Yossi Dagan lance une campagne pour déjouer le plan « empoisonné » de Trump
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Yossi Dagan lance une campagne pour déjouer le plan « empoisonné » de Trump

Le chef d'implantation a critiqué le soutien à un Etat palestinien et la création d'enclaves israéliennes et appelé Netanyahu à approuver l'annexion sans l'aval des États-Unis

Le chef du conseil régional de Samarie Yossi Dagan s'exprime pendant une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du conseil régional de Samarie Yossi Dagan s'exprime pendant une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un leader d’implantation a lancé, mardi, une campagne contre l’établissement d’un Etat palestinien et contre la création « d’enclaves » d’implantations isolées en Cisjordanie dans le cadre du plan de paix du président américain Donald Trump.

Même si la proposition américaine semble permettre à Israël d’annexer toutes les implantations israéliennes ainsi que la vallée du Jourdain, certains responsables s’opposent au plan qui laisse la possibilité aux Palestiniens d’établir un État sur environ 70 % de la Cisjordanie.

Dans un communiqué, Yossi Dagan, chef du conseil régional de Samarie, a comparé le plan à un « calice empoisonné », mettent en garde contre la création d’un « État terroriste » qui mettrait en péril Israël, jurant qu’il n’abandonnerait pas les résidents des implantations qui se retrouveraient encerclées par un État palestinien.

Le plan américain présente une liste de conditions préalables à l’établissement d’un État palestinien dans le reste de la Cisjordanie, qui cernerait 15 implantations qui ne se retrouveraient liées au territoire israélien que par des voies d’accès. Sur ces 15 implantations, six se situent dans le conseil régional de Samarie.

Yossi Dagan a expliqué que sa « campagne agressive » demanderait au gouvernement de ne pas donner son accord à ces aspects du plan et qu’elle comprendrait également une sensibilisation en direction des chrétiens évangéliques, des soutiens de Trump.

« Le Premier ministre peut et doit faire appliquer la souveraineté d’une manière qui permettra de maintenir les intérêts israéliens », a-t-il déclaré. « [Benjamin] Netanyahu est un grand dirigeant et il peut – et il doit – faire appliquer la souveraineté en Judée-Samarie conformément à l’intérêt de l’État d’Israël, et avec ou sans le consentement américain ».

Le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan (à gauche), rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Blair House, le 27 janvier 2020. (Conseil régional de Samarie)

Il a ajouté qu’avec les élections présidentielles, aux États-Unis, qui auront lieu au mois de novembre, Trump ne se lancerait pas dans un conflit avec Israël.

Celui qui est membre du parti du Likud de Netanyahu a clamé que les soutiens évangéliques de Trump ignoraient que le plan prévoyait la mise en place d’un État palestinien et que c’était la raison pour laquelle ils avaient appuyé le plan de paix – même si, a-t-il ajouté, cet État mettrait en péril leur rêve du « retour du peuple juif partout sur la terre promise ».

Ce communiqué de Yossi Dagan est survenu alors que le conseil de Yesha, organisation-cadre du mouvement pro-implantation, a commencé à faire circuler une carte montrant, selon l’organisation, le plan de division de la Cisjordanie entre secteurs israéliens et palestiniens tel qu’envisagé par l’administration Trump.

Celle-ci présente une grande partie de la Cisjordanie en rouge – les secteurs palestiniens – avec un réseau grossièrement dessiné de routes d’accès et d’enclaves d’implantations aux côtés des terres hébergeant les blocs d’implantations.

Les responsables du conseil ont montré la carte aux députés de droite, avertissant que l’État palestinien qu’elle présentait représenterait un danger pour Israël.

Dans un entretien accordé à la chaîne publique Kan, le leader du conseil de Yesha, David Elhayani, a affirmé que cette répartition allait « étrangler » le mouvement pro-implantation.

« Il est préférable de renoncer à la souveraineté et de laisser les choses telles qu’elles sont », a-t-il ajouté.

Au début du mois, le conseil de Yesha a adopté une série de principes dans ce qui avait été, dans les faits, une dénonciation du plan de Trump – s’opposant notamment à un État palestinien et à toute restriction de construction de nouvelles implantations.

De gauche à droite, le président du conseil régional du Gush Etzion Shlomo Neeman, le président du conseil régional de la vallée du Jourdain David Elhayani, le président du conseil régional de Binyamin Yisrael Gantz et le président du conseil local d’Efrat Oded Revivi lors du dévoilement du plan de paix de Trump, dans un hôtel de Washington, le 28 janvier 2020 (Crédit : Conseil de Yesha)

Le plan américain autorise Israël à continuer à construire à l’intérieur des implantations existantes tout en interdisant tout établissement dans les zones considérées comme susceptibles d’appartenir à un futur État palestinien.

Quelques heures après la publication par le conseil de Yesha de la liste des six principes approuvés, un groupe de huit leaders d’implantation avait rendu publique une déclaration de soutien au plan de paix de Trump.

Le communiqué réalisé par le maire d’Efrat, Oded Revivi, qui est également envoyé aux Affaires étrangères au sein du conseil de Yesha, avait qualifié l’accord de Trump de « test déterminant » pour les autorités pro-implantations – similaire à celui qu’avait subi le Congrès sioniste pré-État lorsqu’il avait été obligé de décider s’il accepterait ou non le plan de partition des Nations unies dans la Palestine mandataire.

« Les leaders du mouvement pro-implantation en Judée et Samarie doivent apprécier la reconnaissance et la légitimité offerts par le pays le plus puissant de la Terre. Nous devons éprouver de la gratitude et nous réjouir de cet accord du siècle », soulignait la déclaration.

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