Yémen : L’ONU obtient « plus de deux » sur les trois milliards d’aide souhaités
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Yémen : L’ONU obtient « plus de deux » sur les trois milliards d’aide souhaités

"Le Yémen est actuellement la pire crise humanitaire dans le monde", avait déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, lors de son appel aux dons

Une fillette yéménite devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)
Une fillette yéménite devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)

L’ONU a annoncé avoir obtenu « plus de deux milliards de dollars » de promesses d’aides pour le Yémen sur le total de trois souhaité, lors d’une conférence d’appel aux dons organisée mardi à Genève.

C’est un « succès remarquable pour la solidarité internationale à l’égard du Yémen », s’est félicité lors d’un court point de presse Antonio Guterres, secrétaire-général de l’ONU, venu à Genève pour cette conférence.

« Plus de deux milliards de dollars » ont été annoncés, s’est-il réjoui, soulignant que « plusieurs pays ont déjà annoncé qu’il y aurait plus de donations entre maintenant et la fin de l’année ».

« Nous sommes plutôt optimistes sur le fait d’atteindre le niveau correspondant aux besoins liés à la tragédie à laquelle le peuple yéménite est confronté », a-t-il dit.

En ouverture de la conférence d’appel aux dons, Guterres avait insisté sur le fait que le Yémen connaissait « actuellement la pire crise humanitaire dans le monde » et que l’ONU avait besoin, pour ses programmes d’urgence dans ce pays, de 2,96 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) pour cette année.

L’an dernier, l’appel pour le Yémen était de 2,5 milliards de dollars et les dons ont totalisé 73 % de cette somme.

Mais les besoins ont encore augmenté, dans ce pays ravagé par la guerre opposant depuis 2015 une coalition dirigée par l’Arabie saoudite face aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent notamment la capitale.

Selon l’ONU, 8,4 millions de personnes sont au bord de la famine au Yémen, dont la population dépend en grande partie de la nourriture importée.

L’Arabie saoudite et ses alliés ont bloqué l’an dernier les accès au pays par terre, mer et air, à la suite d’une attaque de missile par les Houthis qui a été interceptée peu de temps avant d’atteindre Ryad.

Le blocus a été adouci, mais les restrictions concernant les livraisons persistent.

« Nous avons besoin d’un accès sans restriction au Yémen ainsi que d’un accès sans restriction partout à l’intérieur du Yémen », a insisté Guterres, ajoutant : « et par-dessus tout, nous avons besoin d’un processus politique sérieux pour conduire à une solution politique ».

Antonio Guterres, à gauche, secrétaire général des Nations unies, et le ministre saoudien des Affaires étrangères, avant leur conférence de presse commune à Ryad, le 12 février 2017. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Interrogé sur l’aide promise par l’Arabie Saoudite (930 millions de dollars), pays à la tête de l’intervention menée au Yémen, Guterres a répondu : « nous savons tous qui sont les parties en présence dans cette guerre mais les deux choses (l’aspect militaire et l’aspect humanitaire, ndlr) doivent être vues séparément ».

Concernant l’évolution du conflit, Guterres a relevé « des signes positifs permettant de penser qu’un plan d’action menant à un dialogue intra-yéménite peut être préparé afin d’aboutir à une solution politique, avec bien sûr toutes les parties impliquées dans ce conflit ».

« Je suis optimiste au sujet de cette possibilité », a-t-il affirmé.

Environ 10 000 Yéménites ont été tués et 53 000 blessés depuis le début de l’intervention saoudienne au Yémen.

La conférence d’appel aux dons de l’ONU intervient au lendemain d’une attaque sur le port de Hodeida, tenu par les Houthis, qui a tué plusieurs enfants, qualifiée mardi par l’ONU de « l’une des pires attaques sur des enfants depuis le début de l’escalade du conflit en mars 2015 ».

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