Yuli Edelstein met en garde contre un confinement dès la semaine prochaine
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Yuli Edelstein met en garde contre un confinement dès la semaine prochaine

Le ministre de la Santé prône de nouvelles restrictions d'ampleur ; 962 infections ont été confirmées en 24 heures, avec 30 749 malades au total

Personnel du centre médical Sheba au service de quarantaine du coronavirus à Ramat Gan, le 30 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)
Personnel du centre médical Sheba au service de quarantaine du coronavirus à Ramat Gan, le 30 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Le ministère de la Santé a fait savoir, lundi soir, que 962 nouveaux cas de coronavirus avaient été enregistrés au cours des 24 heures précédentes.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a pour sa part annoncé que de nouvelles restrictions avaient été adoptées dans la journée, avec pour objectif d’éviter un nouveau confinement national qui pourrait survenir d’ici une à deux semaines.

Le nombre total de cas confirmés de coronavirus s’élève, avec ces nouvelles contaminations, à 30 749.

Le ministère de la Santé a également annoncé qu’il y avait eu deux nouveaux décès consécutifs à la maladie. Ce sont 334 personnes qui ont jusqu’à présent succombé des suites de la COVID-19 au sein de l’Etat juif.

Le nombre de cas graves a baissé, passant de 90 à 88, mais le nombre de malades placés sous respirateur s’élève à 35, soit trois de plus que dans la matinée de lundi.

88 personnes se trouvent dans un état modéré. Les autres ne présentent que des formes légères ou asymptomatiques du coronavirus.

Ces dernières semaines, l’Etat juif, qui était parvenu à maîtriser l’épidémie, a perdu beaucoup de terrain dans sa bataille contre le virus. Le nombre de nouveaux cas quotidiens, qui avait fortement baissé pendant la plus grande partie du mois de mai, s’élève dorénavant à environ 1 000 par jour et le nombre de cas actifs a atteint un chiffre record de 12 300.

La hausse actuelle du nombre d’infections hebdomadaires, au sein de l’Etat juif, est l’une des plus élevée dans le monde, selon une enquête qui a été publiée lundi après-midi par le ministère de la Santé. Un graphique révèle que l’augmentation des nouveaux cas en Israël – en sept jours – est de presque 12 %, et l’Etat juif n’est devancé dans ce classement que par la Suisse, la Serbie, l’Australie et la République tchèque. Dans un grand nombre d’autres pays, les taux d’infection hebdomadaires ont chuté.

Le ministère a noté que 19 420 tests de dépistage avaient été effectués dimanche, et que 4,2 % des résultats étaient positifs. Ce sont 14 401 tests qui avaient été réalisés lundi à 19 heures, avec 4,8 % de résultats positifs.

Des personnels soignants recueillent des échantillons pour effectuer des tests de dépistage au coronavirus dans un centre de santé Clalilt,à Lod, le 25 juillet 2020 (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Le gouvernement a adopté lundi une série de mesures pour contenir cette reprise de l’épidémie, imposant notamment des limitations dans les restaurants et dans les synagogues, réduisant le nombre de passagers dans les transports publics, distribuant des amendes venant sanctionner le non-port du masque et fermant les salles accueillant des événements, les piscines, les clubs de gym, les bars et les boîtes de nuit.

Israël « n’est pas loin d’un confinement total », aurait indiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux membres du cabinet pendant une réunion consacrée à l’impact social de la pandémie. Les mesures qui ont été approuvées au cours de cette rencontre – même si elles ne sont pas aussi rigoureuses que l’avait été la fermeture totale du pays qui avait été mise en oeuvre au début de l’année – marquent un recul significatif dans la réouverture de l’économie.

Parmi ces mesures, l’introduction par le ministère des Finances d’une enveloppe d’indemnisation pour les Israéliens touchés de plein fouet par les nouvelles directives, et ce dans les prochaines quarante-huit heures.

Ces nouvelles restrictions doivent encore être approuvées par la commission chargée du coronavirus à la Knesset.

Edelstein a fait une déclaration télévisée en prime-time, lundi soir, reconnaissant que les nouvelles limitations nuiraient à de nombreux secteurs et insistant sur le fait qu’elles sont nécessaires afin d’inverser les tendances de contamination actuellement à la hausse et de « sauver l’économie israélienne » à long-terme.

Il a vanté la décision prise d’indemniser les entreprises touchées par les nouvelles mesures.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein lors d’une conférence de presse sur le coronavirus au ministère de la Santé de Jérusalem, le 6 juillet 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash9י0)

Edelstein a expliqué que l’économie ne pourrait pas se rétablir tant que le nombre d’infections à la COVID-19 continuerait à grimper. Il a expliqué que les mesures avaient été imposées avec l’espoir qu’un confinement national ne devienne pas nécessaire dans une ou deux semaines.

« Personne ne veut cela », a-t-il dit.

Edelstein a ajouté avoir la « certitude » que les restrictions pourraient être allégées d’ici quelques semaines avec la coopération du public et l’adhésion de tous aux directives de distanciation sociale.

Le ministre a souligné qu’il allait renforcer le suivi des contacts avec les malades et mettre en place un nouveau système de cartographie susceptible de mettre un terme à la chaîne des infections. Il a précisé que des employés allaient être recrutés en renfort pour répondre aux appels téléphoniques concernant les mises en quatorzaine, suite à des plaintes émanant du public qui ont déploré de longs temps d’attente et des instructions confuses – pour lesquels il a présenté ses excuses.

Il a déclaré qu’une personne serait bientôt nommée pour diriger la réponse israélienne à la pandémie.

La décision prise par le cabinet, et approuvée dans l’après-midi, limite dorénavant à 20 le nombre de personnes autorisées dans les salles des restaurants et à 30 le nombre de personnes autorisées sur les terrasses, en plein air, avec une distance d’un mètre entre les tables.

Tous les rassemblements publics ne devront pas excéder 20 personnes. Le port du masque sera obligatoire ainsi que le maintien d’une distance de deux mètres entre deux individus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

Les événements sportifs organisés pourront continuer, mais à huis-clos. Les camps d’été et les écoles d’été fermeront leurs portes à l’exception des crèches et des classes allant du CP au CM1.

Les bus ne pourront accueillir qu’un maximum de 20 passagers. Les fenêtre devront rester ouvertes et la climatisation y sera interdite.

Au moins 30 % des employés du secteur public ont été placés en télétravail.

Le cabinet a accepté une proposition soumise par le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, de conserver les synagogues ouvertes. Elles seront toutefois limitées à 19 personnes, contre 50 jusqu’à présent. La chaîne publique Kan a indiqué que cette décision résultait d’un compromis conclu entre Deri et le reste du cabinet, qui avait pour sa part tenté de faire fermer les lieux de culte.

De son côté, la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset a approuvé une demande du gouvernement qui réclamait une augmentation de l’amende venant sanctionner le non-port du masque dans l’espace public. Elle passe ainsi de 200 shekels à 500 shekels, a rapporté le quotidien Haaretz.

La plénière devait voter cette décision concernant les masques lundi dans la soirée.

Des Juifs prient au site où est enterré le rabbin Shimon bar Yohai au mont Meron, dans le nord d’Israël, le 4 juillet 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

La fermeture des yeshivot a été également écartée en réponse aux pressions. Le député Moshe Gafni avait menacé, dimanche, de retirer son parti Yahadout HaTorah de la coalition au pouvoir, à moins que les yeshivas ne restent ouvertes.

La réunion du cabinet de mardi, avec l’approbation de de ses directives plus strictes, a eu lieu après la mise en oeuvre de nouvelles restrictions qui avaient réduits les rassemblements à 50 personnes dans les synagogues, dans les bars, dans les clubs et dans les salles accueillant des événements dans la matinée de lundi.

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