestinien voisin de Walaja qui avait demandé s’il était possible de le déposer dans le quartier Malha de Jérusalem, a dit Hadas Glick, qui a ajouté, selon la presse israélienne, que l’homme avait déclaré disposer des documents nécessaires.

Elle a raconté qu’au checkpoint, l’agent leur avait d’abord dit de continuer leur route mais que Glick avait demandé une vérification de la validité des papiers du randonneur.

Quand il s’est avéré que ces derniers n’étaient pas en règle, l’agent s’en est alors pris à Glick, affirmant que ce dernier aurait dû faire sortir l’homme du véhicule avant le checkpoint pour que ce dernier le traverse à pied.

La loi israélienne précise qu’un conducteur transportant un étranger sans papiers peut écoper d’une peine de prison allant jusqu’à deux ans.

Le député Yehuda Glick et son épouse Hadas Disin lors des Primaires du parti du Likud à Tel Aviv, le 5 février 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

L’agent a dit à Glick d’entrer dans une voiture de police. Lorsqu’il a refusé, les policiers lui ont passé les menottes et il a été emmené en vue d’un interrogatoire sur une base de la police des frontières à Atarot.

Après plusieurs heures, il a été libéré contre une caution de 5 000 shekels. Le Palestinien, pour sa part, a été incarcéré à la prison d’Ofer.

« C’est un sentiment vraiment horrible », a commenté Hadas. « Nous avons agi comme l’aurait fait n’importe quel être humain. »

Glick avait récemment tenté de se porter candidat à la présidence israélienne. Toutefois, il n’était pas parvenu à réunir suffisamment de soutiens parmi les 120 membres de la Knesset, et c’est Isaac Herzog qui est finalement devenu le nouveau chef de l’État, la semaine dernière.

Glick, 55 ans, sioniste religieux né aux États-Unis, a été député pour le parti du Likud – qui était alors au pouvoir – de 2016 à 2019. Il avait été élu représentant des implantations de Cisjordanie mais il s’était avéré qu’il était finalement ouvert à de nombreuses opinions et secteurs, ce qui avait fait de lui une personnalité relativement populaire – en particulier en-dehors des rangs du Likud.

L’incident de samedi est loi d’être son premier accrochage avec la loi. Glick est devenu célèbre pour des décennies d’activisme en faveur du droit à la prière des Juifs sur le mont du Temple, qui est le lieu le plus saint du judaïsme. C’est aussi le troisième site le plus saint de l’islam – les musulmans l’appellent Complexe de la mosquée Al-Aqsa, ou Noble sanctuaire, et un grand nombre d’entre eux rejettent l’idée du caractère sacré du mont du Temple pour les Juifs. Les Juifs sont actuellement autorisés à se rendre sur la zone – pendant des heures limitées, sur un itinéraire prédéterminé et avec de lourdes restrictions – mais il leur est interdit d’y prier ou d’y afficher des symboles nationaux ou religieux israéliens.

L’ex-député du Likud Yehudah Glick arrêté sur le mont du Temple de Jérusalem, le 18 février 2020 (Autorisation)

Glick s’est souvent rendu sur le mont du Temple, organisant des manifestations à ses abords, se mettant en grève de la faim ou se querellant avec la police et avec les services chargés du respect de la loi. Il lui a été interdit de se rendre dans le secteur pendant des semaines, voire des mois.

Il dit chercher la coexistence entre Juifs et musulmans sans limiter l’entrée ou la prière des musulmans.

Il est néanmoins considéré comme un extrémiste par de nombreux Palestiniens et les incitations lancées à son encontre avaient manqué lui coûter la vie, en 2014, lorsqu’il s’était retrouvé face à un membre du groupe terroriste du Jihad palestinien qui avait ouvert le feu en sa direction suite à une conférence à Jérusalem. Glick avait été grièvement blessé mais il s’était totalement rétabli.

Il avait été agressé une nouvelle fois, l’année dernière, alors qu’il effectuait une visite de condoléances à la famille d’Iyad Halak, un Palestinien en situation de handicap tué par des agents de la police des frontières qui avaient déclaré avoir cru que le jeune homme était un terroriste, dans l’habitation des parents du défunt, à Jérusalem-Est.

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