Yémen : des raids aériens font au moins 20 morts lors d’un mariage
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Yémen : des raids aériens font au moins 20 morts lors d’un mariage

Le conflit au Yémen a fait près de 10 000 morts, plus de 54 000 blessés et provoqué "la pire crise humanitaire du monde"

Un garçon yéménite, blessé lors d'un raid aérien sur une fête de mariage au Yémen, reçoit un traitement dans un hôpital de la province du Hajj au Yémen le 23 avril 2018. (Crédit : AFP/ESSA AHMED)
Un garçon yéménite, blessé lors d'un raid aérien sur une fête de mariage au Yémen, reçoit un traitement dans un hôpital de la province du Hajj au Yémen le 23 avril 2018. (Crédit : AFP/ESSA AHMED)

Des dizaines de personnes participant à une cérémonie de mariage au Yémen ont été tuées ou blessées dans des frappes présentées par les rebelles comme une nouvelle bavure de la coalition sous commandement saoudien qui les combat depuis 2015.

Des bilans variant de 23 à 33 morts, et de 40 à 55 blessés, ont été fournis lundi par différentes sources médicales et de l’administration locale, alors que les circonstances exactes des raids survenus dimanche soir à Bani Qais dans la province de Hajja, au nord-ouest de Sanaa, n’ont pas été établies.

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que l’hôpital qu’elle soutient à Hajja avait admis 63 blessés, dont des enfants, « certains dans un état critique ». Ces raids sont « parmi les plus dévastateurs dans la région ces derniers mois », a affirmé MSF.

D’après des secouristes et les médias des rebelles Houthis, deux tentes de mariage ont été touchées par les frappes et une trentaine d’enfants figurent parmi les blessés, dont trois ont été amputés.

Sollicité par l’AFP, le porte-parole de la coalition, le colonel saoudien Turki al-Maliki, n’a pas immédiatement commenté les informations.

Pays pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est entré en mars dans la quatrième année d’une guerre entre rebelles et forces progouvernementales soutenues par la coalition militaire menée par Ryad.

L’Iran, grand rival chiite de l’Arabie saoudite sunnite et accusé d’armer les Houthis, a condamné les frappes. « Les attaques contre les quartiers résidentiels et les objectifs civils (…) sont des violations des principes humanitaires », selon les Affaires étrangères.

‘Nouveau crime’

L’agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis, a qualifié les raids de « nouveau crime génocidaire des Saoudiens ».

Ce n’est pas la première fois que des fêtes de mariage au Yémen sont touchées par des bombardements imputés à la coalition : en septembre 2015, 131 personnes ont péri dans la région de Mokha (sud-ouest) et 28 dans la province de Dhamar (centre) le mois suivant.

En octobre 2016, un raid aérien a fait 140 morts lors d’une cérémonie funéraire à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les rebelles.

La fréquence des attaques contre ce genre de cérémonies soulève des questions. Dans certains cas, les mariages donnent lieu à des rassemblements d’hommes en armes qui les célèbrent en tirant en l’air. Dans d’autres, les mariés reçoivent la visite de rebelles venant les féliciter dans des cortèges de véhicules militaires.

Quoi qu’il en soit, les bavures sont souvent le résultat de mauvaises informations, soulignent des experts.

Par le passé, la coalition a reconnu, après enquête, certaines « erreurs » et promis d’affiner ses règles d’engagement militaires.

Le conflit au Yémen a fait près de 10 000 morts, plus de 54 000 blessés et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU, qui peine à relancer un processus de paix.

Missiles interceptés par Ryad

Dans la guerre que se livrent Saoudiens et rebelles yéménites, les médias d’Etat saoudiens ont annoncé l’interception de deux nouveaux missiles balistiques tirés par les Houthis vers la province de Jizan (sud).

La chaîne de télévision Al-Massirah, contrôlée par les rebelles, a affirmé qu’un missile avait visé une installation de l’entreprise pétrolière saoudienne Aramco. Ryad n’a rien dit à ce sujet.

Sur un autre front du conflit, des affrontements ont eu lieu à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, où cinq soldats ont été tués et 19 blessés dans une opération antijihadistes, selon une source médicale.

Cette opération a été lancée après la mort samedi d’un employé libanais du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), tué par des tirs contre un convoi de l’organisation humanitaire. Les autorités locales soupçonnent les jihadistes d’être derrière cette attaque.

Une bonne partie de Taëz, troisième ville du Yémen, est aux mains des forces progouvernementales mais les entrées de la cité sont contrôlées par les Houthis.

Des jihadistes sunnites appartenant à divers groupes radicaux ont profité du chaos pour s’implanter ou renforcer leurs présence dans certains secteurs du pays, notamment dans le sud.

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